Renouvellement de l’utilisation de la censure avant impression
De nouveaux cas de censure en prépublication ont été condamnés par le centre africain pour la justice et la paix. La liberté d’expression est garantie par l’article 39 de la constitution nationale de 2005 et de l’article 19 de la charte africaine sur des droits de l’homme. L’ACJPS demande au gouvernement soudanais de réformer la loi sur la presse et la publication pour y inclure des provisions afin de cesser la censure en prépublication. Enfin, la loi devrait être clarifiée quant aux circonstances exceptionnelles pouvant justifier la censure telles que la sécurité nationale, l’ordre et la santé publique.
Ainsi, le 11 avril 2010, un journaliste connu, Al Haj Warrag, ainsi que Faiz Silaik, député éditeur en chef de Airas Al Hurria furent interrogés par les autorités à propos d’un article écrit par Warrag. L’article discutait le retrait de la candidature de Yassir Arman, le candidat du mouvement de libération. Les services nationaux d’intelligence et de la sécurité (NISS) ont porté plainte contre les deux journalistes, en s’appuyant sur l’article 66 du code pénal ainsi que les articles 24 et 26 de l’acte de presse et de publication en accusant une fausse information. Le centre africain pour la justice et la paix demande au gouvernement de soit déclarer clairement les charges contre les deux hommes sur la scène internationale, soit de les retirer.
Journaux du Congrès Populaire
Hassan el Tourabi, chef du parti du Congrès populaire, fut arrêté une fois de plus et accusé de semer la haine et disséminer des mensonges malicieux. Farouq el Aissa fut arrêté le 20 05 et relâché peu après.
Reporters sans Frontières et Amnesty International annoncent la torture de quatre et deux journalistes appartenant au Rai el Shaab, pro congrès CP, et accusèrent son rédacteur en chef, Abuzur al Amin de terrorisme, espionnage et de déstabiliser le système constitutionnel, après avoir terrorisé sa famille. Ces crimes sont punissables de peine de mort. Le journaliste fut forcé sous la torture de signer un affidavit reconnaissant avoir commis les crimes. Al Tahir Abu Jawahara fut aussi torturé par les Services de Sécurité. Le 19, ils furent transféré vers les « crimes contre l’État ». Les 2 autres hommes furent relâchés. Le journal subit une rafle. C’est arrivé juste après que le journal ait publié un rapport disant que l’Iran avait construit une usine d’armes pour fournir les islamistes en Somalie et les shiites Yéméni. (VS avait entendu parler de cela).
Déjà le 15 mars, les autorités avaient arrêté les rédacteurs en chef de deux journaux, pro-opposition, Ajrraz el Hurreya (MLPS) et Rai el Shaab, les accusant d’insulter Béchir. Les questions furent « Comment pouvez-vous critiquer le président? Quelles étaient nos preuves qu’il avait tué 10 000 Darfouris ? » Le Président avait cité ses sources, bien loin des 300 000 reconnus par les NU en 2008. Al Shaab fut questionné sur deux articles conseillant que Béchir se rende à la CPI.
L’Organisation Droits de l’Homme, établie au Caire
Elle a remarqué que depuis la « victoire » de Béchir, le gouvernement imposait de nouvelles violentes monstruosités aux journalistes, parmi lesquels, chocs électriques et famine. Le procureur d’Omdurman a refusé de se saisir de plaintes demandant des soins médicaux. L’organisation appelle à relâcher les journalistes. Des étudiants darfouris furent aussi arrêtés arbitrairement, détenus dans des lieux inconnus et torturés physiquement. Un rapport sur ces cas est en cours (ST 26 05).
Les partis d’opposition
Umma, PC et Parti Unioniste Démocratique sont empêchés par le gouvernement de se rendre en Ouganda au départ de l’avion. La CPI y discutera de ses attributions afin de poursuivre les inculpés, de sa mise en œuvre et de son impact (ST 30 05).
Le Département d’Etat américain
Il a assoupli les sanctions contre un certain nombre d’États, dont le Soudan pour donner aux citoyens de ces pays l’accès au courriel ou à des services basés sur internet (ST 26 04).
Don d’hélicoptères japonais
Pour veiller à la paix au Soudan, des experts japonais sont attendus pour étudier la possibilité d’offrir des hélicoptères militaires pour une mission de soutien à la paix. Si la décision est approuvée, ce serait le premier groupe d’hélicoptères japonais à participer à une telle mission.
Choléra
Le 15 mai, Peth Lou, située à l’est du quartier général du comté d’Aweil Est, dans l’État du nord du Bahr el Ghazal connaît une éruption de choléra. L’épidémie dure depuis deux semaines et s’étend sur les villages voisins. Déployer de l’aide mais aussi se focaliser sur les causes à l’origine de la maladie, comme l’accès à l’eau, sa qualité, la gestion des ordures, l’hygiène, est nécessaire.
La Coalition des femmes contre l’oppression et la déclaration de Béchir
Durant sa campagne dans l’État de la Guezira début avril, Béchir s’est engagé à maintenir le Régime de l’ordre public. C’est une humiliation, des actes de violence envers les femmes, leurs familles, leurs communautés. « C’est une déclaration de guerre à l’encontre des Soudanaises ». Ce régime d’ordre public est anticonstitutionnel, contraire au système africain de protection des droits de l’homme...Il conforte l’inégalité des femmes.
Comme beaucoup de personnalités de l’opposition en sont d’accord, les femmes, dans tous les chemins de la vie, particulièrement les plus vulnérables et les plus marginalisées, vivent dans la menace journalière d’arrestation et de punition brutale pour des conduites mal définies qui ne devraient jamais être l’objet du droit pénal dans une société démocratique.
Béchir n’a pas l’intention de mettre en œuvre les demandes de la CPA (Accord de Paix Général), Comme toujours établie par les Forces du Consensus National, la réforme du régime de l’ordre public était une des conditions pour une élection juste et équitable. « Nous appelons les partis politiques soudanais et la communauté internationale à prendre en compte ces déclarations de Béchir pour se poser des questions sur la bonne foi de son président et de son parti... »
Le régime de l’ordre public interdit une série de conduites allant des danses dans les soirées privées à une « tenue indécente » ou au concept de « l’intention d’adultère ».
Analyse du régime de l’ordre public, voir: http://www.sihanet.org/index.php?option=com_docman&Itemid=6
Simon INAZUMA |