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Numéro 147 mars - avril 2008
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MJE Mouvement pour la Justice et l'Egalité, SOFA : Accord Soudan/NU/UA, UA : Union Africaine
Amnesty international 22 01 08 Résumé par VS Contexte Au Darfour, la plupart des déplacés vivent dans 65 camps. D'autres sont réfugiés dans des villes proches de leur village détruit, où ils sont abrités dans des huttes, hébergés par leur famille ou par d'autres gens. Certains sont dans la brousse où ils survivent difficilement de fruits et de céréales sauvages. Des milliers d'autres sont allés dans d'autres régions du Soudan. Les 12 camps de l'est du Tchad abritent 240 000 réfugiés. Plusieurs déplacés l'ont été de force à plusieurs reprises, de nouveaux continuent d'arriver dans des camps. De vastes régions du Darfour sont quasi abandonnées sauf par quelques nomades. Ici, millet et sorgho poussant à l'état sauvage dans l'herbe, là, des murs de pisé incendiés indiquent d'anciens villages. Les camps abritent surtout des femmes et des enfants. Là, les ONG leur fournissent de la nourriture et de l'eau mais ne peuvent assurer leur sécurité. Les déplacés jugent hostiles l'armée et la police : nombre d'entre eux, soupçonnés d'appartenir aux mouvements rebelles, ont été arrêtés à l'extérieur des camps.
Le danger rôde autour des camps Certaines zones du Darfour ont été transférées par le gouvernement à l'ALS/Minni Minawi qui a signé l'accord de paix d'Abuja de 2006. Là est Gereida, camp de 120 000 déplacés, le plus grand du Darfour. L'ALS/MM y a arrêté des Masalit qui ont « disparu ». Les corps de 8 d'entre eux furent retrouvés dans une fosse commune. Les camps de Kalma (90 000 personnes, le double selon certains) et d'Abu Shouk (plus de 50 000), sont aussi très importants. Ceux de Mosaï et de Hamadyia accueillent des arabes, Ceux de Kidingir et de Rokoro, en zone insurgée, accueillent arabes et non-arabes. On y trouve surtout des agriculteurs, mais aussi des médecins, des enseignants, des ingénieurs et même un parlementaire. La plupart d'entre eux sont administrés par des sheikhs avec parfois un système parallèle féminin de sheikha, d'autres ont une forme de police communautaire. Un demi-million de déplacés sont inaccessibles aux ONG. Les humanitaires sont agressés tous les jours, souvent détenus pendant des heures. Les janjawid ou les insurgés contrôlent les routes ( Le président de MSF a remarqué que cela arrive beaucoup plus en zone gouvernementale qu'en zone rebelle VS).
Les femmes : risque omniprésent de viol (VS a souvent parlé de ce problème. L'AMIS accompagna un temps les femmes qui allaient chercher du bois pour leur cuisine et qui étaient souvent violées par les janjawid. La force hybride, saluée par des cris de joie, a repris ce travail).
A l'intérieur des camps les fusils coûtent peu Les rebelles ont introduit dans les camps des J3 et des Kalachnikov. Le gouvernement donne quelques armes, ce serait pour tuer des opposants présumés. La couleur politique des camps est mouvante. Ici, tous sont hostiles aux groupes armés, là, ils font allégeance à un mouvement rebelle, ailleurs, ils sont partagés entre les mouvements, ce qui provoque des tensions internes, surtout quand existe une minorité MLS/MM, des Zaghawa signataires de l'accord de paix. Souvent la faction SLA/AWN étend sa domination. La plupart des camps ont réussi à diminuer les dissensions ethniques ou politiques. Dans Kalma, surpeuplé, 29 groupes ethniques, tous armés, vivent dans des conditions sordides. Des agents de sécurité empêchent souvent les gens d'entrer ou de sortir. Les jeunes y ont formé des groupes d'auto-défense par ethnie, Four, Masalit, Zaghawa, Dajo. Il y a des combats politiques mais aussi des vols et des agressions. Un revolver ne coûte que 17 euros. Beaucoup accusent le gouvernement de cette situation. Tant qu'ils ne sont pas en sécurité, ils n'abandonneront pas leurs armes qu'ils enterrent. Près de Zalingei, cinq morts en juin.
