Numéro 149 juillet - août 2008



PETROLE, ARMES, ECONOMIE

Pétrole

Une analyse intéressante de la politique pétrolière chinoise a été publiée par Asia Report : China's Thirst for Oil. La thèse principale, en matière de pétrole, la Chine devient un pays comme les autres. Points essentiels sur les aspects internationaux : les firmes pétrolières chinoises sont encore peu importantes hors de Chine ; leurs investissements à l'étranger contribuent beaucoup à leurs profits et peu à la sécurité des approvisionnements du pays. La Chine investit dans des pays en conflit, ce qui peut contribuer à les prolonger, elle n'est pas le seul pays à le faire. La Chine fut embarrassée par les critiques dans les médias internationaux à propos du Darfour et pour son appui à des régimes à problèmes. Elle ne veut pas être considérée comme le leader des pires dictatures du monde. Les intérêts de la Chine rejoignent ceux des pays occidentaux. Le rapport propose 16 recommandations parmi lesquelles : Arrêter de vendre des armes à des clients qui les utilisent pour violer les résolutions du conseil de Sécurité des NU (VIVE LE DARFOUR VS). Employer du personnel local dans les projets à l'étranger. Accroître la transparence dans les achats et exercices militaires en relation avec la sécurité énergétique. Soutenir les efforts régionaux et des NU pour prévenir et résoudre les conflits (09 06).

 

Total s'installe à Bor, et doit lancer les opérations avant fin 2008, après la saison des pluies. Selon son directeur Lassalle, « la sécurité et le bouclage du nouveau consortium doivent encore être réglés. » En effet, Total manque de 20% du total du financement qui serait attribué à Mubadala, Abou Dhabi (AFP 01 07).

Les ventes mensuelles de Dar Blent venues d'appel d'offres, sont montées à 1,6 millions de barils en juillet et août. La vente de juillet fut attribuée au chinois Unipec et à l'européen Vitol avec un très fort rabais de 33,00-33,50 $ par baril sur les cours internationaux (Reuters 04 07). Le faible niveau des prix s'est maintenu en août (Reuters, 13 08). Les mises en vente de Nile blend pour la période septembre-octobre ont été attribuées au trader européen Arcadia et à Total à de prix plus élevés, ce qui laisse penser que la demande pour le pétrole lourd reste forte. La baisse de la production passée de 320 000 à 250 000 barils par jour peut participer au soutien du prix de cette qualité (Reuters 24 07).

Selon le ministre de l'Energie et des Mines à Pétrole et Mines , la production atteindra 500 000 barils par jour en 2008 et dépassera ce niveau en 2009 du fait d'augmentations de production sur des blocs et la création d'autres (AFP 11 07). En ont-ils ? Une campagne de travaux d'exploration sismique de 1000 km2 sur le bloc 12 A (Nord Darfour) serait lancée par la société BGP, filiale du chinois CNPC. Les opérateurs du bloc 12A sont soudanais, saoudiens, libyens et des iles Caïman. L'armée soudanaise fut déployée dans la région (ST 08 07). Les 12- 13 août, 12 70 hommes avec 270 véhicules de l'armée attaquaient le Jebel Atoun occupé par des rebelles MLS qui y exploitent du sulfate de sodium, faisant 7 morts. (VS).

 

Armes Giad Automotive fabrique des camions sous licences Hyundai, Renault et Man en partie pour l'armée, et des voitures. Il fabrique des blindés de transport de troupe et des chars (le Bashir) pour l'armée (Dow Jones 07 08). Le GoS a reçu une douzaine d'avions de combat MIG-29, livrés pas une société Bielorus mais on ne sait qui est le vendeur (ST 20 07). et 50 camions à la société Ural Trucks russe. Le Ural 4320 est un tout terrain 6x6 qui peut être utilisé à des buts militaires ou civils (ST 16 08).

Nord-Soudan Malgré l'embargo américain, le Soudan continue à lui vendre la gomme arabique pour son coca-cola. Avec le Tchad et le Nigéria, ils produisent 95 % des 60 000 tonnes de gommes exportées annuellement dans le monde. Un tiers de la production est acheté par la société française Iranex-CNI qui fournit ensuite des entreprises comme Coca-Cola. Iranex s'approvisionne aussi au Nigéria où elle a ouvert une usine de transformation en 2002. Elle est associée à une nouvelle usine, qui vient d'être construite à Soba, près de Khartoum. Une partie de la production soudanaise est exportée en contrebande au Tchad et en Erythrée. La gomme fournit des revenus à des petits paysans pauvres, et les acacias, dont elle est tirée, protègent le sol de l'érosion. Le cours de la gomme varie cette année entre 1700 et 2500 $/tonne, en fonction de la qualité (AFP 11 07).

