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Numéro 65 - mars 1998
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Le gouvernement soudanais intensifie ses bombardements
aériens
| La ville de Yei a été bombardée à nouveau le 5 mars 1998. Le bilan s'élève à 15 tués et 40 blessés graves dont certains sont encore dans une situation critique. Depuis le début de 1998, c'est le 3ème bombardement de haute altitude sur Yei à partir d'avions Antonov de fabrication russe. D'après le rapport d'un membre du NSCC présent à ce moment, l'avion a lâché plusieurs bombes qui toutes sont tombées dans le périmètre de l'hôpital. Les quinze personnes tuées travaillaient toutes à l'hôpital. D'après les premiers rapports, la salle d'opérations a été atteinte et l'équipement en a été totalement détruit. L'attaque de l'hôpital civil par le gouvernement islamiste du Soudan constitue un acte barbare de plus de la part du présent régime contre des civils innocents. Il était évident que le gouvernement cherchait la destruction de l'hôpital de Yei et l'avait planifiée. L'hôpital ne pouvait en aucune façon être confondu avec une cible militaire. Les troupes gouvernementales ont occupé Yei jusqu'en 1997. Elles connaissaient l'emplacement des casernes de l'armée et celui de l'hôpital qui est éloigné des installations militaires. Au cours des derniers quinze jours, deux précédentes tentatives de bombarder l'hôpital avaient échoué. Une attaque délibérée contre une institution civile telle qu'un hôpital est une violation grave des droits de l'homme. Le Soudan est membre des Nations-Unies. Il est signataire de nombreuses conventions des Nations-Unies entre autres la Déclaration universelle des droits de l'homme. L'obligation d'un gouvernement de protéger ses propres sujets est tombée au dessous de ce qu'on peut imaginer. La politique gouvernementale systématique de bombardements aériens apparaît être délibérée et calculée pour causer le maximun de peur et de panique parmi les civils. D'après les rapports, de nombreux civils quitteraient Yei. Même les patients traités à l'hôpital ont préféré interrompre leur traitement et aller dans la brousse par peur des bombardements aériens. Au cours d'un autre incident, vingt personnes furent tuées dans la ville de Thiet dans le Bahr el Ghazal quand l'avion bombarda la région le 1er mars 1998. L'avion du gouvernement a aussi bombardé la ville de Koli dans le Nil Bleu du Sud, le 5 mars, blesssant huit personnes. Selon les informations qui nous sont parvenues, ces blessés ont été évacués et sont soignés au Kenya. Dans l'Equatoria de l'Est, Kiyala et Ikotos furent aussi bombardées le 5 mars et de nombreux civils blessés. Pendant ce temps un désastre humanitaire majeur se déroule au Bahr el Ghazal. Les rapports qui nous parviennent ici de nos coréligionnaires confirment quue ce désastre se produira si la Communauté internationale n'agit pas très rapidement. On rapporte que 100.000 personnes ont quitté Wau à la recherche de nourriture, d'eau, d'abris et de sécurité. Ces gens avaient déjà été déplacés de Rumbek, Tonj et Mapel. Une personnalité ecclésiastique qui se trouvait récemment dans la région confirme que ces personnes déplacées sont en train de mourir en masse de paludisme et de diarrhée aiguë. Nous sommes extrêmement inquiets de la condition des civils au Bahr el Ghazal et nous déplorons le comportement du régime islamiste de Khartoum. Bien que le gouvernement ait levé l'interdiction de vol sur le Bahr el Ghazal, il l'a maintenue justement aux endroits qui ont désepérément besoin de nourriture. Nous appelons le gouvernement à lever inconditionnellement les restrictions pour le reste de la région pour que les agences humanitaires puissent y apporter de la nourriture à la population souffrante. Nous appelons la communauté internationale à prendre des mesures hardies et à exercer le maximum de pression diplomatique sur le gouvernement du Front national islamique pour qu'il autorise la livraison de norriture au Sud Soudan. Traduit de l'anglais par Vigilance Soudan .. |