VENDRE LA TERRE AU SOUDAN EST PLUS DANGEREUX QUE CONSTRUIRE DES BARRAGES
Professeur Ali Abdalla - 30 avril 2010
Sudan Tribune - Écrit avant le 14 mai
Traduit, résumé par Vigilance Soudan
D’un côté l’Initiative du Bassin du Nil consiste à partager et à utiliser ses eaux entre tous les pays riverains. De l’autre les droits historiques de l’Égypte, confirmés par les accords de 1929 et 1959, doivent être respectés. Ils sont défendus par l’expert égyptien Mamdouh Hamza qui n’a pas exprimé ses intentions.
Selon cet expert, la baisse du niveau d’eau de l’Omo causée par un barrage provoque la famine (l’Omo se jette dans le lac Turkana qui n’est plus relié au bassin du Nil depuis plus de 30 000 ans - Selon Pierre Bosshard, directeur d’International Rivers, la Banque Mondiale, la Banque Africaine de développement et la Banque Européenne d’investissement gardent leurs distances vis à vis de ce projet. Le barrage menace la vie de 500 000 personnes en Éthiopie et au Kenya. Il dévastera l’écosystème, les cultures et pâturages des régions, reconnus Héritage mondial de l’humanité par l’Unesco. VS).
Le Kenya et l’Éthiopie ont signé un accord de partage d’énergie des réseaux électriques. Cela permettra au Kenya d’avoir accès à de l’électricité bon marché. Un front stratégique majeur à la frontière Nord du Kenya permettra d’étendre ses routes commerciales et de renforcer les liens sécuritaires. La famine existe-t-elle? L’expert égyptien ne le prouve pas. L’Égypte soupçonne toujours des tentatives de rapprochement des États riverains du Nil, ce qui faciliterait leurs capacités de négociation.
Selon l’expert, l’Éthiopie a construit 10 barrages au cours des 12 dernières années dont il attend la défaillance car ces projets furent mal étudiés. C’est une accusation absurde. L’Égypte n’a jamais été en faveur de la construction de barrages. Au Soudan, pendant près de 40 ans, il ne fut pas possible de surélever le barrage de Roseires du fait de tactiques subtiles de l’Egypte (lesquelles VS ?). Ces tactiques empêchèrent le Soudan de mettre en réserve de l’eau et de développer son agriculture. Le présent gouvernement put construire le barrage de Mérowé (4ème cataracte, ce qui n’empêche pas une plainte criminelle contre les constructeurs du barrage déposée par les habitants tout à fait récemment, cf. p.7 VS) pour produire de l’électricité et recevoir des fonds arabes pour le barrage de Roseires. Dire que les barrages furent mal étudiés est une injure pour ceux qui les firent. Faut-il rappeler l’effet hautement dommageable du haut barrage d’Aswan sur les Soudanais, les seuls 15 millions de Livres Soudanaises données en compensation, et la perte de patrimoine historique submergé par les eaux. L’Égypte souhaite que le Soudan soit un État faible et soumis.
Le danger pour l’Égypte ne vient pas des barrages mais de la terre louée ou vendue, selon l’expert.
Or la terre doit être cultivée ; de nombreux pays dépendent de nourriture importée (déclaration à notre avis très fausse; l’État l’arrache à des cultivateurs sans travail). Si le Soudan n’a pas suffisamment de ressources, il doit essayer de les obtenir là où elles se trouvent. L’expert semble ignorer le nombre de sociétés égyptiennes qui ont investi au Soudan, ce qui utilise les eaux soudanaises et non égyptiennes. Sans parler de la Chine et de l’AAIA.
Point crucial pour l’expert, d’où ces terres vendues ou louées tireront-elles leur irrigation ? (Ces terres ne sont à notre connaissance jamais irriguées. VS).
Les 19 milliards de mètres cubes d’eau du Nil accordés au Soudan (18.5 VS), y sont jugés très injustes. La dictature militaire d’Aboud n’avait pas demandé l’avis de la population. Les Éthiopiens, qui ont 1% des eaux du Nil Bleu, peuvent subir la famine, pas les Égyptiens. Maintenant que les peuples sont déterminés à prendre les armes pour défendre leurs droits, arrêteront-ils la position égyptienne ?
L’expert donna un avis très sérieux à son gouvernement mais n’eut pas le courage de lui dire les mesures qu’il devrait prendre. Le Premier ministre égyptien a dit à l’Éthiopie d’arrêter de construire les cinq barrages prévus. Un autre expert égyptien déclara que son pays ne ferait pas la guerre à l’Éthiopie à l’instant mais qu’il utiliserait ses relations avec les ennemies de son ennemie, l’Érythrée et la Somalie.
L’opinion sincère de l’auteur serait que le Soudan augmente son intégration avec l’Éthiopie pour créer une entité de 120 millions d’habitants, 110 si le Sud décidait malheureusement de créer un État séparé. Ce qui constituera définitivement un État homogène. (opinion surprenante, l’Éthiopie étant largement chrétienne). Elle serait aussi d’accroître ses relations avec la Chine et l’Inde ; il s’agirait d’un arrangement plus sûr et meilleur que ce qui fut proposé récemment entre le Soudan, la Libye et l’Égypte.
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