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Numéro 151 - Novembre - décembre 2008
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F in octobre, les autorités du barrage de la 4 ème cataracte ont fermé ses portes, causant un désastre humanitaire majeur. L'inondation a fait fuir par milliers ceux qui avaient résisté au déplacement forcé dans le désert et ont été chassés de leurs maisons sans trouver abri, nourriture ni assistance médicale. Le Soudan a fermé la région aux journalistes, aux ONG et aux agences des NU dont la représentante, Uta Simon, et ses deux compagnons furent arrêtés. International Rivers prie les sociétés qui travaillent au projet de Mérowé – les chinois Sinohydro, allemand Lahmeyer, français Alsthom et suisse ABB – d'intervenir immédiatement auprès du gouvernement soudanais pour qu'il rouvre les portes du barrage, et facilite l'arrivée de l'aide indispensable aux populations de la région. Maintenant on saurait. Pas officiellement. La 3ème cataracte était une étude de faisabilité. Le contrat vient d'être signé. Un autre contrat de faisabilité a aussi été signé pour Dal, juste au sud du lac de Nubie, appelé lac Nasser en Egypte. Le projet gouvernemental à terme serait de construire aussi un barrage à la 6ème cataracte, transformant ainsi la beauté de la vallée du Nil, à 100 milles au nord de la capitale, en un immense lac de Nubie, tous leurs habitants refoulés au désert, jusqu'à ce que peut être viennent des canaux et l'irrigation.
Mahgoub el Tijani, sociologue à l'université de Tennessee, rappelle dans un article sur la corruption au Soudan, publié dans Sudan Tribune que, selon la Constitution, le Président de la République doit « présenter à l'Assemblée nationale, avant le début de l'année financière, une loi sur le budget fédéral de l'État incluant les réserves, les transferts ou les allocations y allant ou en sortant ...Il (lui) fera présenter dans les 6 mois suivant la fin de l'année tous les revenus et les dépenses ainsi que les dépenses tirées du fonds de réserve ». En fait, le budget n'est jamais présenté à temps, autorisant l'utilisation massive « de fonds de réserve, de transferts, d'allocations » pour des opérations secrètes dites « opérations de sécurité classifiées » L'Auditeur général demande chaque année la poursuite d'officiels qui ont détourné des milliards de livres soudanaises d'argent public, c'est-à-dire des millions de dollars. Ses rapports ne reçoivent jamais de réponse et ne sont jamais suivis d'enquête. Le gouvernement ne rend pas compte des fonds secrets du ministère de l'Énergie pour les industries pétrolières et aurifères, ni des dépenses du ministère des Finances pour les Affaires présidentielles, la Défense ou la Sécurité. Les prêts consentis au Congrès national pour qu'il recrute des supporteurs des Forces armées et du Service civil équivalent probablement à la liberté présidentielle pour les opérations de sécurité menées au Sud, au Darfour et ailleurs. La nature opaque de ces fonds jouera un rôle significatif dans les élections de 2009. Elle alimentera la corruption pour moissonner des sièges et aggravera la situation tragique des partis d'opposition, privés de finances et d'une organisation efficaces par le régime actuel. Quand les Soudanais se soulèveront-ils pour mettre un terme à ces pratiques, se demande el Tijani ?
Sans citer leurs noms, Luis Moreno-Ocampo, procureur de la Cour pénale internationale (CPI), a demandé la comparution de trois rebelles ayant participé à l'attaque d'Hashkanita. Il s'agirait de Baha Idriss, Abu Garda, des membres du Fru, issus d'une scission MJE qui parlent avec le Qatar avant de participer aux pourparlers, et d'Abdallah Banda, appartenant à ALS/unité. Le 17 novembre, Ocampo a remis 700 pages complémentaires aux trois juges de la CPI qui lui avaient demandé d'étoffer son accusation contre Béchir, envoyée brève, selon la réglementation. La citation tardera. Bételgeuse & Deimos
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