Numéro 73 - novembre 1998

 

2 000 logements rasés par les bulldozers
 

On nous apprend de Khartoum que la municipalité de cette ville a entrepris d’expulser environ 15.000 personnes déplacées du Sud des logements qu’elles s’étaient bâtis dans la banlieue de Khartoum Nord, à Hag Youssef. 

2.000 logements ont déjà été détruits à partir du lundi 22 novembre en présence d’une importante force de police et la municipalité entreprend d’en raser 1.000 autres. Les 4 écoles de roseaux (rakoubas) administrées par l’archidiocèse de Khartoum où plus de 3.500 enfants scolarisés reçoivent gratuitement un repas quotidien en même temps qu’un enseignement de qualité sont encore debout, on ne sait pour combien de temps encore. La perspective d’être rasées pèse aussi sur les deux écoles épiscopaliennes (anglicanes). 

Les personnes titulaires d’un titre de location de terrain ou de propriété traditionnelle se voient confisquer ces papiers qui sont déchirés sous leurs yeux. 

Le prétexte invoqué par la municipalité est la planification urbaine. On transporte les personnes chassées de leurs domiciles dans des camions vers le Nord, à destination  de Babakès en plein désert où on les parque. C’est une zone éloignée prévue pour la construction du prochain aéroport de Khartoum, zone  de laquelle ces réfugiés seront donc chassés à plus ou moins brève échéance. En attendant, ils doivent sans aucun moyen se reconstruire des huttes et sont contraints par l’éloignement à renoncer aux petits métiers qu’ils pratiquaient dans la capitale pour subsister. 

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