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Numéro 72 - octobre 1998
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Les organisations humanitaires CARE Int., MSF Int., OXFAM-GB et Save
the Children Fund
demandent une action politique au Soudan pour que cessent les souffrances
| New-York, 26 octobre 1998
Les organisations citées ci-dessus ont aujourd’hui poussé les membres du Conseil de Sécurité des Nations-Unies à assumer un rôle actif pour mettre un terme à plus de 30 ans de combats au Soudan. Lors d’une réunion informelle tenue à New-York, quatre des plus importantes organisations humanitaires travaillant au Soudan, ont souligné dans un communiqué commun que la guerre en cours et que la crise humanitaire qui en découle “ont maintenant atteint un degré extraordinaire et un niveau inimaginable dans la tragédie... La paix est le seul espoir de les faire régresser et d’empêcher une catastrophe humanitaire supplémentaire.” De 1983 à 1993, environ 1, 5 millions de personnes ont péri du fait de la guerre ou de ses conséquences. Ceci est une estimation minimum disent les organisations, estimation qui ne prend pas en ligne de compte les morts des 5 dernières années. On estime généralement que 4 millions de Soudanais ont été déplacés, à l’intérieur du pays comme à l’extérieur, après que le conflit les eût poussés à fuir leur territoire d’origine. “ La souffrance des gens au Soudan est effrayante et doit cesser” dit Guy Toutsignant, Secrétaire général de Care Int. “ L’assistance humanitaire seule, dans un vide politique, ne résoudra pas les problèmes du Soudan ni n’empêchera la prochaine famine. Ce dont on a besoin est d’une volonté politique de mettre fin à la guerre.” Le comité conjoint des organisations a affirmé que le dernier épisode de la guerre qui dure au Soudan depuis près d’un demi-siècle, a provoqué des millions de victimes civiles, des déplacements massifs, la dépopulation des régions Sud du pays, l’effondrement de l’économie rurale et de l’administration locale, une augmentation de l’instabilité et une hostilité ethnique sans cesse croissante. “Après des années de guerre, moins de la moitié de la population du Soudan Sud n’a pas été déplacée” affirme le Dr David Bryer, administrateur d’OXFAM/GB. “On estime que 2,6 millions de personnes peuvent mourir de faim au Soudan. La société soudanaise est maintenant tellement affaiblie que si le conflit continue, d’autres désastres humanitaires ne pourront pas être évités. Les quatre organisations ont appelé les Nations-Unies à assumer leur responsabilité dans l’élaboration de la paix au Soudan. Les organisations notent qu’une solution militaire ne peut être atteinte et ont appelé les Nations-Unies à collaborer pour “ créer un groupe de pression énergique en faveur de la paix”. Les organisations mirent l’accent sur la nécessité la plus urgente qui consistait à étendre le cessez-le-feu actuel aux régions au delà du Bahr el Ghazal et jusqu’en novembre 1999. “ En l’absence d’une réelle volonté internationale d’aboutir, il n’existe aucune chance de mener ce pays à la paix,” dit Mark Bowden, administrateur régional pour l’Afrique de l’Est et du Centre auprès de Save the Children/UK. “ Nous avons besoin d’un processus de paix effectif qui nous permette de calmer la situation dans toute la région et à tous les niveaux..” Les quatre agences ont appelé les Nations-Unies à améliorer la capacité de la communauté humanitaire à faire face à la famine, en insistant sur l’accès sans restriction à toutes les populations concernées, un engagement financier plus grand, davantage de respect à l‘égard des principes humanitaires et une responsabilité accrue à maintenir le courant d’aide. “La famine et la guerre occasionnent des morts de personnes innocentes dans des endroits que les organisations humanitaires ne peuvent atteindre du fait de l’insécurité et des restrictions d’accès,” dit Jean-Marie Kindermans, Secrétaire général de MSF Int. “Nous avons besoin de pouvoir accéder à tout le territoire du Soudan sans empêchement d’aucune sorte pour éviter la mort aux gens qui s’y trouvent.” (Traduit de l’anglais par Vigilance Soudan)
La Lettre de l’Océan Indien N° 831 du 31 octobre précise
qu’à la suite de cette intervention réclamant une action
énergique, M. Kieran Prendergast, sous secrétaire général
de l’ONU pour les affaires politiques doit se rendre en Afrique de l’Est
du 9 au 18 novembre pour explorer les initiatives que pourrait prendre
l’ONU afin de mettre fin à la guerre du Sud-Soudan. |