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Numéro 63 - janvier 1998
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| Depuis la mi-décembre 97, l'opposition soudanaise tant nordiste
que sudiste est totalement absente des médias. On ne voit
plus de communiqués de presse émanant de l'AND qui regroupe
à Asmara les différents ouvements d'opposition. Aucune nouvelle
ne filtre du front de l'Est. Sur le front du Sud, sur lequel on ne signale
autrement aucun mouvement, le gouvernement de Khartoum a revendiqué
le ralliement et l'enrôlement de quelque dix mille combattants sudistes
rebelles sans s'attirer le moindre démenti.
La situation est pour le moins insolite. D'autant qu'elle s'accompagne d'un soudain réchauffement des relations entre l'Egypte et le Soudan, relations qui s'étaient, on s'en souvient, détériorées au moment de l'attentat d'Addis-Abéba contre le Président égyptien. L'Egypte reprochait au Soudan de soutenir, d'abriter et d'entraîner les erroristes islamistes qui se livrent régulièrement à des attentats contre les touristes. Les communications terrestres et fluviales avaient été supprimées et les vols entre le Caire et Khartoum réduits à leur plus simple expression. De plus, l'Egypte avait occupé militairement la région de Halaib sur la Mer Rouge entre les deux pays, zone désertique, en principe égyptienne mais administrée par les Soudanais depuis le début du siècle. Deux faits ont probablement joué dans ce réchauffement. Le Soudan aurait, selon certains journaux égyptiens, remis à son grand voisin du Nord, des terroristes réfugiés sur son sol. D'autre part, la visite fin novembre 97 de John Garang au Président Moubarak, n'a pas dû convaincre ses interlocuteurs de son attachement à l'unité du Soudan, unité à laquelle l'Egypte est prête à sacrifier beaucoup de choses car elle est garante d'un certain statu quo dans l'accord de répartition des eaux du Nil. Au sein de l'opposition soudanaise, on a des indices de certaines dissensions. En effet, Sadek el Mahdi, le leader charismatique des Ansars et le président du parti Oumma, qui avait récemment réussi à s'enfuir du Soudan pour rejoindre l'opposition à Asmara, n'a pas trouvé le moyen d'en prendre le leadership comme il l'espérait sans doute. Qualifié de tard venu, il était contesté non seulement par son éternel rival Mirghani, leader de la Khatmiyya et du parti démocratique unioniste, mais aussi par John Garang et surtout par une nouvelle frange d'opposants nordistes échappant à toute obédience. Voulant sans doute secouer le cocotier ou lancer un pavé dans la mare, Sadek el Mahdi fit publiquement des approches à son beau-frère Tourabi pour engager des discussions pouvant éventuellement aboutir à un accord. Le silence de l'opposition devant ces échecs est réellement insolite, tellement insolite qu'il en est suspect et cet apparent désarroi est peut-être le prélude à une offensive politique ou militaire d'envergure. Du côté des Droits de l'Homme, en l'occurence ceux de la Femme, on note au début de ce mois de janvier, une marche de 37 avocates soudanaises manifestant pour demander le retour dans leurs foyers des lycéens enrôlés dans l'armée et envoyés au Sud-Soudan. Alors que leur manifestation pacifique se dirigeait vers le Conseil des Ministres, elles furent arrêtées par les forces de Sécurité et traduites en justice au milieu de la nuit. Les manifestantes furent toutes condamnées à 10.000 livres soudanaises d'amende (environ 40 FF) et à être fouettées. Parmi elles, on note la présence de So'ad Ibrahim Ahmed, professeur retraitée de l'université de Khartoum, issue d'une des plus grandes familles soudanaises. Selon le journal londonien de langue arabe "al Wasat" qui rapporte le fait, des voix se seraient élevées à Khartoum pour se plaindre de la brutalité de la répression. D'autres au contraire la justifiaient, arguant que la flagellation des femmes dans ce cas n'était pas contraire à la chari'a (la loi islamique). Il faut avouer que l'argument est pour le moins spécieux. |
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Fomalhaut
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