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Numéro 66 - avril 1998
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Règlement de comptes en vol
| L’accident d’avion de Nasir qui coûta la vie au vice-président
soudanais Zubeir Mohammed Saleh et à une vingtaine de personnes
serait dû à une querelle qui éclata à bord de
l’avion alors que l’Antonov de construction russe allait atterrir
à Nasir en provenance de Malakal. Selon des sources généralement bien informées à Khartoum, une querelle aurait éclaté entre Ton Arok, un chef sudiste rallié à Khartoum et le général Zubeir. Ton Arok reprochait à Zubeir de ne pas tenir ses promesses concernant les conditions financières convenues pour son ralliement et de faire pression sur sa femme ets ses enfants réfugiés à Nairobi pour les faire revenir à Khartoum dans le but d’avoir davantage barre sur eux et sur lui. Devant les propos véhéments de Ton Arok, il semble que Zubeir lui ait donné une gifle. Ton aurait alors dégainé son pistolet et aurait logé une balle dans la tête de Zubeir pour être aussitôt abattu par les gardes du corps de ce dernier. Une fusillade s’ensuivit au moment où l’appareil se disposait à atterrir à Nasir et le pilote, troublé rata sa prise de contact avec le sol. L’avion aboutit en bout de piste dans la rivière Sobat, un affluent de rive droite du Nil Blanc. Les corps furent ramenés à Khartoum et enterrés immédiatement sans être remis aux familles. A la surprise générale, Hassan el Tourabi, le leader islamiste qui présidait aux obsèques, déclara que Ton Arok venait de se convertir à l’Islam et serait donc enterré dans le même cimetière que les autres. Ceci aurait été une façon de disssimuler les traces de balles qui auraient apparu si le corps avait été remis à sa famille. Lors de l’accident, Zubeir aurait été en mission dans le Sud pour s’assurer la loyauté des chefs sudistes ralliés à Khartoum. Cette mise au pas aurait été décidée à la suite de la volte-face dans le Bahr el Ghazal de Kerubino qui faillit au début de cette année faire tomber Wau dans les mains du SPLA . |