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Numéro 72 - octobre 1998
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Des civils en cour martiale
| L’affaire des personnes arrêtées sous l’inculpation d’avoir
participé le 30 juin à la pose de 9 bombes dans la capitale
soudanaise, ne fait que commencer. Alors que ces personnes étaient
détenues, gardées au secret et vraisemblablement torturées,
nous avions réclamé le mois dernier la tenue rapide d’un
procès équitable, public ainsi que le droit pour les accusés
de communiquer avec des avocats.
Le nombre des prévenus a considérablement fluctué.
Dès le lendemain des attentats* une rafle était opérée
parmi les membres influents des anciens partis qui n’avaient pas encore
quitté le Soudan. Certains firent des aveux à la télévision
soudanaise. Mais petit à petit, au fur et à mesure de contacts
pris avec l’opposition à l’étranger, cette piste sembla être
abandonnée et les personnes arrêtées furent libérées.
L’affaire rebondit vers la fin juillet et le début du mois d’août
avec l’arrestation des 2 prêtres catholiques dont nous avons largement
rendu compte et pour lesquels ainsi que pour leur quelque 20 co-détenus
nous réclamions prompte justice.
Dès l’ouverture des débats, Maître Kamal el Juzuli,
un avocat des accusés souleva la question de la compétence
de la Cour. Le Soudan, dit-il a adhéré à la Déclaration
Internationale des Droits de l’Homme, lors de son inscription en 1956 aux
Nations-Unies.
En réponse, le conseiller de la Cour, Hicham Osman affirma que la législation avait spécifié quelles étaient les personnes qui étaient susceptibles d’être jugées par un tribunal militaire. Ce sont avança-t-il, d’après de la loi sur les forces armées, les officiers, sous-officiers, soldats, étudiants à l’Académie militaire ainsi que des civils qui n’ont aucun lien avec les forces armées. Mtre Hicham ajouta que les chartes internationales n’obligeaient aucunement le Soudan tant qu’elles n’avaient pas été ratifiées par l’Assemblée Nationale. Il donna à la Cour l’assurance que ce procès était de son ressort d’après la constitution. La Cour se retira pour délibérer et au bout d’une heure
se déclara compétente. Les débats commencèrent
devant une audience strictement filtrée. En particulier, aucun journaliste
éttranger ou représentant des droits de l’homme n’était
autorisé à y assister. L’ambassadeur d’Allemagne qui avait
manifesté son désir d’être présent, fut refoulé.
Ces abus manifestes dans l’interprétation des règles et principes des Droits de l’homme, l’ignorance affichée de la presse et le mépris de l’opinion internationale laissent mal augurer de la suite des débats et du sort des accusés qui risquent leur tête. * qui n’ont répétons-le, fait aucune victime et n’ont occasionné que des dégâts mineurs |
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Fomalhaut
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