Alors qu'Elias vient de nous nous faire tenir ses articles sur le Sud-Soudan, où des attaques nous inquiétaient fortement, une nouvelle tuerie a porté l'escalade de la violence à un degré jamais atteint au Sud en temps de paix.
Dès le début de l'année les combats se multiplient, souvent ethniques, souvent dus à des vols de bétail, à des disputes sur les ressources naturelles ou à des vengeances. Maintenant une augmentation des attaques de femmes et d'enfants ainsi que de foyers, choquent. Des centaines de tueries ont eu lieu dans diverses parties du Sud, mais les raisons diffèrent. Depuis simplement le 1er août, que s'est-il passé ?
À Akobo, État de Jonglei, 185 civils et troupes Nuer, sont tués par des Murle dit le gouverneur de l'État.
Le 13 08, dans l'État de Warrap, 350 Dinka se battent entre eux pour des pâturages, 30 personnes sont tuées.
Le 18 août, dans l'État d'Unité, une bataille oppose deux milices comptant entre 300 et 350 hommes à elles deux.
Le 22 août, dans l'Est Équatoria, lors de l'assassinat d'une femme appartenant au Congrès National, quatre enfants de moins de 12 ans sont tués, deux adultes blessés.
Le 2 septembre, 41 tués et 28 blessés Dinka, le plus souvent civils, dans le comté Twic par des raiders Lou Nouer qui attaquaient Wernyol, un centre administratif.
Le 1er septembre, dans l'État de Jonglei, des voleurs de bétail d'Équatoria central ont saisi 1500 têtes de bétail dans des raids sur quinze villages.
Le 5 septembre, dans le Haut-Nil, 25 personnes sont tuées et des douzaines blessées, quand des combattants shillouk ont attaqué des Dinka à Bony Thiang, tuant 20 personnes. Par vengeance, les Dinka ont attaqué le village shillouk de Bon, tuant 5 personnes dont une femme et un enfant.
Le 20 septembre, dans l'État de Jonglei, 76 personnes furent tuées (aujourd'hui plus de 100) et 46 autres blessées lors d'une attaque contre Duk Patiek, un centre administratif, foyer des Dinka Bor Hol, par des hommes armés que les autorités ont décrits comme étant des miliciens. Le Sud Soudan refusa de dire qui était responsable de cette attaque, tout en s'engageant à enquêter. D'après des témoins, Chibetek Mabil, qui s'était déclaré commandant, un Lou Nuer, tua 47 civils et 29 membres des forces armées organisées. Parmi les morts, 11 soldats ALPS, y compris un major, 11 soldats des forces de Sécurité nationale ainsi que leur capitaine, 5 policiers et leur premier lieutenant, et deux officiers des prisons. On dit que Chibetek appartenait aux milices mais n'a jamais rejoint ni les Forces armées soudanaises, ni l 'ALPS, ce qui est contraire à la paix du Sud (CPA). Son organisation est connue.
Tant les officiels du gouvernement que les NU, ne voient pas dans cette attaque un vol habituel de bétail, comme le dit Gressley, coordinateur régional des NU. Pour le gouverneur général de Jonglei, « c'est une attaque contre le gouvernement … Bien que les attaquants pouvaient être décrits comme des civils, ils avaient une formation militaire, un uniforme et portaient un nouveau genre de Gimp 3.» Ils brûlèrent 260 huttes, la station de police et des bâtiments officiels. Le curieux est que le gouverneur adjoint de Jonglei, Hussein Mar durant l'attaque téléphona à Chibetek, grâce à l'intervention d'anciens, et lui parla 40 minutes, interrompues par un « arrête de me faire des sermons ». Hussein Mar, dit que Chibetek « faisait partie de gangsters qui pillèrent l'équipement militaire à Khorfulus l'an dernier....on pense que c'est la première source de munitions ».
Les rivalités historiques entre Dinka, le plus grand groupe ethnique du Sud, et Nuer mènent-elles à des combats désespérants ? Nous rencontrons souvent des Dinka qui se souviennent des massacres faits pendant la guerre en 1991 de Dinka par des Nouer, ralliés au gouvernement de Khartoum. (St , 21 09, Philip Thon Aleu). Autrement tous peuvent attaquer les Équatoriens.
Pour Guillaume Lavallée, (AFP 23 09), le causes de la montée des violences au Sud-Soudan ne sont pas claires. Douglas Johnson lui dit que dans l'État des lacs, il y eut une sorte d'escalade d'inimité entre différentes sections de Dinka qui peuvent être décrites comme tribales, mais que dans l'État voisin de Jonglei, subsistent des restes des anciennes milices gouvernementales (Nouer) qui semblent avoir accès à de nouvelles fournitures d'armes et opèrent de manière pas nécessairement liées aux disputes locales.
Des officiels du Sud-Soudan ont accusé le parti du Congrès National du Président el Béchir d'armer les milices telles que les Lou Nouer pour déstabiliser le Sud avant les élections et le référendum de 2010 et de 2011. Selon Hogendoorn, le directeur de projet de l'International Crisis Group, il y a très peu de preuves en ce sens, mais nous ne savons pas si c'est faux.
Bien sûr, depuis la fin de la guerre, beaucoup de campagnes de désarmement furent critiquées pour leurs méthodes. Des régions désarmées peuvent être attaquées par celles qui ne le sont pas encore. « On peut bien remettre une arme au gouvernement du Sud Soudan quand chacun en cache une demi-douzaine ».
Avec le vote et le référendum promis, les autorités sudistes sont devant un conflit de choix : les anciens ennemis à Khartoum sont vus comme une menace, et la sécurité intérieure localement comme une contrainte émergente nouvelle.
On dit que le gouverneur de Jonglei avait demandé plus d'armée au gouvernement du Sud. Celui-ci lui répondit qu'il avait envoyé beaucoup d'hommes, ajoutant, qu'on avait la liste sous les yeux. Mais selon le gouverneur, la moitié de ces soldats n'étaient jamais venus. Ils touchaient leur solde mais travaillaient ailleurs. Cette fois-ci, semble-t-il, la promesse gouvernementale d'envoyer un lourd contingent ALPS serait sérieuse.
Pourquoi les Églises n'interviennent-elles pas comme elles le firent durant la guerre, pour organiser des paix locales ? Peut-être les bénévoles leur manquent-ils ? Ils sont allés travailler pour les NU et les ONG qui les paient beaucoup mieux.
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