Le désespoir d'une jeune génération sans illusions Dans les camps, les écoles primaires ouvertes par l'UNICEF et les ONG sont fréquentées par 28% des enfants dont 46% de filles, mais il n'y a pas d'écoles secondaires ni de formation professionnelle. Parmi les déplacés, un million d'enfants dont 120 000 arrivés depuis avril 2006. Près d'une ville, les filles qui lavent du linge sont très mal payées et parfois même pas nourries. Avant la guerre, les garçons travaillaient dans les champs, aujourd'hui la plupart ne fait rien ; ils jouent au foot, fument de la marijuana ou sniffent de l'essence. Les groupes d'opposition recrutent sans mal ces jeunes gens aigris et frustrés. Les adolescents qui quittent les camps sont soumis à une enquête et accusés de soutenir les rebelles.
Le danger des réinstallations et retours forcés « Je suis alarmé par le transfert forcé la nuit depuis le camp d'Otash » (Holmes, secrétaire général adjoint des NU, 29 10 07 ). Le gouvernement a longtemps essayé de faire rentrer les déplacés chez eux. Leurs terres étant occupées par des arabes qui y font paître leurs bêtes, ils ont refusé, craignant de ne pas être en sécurité. Le gouvernement a signé le 24 08 04 un accord avec l'Organisation internationale pour les migrations qui garantissait le caractère volontaire et la sécurité des retours. Accord maintes fois rompu. Selon le droit international, les déplacés doivent pouvoir décider librement de rester sur place, rentrer chez eux, ou s'installer dans une autre région, en étant informés sur l'accès aux moyens de subsistance. En 2007, de rares accords furent conclus entre des mouvements insurgés et des groupes arabe, et les habitants ont pu rentrer cultiver leurs terres dans quelques enclaves sûres. Ceci est exceptionnel. Le plus souvent les gens, surveillés par les arabes, sont en captivité. Comme le dit un témoin : « Je suis retourné, il y avait trois arabes en uniforme avec des armes et des portables. Nous allions tous aux champs et la nuit nous dormions ensemble sous la garde des arabes. Quatre mois après, nous vîmes que la récolte serait bonne. Alors 7 arabes sont arrivés. Ils ont tué mon frère. On entendit d'autres coups de feu...Puis ils se rendirent à cheval dans les champs et détruisirent toute la récolte ». Autour des abris du camp d'Ardamata, des déplacés ont semé des graines sur des lopins minuscules. Pendant la saison des pluies, ils essaient de faire quelques cultures à l'extérieur. Certains partent deux ou trois jours dans le Jebel Marra, préparer la terre et semer en se cachant des janjawid, puis se réfugient au camp. Le plus souvent, des arabes occupent leurs terres qu'ils font brouter. Parmi ceux installés au Darfour occidental à Wadi Salah et Wadi Azoum, plus de 30 000 viennent du Tchad et sont considérés réfugiés par le HCR. Bien que dans son rapport, il demande que les propriétaires puissent retourner chez eux, pour ces derniers, cela équivaudrait à ratifier cette mainmise sur leurs terres. S'agit-il des arabes à qui Khartoum donna la citoyenneté soudanaise, des terres et des semences ? (Suit un long passage rapportant nos propos du n°144, déplacements forcés dans les camps vers d'autres camps ou des villages où les gens sont mal accueillis VS). Dans d'autres camps, le gouvernement a usé de carottes (incitation financière) et de bâton (fortes pressions) pour inciter les gens à partir, ce qui s'apparente à un retour forcé. Beaucoup déclarèrent à Amnesty International qu'ils n'accepteraient d'aller dans les villages de réinstallation proposés que s'ils étaient construits sur l'emplacement de leurs villages primitifs. Ils le voulaient mais leur sécurité n'était pas garantie. Le désir d'éviter la surpopulation des camps ne dégage pas le gouvernement de ses engagements. |