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Numéro 70 - 71 - Août -
Septembre 1998
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Le Soudan a commencé à juger les prévenus
aux attentats à la bombe
| Khartoum, le 5 octobre Sudan net et Reuters
Un tribunal militaire a commencé à juger aujourd’hui 26 personnes, surtout des Soudanais du Sud et des Chrétiens accusées d’attentats à la bombe et d’activités subsersives. Vingt hommes ont été accusés au tribunal situé à la base aérienne de Khartoum d’avoir planifié et exécuté une campagne d’attentats à la bombe en juin au Soudan, alors que 6 autres étaient jugés par défaut. Tous ceux présents ont plaidé non coupable. Le Parquet accusa ces hommes d’avoir reçu des fonds et des explosifs pour faire sauter les sites stratégiques et déstabiliser le régime constitutionnel. Ils ont été aussi accusés d’avoir engagé la guerre contre l’Etat, d’avoir mis en danger l’indépendance du Soudan, de s’être opposés par la force aux autorités et d’avoir tenu des réunions illégales. Il ajouta que 9 bombes ont explosé en différents endroits, incluant un hôpital à Khartoum Nord, un dépôt de carburant au sud de la capitale et plusieurs cibles stratégiques comme les lignes électriques. Le Président du Soudan Omar Hassan al-Bachir dit que ces attentats au cours desquels on n’eut à déplorer ni mort ni blessé, étaient destinés à troubler les célébrations marquant le neuvième anniversaire du coup d’Etat qui l’avait amené au pouvoir. Le tribunal ne spécifia pas le nombre d’engins explosifs. Le procès reprendra le 12 octobre. Le Soudan a rejeté la responsabilité des attentats sur l’alliance de l’opposition (AND) combattant le gouvernement pour obtenir l’indépendance du le sud principalement animiste et chrétien avec le Nord musulman et arabisé. Le gouvernement a détenu environ 30 personnes après les explosions, comprenant Abdel-Rahman Nugudalla, un ancien ministre des Affaires religieuses et Abdel-Mahmoud Abo, un prédicateur. Les deux hommes, membres influents du parti Umma de l’ancien premier ministre Sadek el Mahdi actuellement dans l’opposition d’opposition n’apparurent pas à l’audience et les journaux affirment qu’ils seront bientôt remis en liberté. Au tribunal figurèrent 18 chrétiens et deux musulmans sur les 20 présents. 19 sont originaires du Sud-Soudan et un du Nord. Deux prêtres catholiques, le P. Hillary Boma, 56 ans et le P. Lino Sebit, 32 ans, comptaient parmi les accusés. Le P. Boma est détenu depuis le 1er août alors que le P. Sebit avait été arrêté le 28 juillet. Ghazi Soliman , un avocat hostile au régime et défenseur des prévenus, dit à Reuters que la défense avait initialement l’intention de boycotter les débats parce qu’elle n’acceptait pas qu’un tribunal militaire puisse juger des civils. Abel Alier, un ancien vice-président du Soudan est l’autre avocat de la défense. |