Numéro 63 - janvier 1998

Le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Soudan dénonce la violence exercée contre des manifestations pacifiques à Khartoum
Office des Nations Unies à Genève - Communiqué de presse - HR/97/83 - 8 décembre 1997
 

Quatre rapporteurs spéciaux de la Commission des droits de l’homme demandent au gouvernement de mener une enquête sur cet incident.

M. Gaspar Biro, Rapporteur spécial de la Commission des droits de l’homme chargé de la situation des droits de l’homme au Soudan, a donné cet après-midi, une conférence de presse au cours de laquelle il a attiré l’attention sur le ‘très grave incident’ qui s’est produit le 1er décembre dernier devant les locaux du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à Khartoum et au cours duquel plusieurs femmes ont été victimes de violences...... 

Le Rapporteur spécial a déclaré que, selon le PNUD à Khartoum, un groupe d’environ cinquante femmes est arrivé à 12h45 devant le portail de ses locaux en vue de présenter, à l’intention du Secrétaire général des Nations Unies, un texte contre la conscription forcée de leurs fils et frères, envoyés combattre dans la guerre civile du Sud du pays. Ces femmes manifestaient pacifiquement, portant des banderoles dénonçant l’envoi de leurs fils et frères au combat.
Le rapport du PNUD, qui fait état de plusieurs témoignages de personnels des Nations Unies présents sur les lieux, indique que ces femmes, parmi lesquelles des femmes âgées, ont fait l’objet d’une attaque brutale à l’aide de bâtons et de tuyaux de caoutchouc et ont été frappées au visage par des agents de police et de la sécurité. Elles ont ensuite été arrêtées et emmenées dans des véhicules de la police. 

Le Rapporteur spécial a par ailleurs indiqué qu’il a depuis reçu des renseignements dignes de foi selon lesquels certaines de ces femmes ont dû être hospitalisées suite à leurs blessures et que l’une d’elles, Mme Sara Hamd Elneil, se trouve dans un état grave. Des informations indiquent en outre qu’environ trente quatre de ces femmes  ont reçu dix coups de bâton avant d’être relâchées. Une autre Mme Lillian Mohd Hussein, a reçu quarante coups de bâton, apparemment pour atteinte à la décence vestimentaire car elle portait des pantalons et un tee-shirt. Ce groupe de manifestantes était composé de professeurs d’université, d’avocates et d’autres femmes exerçant une profession. 

Le Rapporteur spécial estime que cet incident témoigne du ‘‘mépris’ des forces de sécurité soudanaises pour les préoccupations de la communauté internationale en ce qui concerne les droits de l’Homme au Soudan. Il démontre, encore une fois, que la situation des droits de l’Homme au Soudan continue de se détériorer....

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