Le Soudan exporte de la nourriture en profitant du boom des prix internationaux. L'agro-business se développe, par exemple dans la Jezira où des productions de blé, sorgho, haricots, melons, arachides, citrouilles, aubergines sont exportées dans les pays du golfe. En même temps, le pays reçoit de l'aide alimentaire pour le Darfour : l'an dernier, les USA ont envoyé 283 000 tonnes de sorgho équivalent à la quantité exportée par le pays, pour nourrir 3 millions de personnes démunies. Si la communauté internationale ne les fournit pas, le GoS ne le fera pas. Cette aide arrive difficilement (New York Times 09 08 ST 10 06).

Il y a 314 projets d'investissements saoudiens au Soudan dont 212 dans les services, 107 dans l'industrie et 22 dans l'agriculture. Les Saoudiens considèrent le pays favorable aux investissements étrangers avec garantie de non-confiscation sans compensation juste, pas de droits de douane sur les produits pour les investissements agricoles, mise à disposition à long terme gratuite de la terre pour les usages agricoles (Al Riyadh).

Le GoS met en place de nouveaux projets d'investissements dans l'agro business pour 5 milliards de dollars auprès des investisseurs arabes et asiatiques. Ainsi, Abu Dhabi a un projet d'investissements sur 70 000 acres au Nord Soudan (Financial Times cité par ST 06 06), les Emirats Arabes Unis sur 40 000 dans l'Etat d'Al-Jazira (ST 06 08). Le GoS cherche à attirer au moins 1 milliard de dollars pour 17 projets agricoles au Nord Soudan couvrant 900 000 hect ares, qui financeront, une fois de plus, les grands au détriment des petits (ST 16 08).

 

Adaptation du commerce au Darfour. Malgré l'effondrement de l'économie, une partie du commerce survit au Darfour,: commerce d'oranges à travers les frontières, vente de grains au PAM, construction dans les villes pour loger les humanitaires. Il est plus efficace de soutenir les marchés, important facteur de survie, que de fournir de l'aide de secours (IRIN 11 07).

 

Au cours d'une réunion des ministres des ressources hydrauliques du Soudan, de l'Egypte et de l'Ethiopie, un projet de développement de l'irrigation en Ethiopie à partie du Nil Bleu a été présenté à Londres. Le Soudan appuie ce projet, mais l'Egypte s'y oppose, craignant que d'énormes quantités d'eau soient consommées (ST 22 06).

 

La société égyptienne Mena qui a achevé un projet immobilier de 411 000 mètres carrés à Soba au Sud de Khartoum va réaliser un complexe résidentiel en association avec la société soudanaise Hayy al-Mal qui a 141 000 mètres carrés de terrain. Les Egyptiens auront 69 % des capitaux (Reuters 12 06).

 

Sud Soudan Les mesures anti-corruption bloquées. Selon Pauline Riak, responsable de la lutte anti-corruption au Sud Soudan, plus de 14 000 ont été enregistrées les 6 premiers mois 2008, mais aucune suite ne peut être donnée, le projet de loi rédigé en 2007 reste bloqué au ministère de la justice. Cette loi permettrait d'examiner les comptes en banque au Soudan et à l'étranger. De nombreux hauts fonctionnaires ont déjà été sanctionnés et Salva Kiir avait levé l'immunité de l'ancien ministre des finances pour . Il râle (Reuters 29 07).

Le GOSS veut encourager le secteur privé local et étranger à investir dans la construction de logements à Juba. Il cherche des prêts. Depuis 2005 des millions de dollars ont été dépensés pour loger ses cadres et les étrangers dans des hôtels et sous des tentes.

L'UNHCR cherche 12 millions de $ pour financer son programme d'opérations de rapatriement/réintégration d'un montant de 63,1 millions de dollars. Déjà il en a rapatrié 290 000 . Cette année, il y a une forte demande, les élections de 2009 approchent (ST 17 07).

 

Cinq contrats d'études pour un montant de 38 millions de US$ ont été signés pour 4 barrages . Il s'agit de la réhabilitation du barrage pour irrigation de Maridi et de la construction de barrages à Wau, Juba et Torit pour la production d'électricité. La réalisation est évaluée à 5 milliards de US$, financée par le GOS,-Béchir a assisté à la signature du contrat (ST 27 08).

Nekkar, Docteur en Economie

 

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