Une adolescente sudiste, condamnée à 50 coups de fouet
Sylva Kasha, 16 ans les a reçus d’une femme policier, un juge ayant estimé la longueur de sa jupe, au niveau du genou, « indécente »
(TF1- News 27/11).
Élections d’avril 2010 : entraves à la liberté d’expression
Grifna, « Nous en avons assez », est une campagne électorale créée par des jeunes pour mettre fin à l’hégémonie du CP, le parti de Béchir. Plus de 2000 personnes ont rejoint ce mouvement sur Facebook, il en aurait attiré plusieurs dizaines de milliers d’autres ne disposant pas d’accès internet.
• 6 décembre à 18 heures à Omdurman, séparée de Khartoum par le Nil, deux étudiants de musique distribuaient des tracts en faveur d’élections libres. Les Forces de Sécurité ont tiré en l’air pour les empêcher de fuir et ont brisé leurs instruments de musique. L’un d’eux, frappé à coups de crosse, a perdu connaissance. Mis en garde à vue, on craint qu’ils n’aient été torturés (African Center for Peace and Justice Studies, 7 /12).
• 7 décembre, coordonnés par une coalition de partis de l’opposition, des cortèges de plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont formés pour manifester pacifiquement dans plusieurs villes. La veille, leur intention de soumettre au parlement un mémorandum dans le calme avait été annoncée. Ce document demandait l’application du CPA, la réforme des lois empêchant cette mise en œuvre ; le passage à une application réelle de la législation pour en finir avec les atrocités commises au Darfour et des avancées immédiates pour garantir des conditions favorables aux élections, y compris un nouveau recensement. Le parlement devait assurer l’indépendance, la liberté et l’impartialité des médias nationaux et entreprendre des actions mettant fin à la corruption, à la pauvreté et à l’inflation dans une économie en déclin. Peu après minuit, les autorités avaient déclaré cette manifestation illégale.
La police anti-émeute et le CP, lourdement armés, ont bloqué les rues conduisant au Parlement et aux sièges de partis et ont exercé une violente répression : tir de balles en caoutchouc et de grenades lacrymogènes sur la foule. à Khartoum, plus de 250 personnes ont été arrêtées, des avocats, des étudiants, des journalistes, des parlementaires. Des personnalités politiques du Sud ont été battues, blessées, certaines sérieusement (African Center for Peace and Justice Studies, 7/12).
• 8 décembre, 3 avocates ont été arrêtées. Au Palais de Justice de Khartoum, elles distribuaient des prospectus à l’initiative du Front démocratique des avocats soudanais. Elles voulaient obtenir leur inscription pour voter aux élections de l’Association du Barreau Soudanais. Un juge a ordonné leur mise en garde à vue. Elles furent arrêtées, interrogées et remises en liberté le jour même. A leur sortie du Poste de Police, un véhicule des Forces de Sécurité les a à nouveau arrêtées et emmenées au Centre des Forces de Sécurité (African Center for Peace and Justice Studies, 9/12).
Utilisation de forces excessives pour disperser des protestations politiques pacifiques
Le 19/01, Hamad Mohamed Ali, un Amarar, candidat au gouvernorat lors des prochaines élections, organisa une manifestation pacifique pour soutenir sa candidature. Sous prétexte qu’ils n’avaient pas l’autorisation, les protestataires furent dispersés par la police avec des gaz lacrymogènes, des barres électriques, et des tuyaux d’eau. 27 personnes furent arrêtées,
12 relâchées rapidement et les autres poursuivies devant les tribunaux. Quatre protestataires subirent des blessures graves de la police et de la sécurité. La police a vandalisé des véhicules
appartenant aux protestataires sans que les plaintes de ces personnes n’aient été prises en compte (African Center for Justice and Peace, 25/01)
Attaques de groupes maquisards tchadiens au Darfour
Installés dans le nord du Darfour depuis début novembre, ces groupes ont attaqué les populations civiles, en utilisant des méthodes analogues à celles des milices janjawid et des forces gouvernementales.
Le 9 décembre, attaque et incendie de 4 villages ; du 10 au 14, attaque d’une série de fermes au nord de Alsuyah, occupation temporaire avec pillage total ; le 13, 30 maquisards attaquent 2 étudiants rentrant à leur village dans le Jebel Marra. Ils sont tués et leurs cadavres mutilés ; le 22, ils attaquent un habitant de Um Touma, le frappent et le dépouillent de tout, sa montre et ses vêtements ; le 23, 4 maquisards tombent sur un enseignant, fils d’un chef de la tribu Tama et le tuent ; le 24 ils attaquent la mosquée du village d’Imthameina pendant les prières et rouent de coups les fidèles ; le 25, cette fois c’est le tour de femmes du village de Um Za’at, dans l’ouest de la région d’Alsuyah. Neuf femmes sont blessées, dont certaines gravement. Elles ne peuvent pas être emmenées à l’hôpital de Malit à cause de l’insécurité créée par les Tchadiens. Le 27, neuf femmes sont violées et gravement blessées dans la même région ; le 28, 2 autres villages sont attaqués, encore des viols et des femmes et des mineures blessées. L’une d’entre elle, enceinte de 8 mois est morte de ses blessures.
La liste des pillages, des blessés, des viols et des tués ne s’arrête pas là. Les civils ne bénéficient d’aucune protection. La communauté internationale, le gouvernement soudanais, les représentants des Nations Unies, la Minuad ne se préoccupent pas de ces actions qui peuvent être considérées comme étant des crimes de guerre (African Center for Peace and Justice Studies, 5/01).
L’ONU critique l’exécution de six hommes condamnés à mort
Le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a vivement critiqué vendredi l’exécution de six hommes accusés d’avoir assassiné des policiers lors d’affrontements en 2001, malgré ses appels à vérifier si l’équité avait été respectée lors des procès. Selon plusieurs sources, les six hommes auraient été détenus sans avocat pendant les cinq mois suivant leur arrestation et auraient avoué les meurtres sous la torture. Le Représentant spécial du Secrétaire général a envoyé une lettre au gouvernement lui demandant de suspendre l’exécution. Sans succès (Centre d’Actualités de l’ONU, 15/01).
Condamnation à mort de 18 militaires soudanais
Un tribunal militaire soudanais a condamné à mort 18 soldats de différents grades accusés de mutinerie. Avec leur convoi de 26 véhicules stationné au Kordofan, ils avaient refusé de pénétrer dans la ville de Umbro au Darfour-Nord, au lieu de quoi, ils s’étaient rendus à la capitale régionale de El-Fasher. Au plus fort de la guerre du Darfour, en 2003-2004, il a été fait état de nombreux cas de mutinerie parmi les pilotes d’avions et les soldats darfouris qui ont refusé d’attaquer. Nous nous souvenons d’eux et de leur héroïque refus.
Les familles des soldats arrêtés en ont appelé au président et au ministre de la Défense pour annuler le jugement. depuis un lieu tenu secret, Sandal, le commandant du MJE, a dit à Sudan Tribune par téléphone satellite : « Béchir est un criminel de guerre inculpé par une Cour internationale. Obéir à ses ordres est une violation du droit international » (ST, 16/01).
D. Dumoulin |