Numéro 159 - Juin 2010

DARFOUR

 

Les deux leaders de l’opposition s’opposent au gouvernement 
L’un ne veut plus, l’autre ne veut pas d’une paix bâtarde


Après les élections, les troupes soudanaises se sont massées dans l’ouest Darfour, se préparant pour une attaque imminente contre les positions du Mouvement pour la Justice et l’Égalité, (MJE)  « L’armée soudanaise et les milices alliées sont réunies avec des armes lourdes à 25 km de nos positions dans le Jebel Moon. ... Des avions de guerre, Mig et Antonov, font des vols de reconnaissance pour examiner les capacités de nos troupes dans la région. »  Le 15 mai, le porte-parole de l’armée se vantait d’avoir tué 108 hommes, fait prisonniers 61 et saisi 16 véhicules. Le MJE dit avoir tué 200 soldats et demanda à la Croix Rouge d’évacuer 48 militaires blessés. Le gouvernement soudanais les avait abandonnés et le MJE était dans l’incapacité de les aider. Ces conflits meurtriers sont contraires à l’accord cadre signé entre Khartoum et le MJE le 23 février à Doha, dit le MJE. L’accord en fait n’était valable que jusqu’au 15 mars.  Les pourparlers de paix sont en jeu. Le MJE, le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour, conduisit ses troupes sur la frontière tchadienne. A cette époque il avait « gelé » sa participation  aux  pourparlers de Doha et critiqué le Qatar pour favoriser le gouvernement soudanais. Selon lui, le petit Mouvement de Libération et de Justice (MLJ) qui a aussi signé un accord avec Khartoum, est accusé par le MJE d’avoir un accord secret avec Khartoum pour le marginaliser. Le groupe nouvellement formé rejette cette accusation. Khalil Ibrahim, le leader du MJE, veut que l’Égypte qui connaît mieux le Soudan aide le Qatar à mieux s’occuper du problème. Il s’y est rendu. Khartoum a écrit à tous les États voisins, leur demandant de ne pas s’occuper de l’affaire. (ST). 

    
Le Tchad refuse l’entrée à Khalil Ibrahim, leader du Mouvement pour la Justice et l’Égalité


Le 19 mai, Khalil Ibrahim retournait au Tchad pour se rendre au Darfour quand le Tchad lui refusa l’entrée dans son territoire, saisissant les passeports tchadiens. Ce fut un choc pour lui. Il retourna en Libye. Le Tchad aidait le MJE depuis des années en l’armant et le soutenant. Vigilance Soudan s’étonnait lors du dernier bulletin que Khalil Ibrahim ne prête pas plus d’attention à la visite de Déby, le président tchadien, à Khartoum, et de l’ordre qu’il lui donna de négocier avec le gouvernement soudanais.


Khalil Ibrahim pour l’instant reste en Libye. Elle veut le forcer à faire la paix à Doha, dit-elle à Khartoum. Les NU sur l’injonction de Khartoum ne veulent plus l’emmener au Darfour. Elles décident de retirer leur armée du Tchad qui protégeait à l’Est les populations réfugiées et locales.  Cet État n’en veut plus. Veut-il garder le matériel ?


L’Armée de Libération du Soudan d’Abd el Wahid el Nour est toujours contre sa participation aux pourparlers avec Khartoum. Le gouvernement soudanais avait profité des élections pour l’attaquer militairement de façon lourde.


Autres Combats


Selon la coutume, en saison sèche, des nomades arabes Rizeigat du Darfour, étaient en quête de pâturages et d’eau pour leur bétail au Bahr el Ghazal, au Sud-Soudan. Des combats violents ont fait chez eux 55 morts et 85 blessés le 23 avril. La source de ces combats n’est pas claire.  Pour de nombreuses personnes ils furent attaqués par l’ALPS (Armée du Sud). Pour l’ALPS, elle fut attaquée par des soldats de l’armée soudanaise. L’armée soudanaise, de son côté, a nié toute implication dans des combats avec les forces sudistes (Le Point, 26.04).


Enlèvements


Le 13 avril, quatre hommes de la Minuad, des Sud-Africains, furent enlevés par des hommes armés inconnus, dit une source anonyme de la Minuad. Ils furent forcés par 10 hommes à descendre de leur véhicule. Des officiels gouvernementaux ont envoyé des hommes pour aider la Minuad qui se contente dans leur recherche de les « porter disparus ». Le 7 mai, deux casques bleus égyptiens furent tués et trois blessés dans une embuscade près de Katila au Sud-Darfour. Ils appartenaient à un groupe de 20 personnes circulant dans trois véhicules. Les assaillants, des inconnus armés, ont pris la fuite quand les soldats de la Minuad ont ouvert le feu. Ce sont les premiers Égyptiens tués au Darfour (AFP). Leurs kidnappeurs auraient été arrêtés. Trois Minuad dont une américaine furent enlevés sans que l’on sache par qui (ST).

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