Numéro 150 - Septembre - octobre 2008

 

POLITIQUE INTERIEURE

Réactions soudanaises à l'arrestation de Béchir – Sept semaines après la mise en cause de Béchir par la CPI, Ibrahim al Sheikh, chef du petit parti du Congrès Soudanais, fut un des premiers à parler. Il y a, dit-il, ample évidence que Béchir est engagé dans les crimes darfouris. «  Il est clair pour tout le monde que notre système judiciaire ne veut pas ou ne peut pas juger ceux qui ont commis des crimes ... le manque de pouvoir des juges vient de leur manque d'indépendance.» Al Sheikh demande à Béchir de démissionner. « S'il croit être innocent, le procès est la seule manière de mettre fin à la crise du pays ». Dans les derniers jours qui ont précédé l'annonce du procureur, le CN voulut montrer au monde que tout le pays était derrière son chef et organisa des manifestations pour impressionner les commentateurs étrangers qui ignorent qu'il est obligatoire d'y participer. La presse reçut des instructions : « Les journaux seront sujets à la suspension et à la confiscation de leur propriété pour tout article semblant soutenir la CPI ou son procureur ». Bien que cette pratique soit anti-constitutionnelle, les censeurs viennent chaque soir mettre leur veto à tout article semblant ne pas soutenir le gouvernement. Aujourd'hui, ils autorisent la publication de certains articles qui critiquent le gouvernement ou suggèrent des solutions. Ainsi Amin Makki Madani, ex-ministre et défenseur des Droits de l'homme, a-t-il conseillé dans Al Ahdath de réformer les lois pour créer une ouverture dans le pays et faciliter le dialogue national. Ali Mahmoud Hassanein, du DUP, a dit à Al Sahafa que Béchir devait arrêter de perdre son temps et accepter les conditions des mouvements rebelles. Un événement éclipsa la saga de la CPI; ce fut l'attaque du camp de Kalma. Pour un travailleur social présent, les journaux reprirent le discours officiel et firent état de la présence d'armes et de drogues à l'intérieur du camp. Ils n'ont comptabilisé que 6 morts, alors que les autres sources en décomptent de 33 à 100.

Le parti du Congrès soudanais, laïc, libéral et progressiste, maintenant soutenu par le Mouvement des Nouvelles forces démocratiques et le CP de Tourabi, milite pour que Béchir quitte le pouvoir. Le MLPS a conseillé au gouvernement de calmer la crise, sans effet. L'Umma et le DUP, se taisent avec détermination. Ces trois grands partis cherchent sans doute à obtenir des concessions du CN, devenu plus vulnérable. Deng Alor, le ministre des Affaires étrangères, a déclaré à Al Sahafa que la résolution du conflit au Darfour «  est la clé pour résoudre toutes les crises du pays ...Ce conflit ne sera pas résolu par des moyens militaires. Les événements du camp de Kalma noient le pays dans des problèmes dont nous n'avons pas besoin. » Les services de sécurité ont interdit la publication de cet article. Punition, Deng Alor ne parle plus officiellement. Est-il toujours ministre ? Pour Al Rayyam , «  le gouvernement doit découvrir d'où, parmi les Soudanais, ont filtré les informations utilisées par Ocampo  ». Est-ce une reconnaissance implicite des fautes de Béchir ? Pendant ce temps, le président et son second vice-président multiplient les déclarations selon lesquelles les poursuites de la CPI sont défavorables au règlement du conflit au Darfour et à l'application de l'accord de paix dans le Sud . Le GOSS partage cet avis.

 

Elections au Soudan en juillet 2009 ? Organiser des élections au Soudan en 2009, ce serait comme organiser des élections en Pologne durant la 2 nde guerre mondiale. Au Darfour, les rebelles ont refusé de participer au recensement. Dans le Sud, à Abyei, les Monts Nouba et le Nil Bleu, les votes sont prévus d'avoir lieu en pleine saison des pluies.

 

Le ministre de la Défense a failli à Omdurman , d'après un rapport parlementaire publié par Al Sahafa. En effet, Le MJE a livré et gagné sept batailles avant d'arriver sur les bords du Nil.

 

Le MLPS fait semblant de soutenir Béchir qui a le CPA entre les mains. Les Darfouri eux mêmes comprennent et ne parlent pas d'eux.

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