Numéro 147 mars - avril 2008

 

Au Sud, l'attente se prolonge

Après d'âpres négociations en décembre 2007, et la résolution apparente d'un certain nombre de points litigieux, Salva Kiir et le MLPS ont accepté de rejoindre le gouvernement d'unité nationale. Trois mois plus tard, reste toujours en suspens, notamment le statut d'Abyei, qui attise les convoitises du Nord et du Sud et se trouve au centre de leurs tensions – l'insécurité y est permanente et tout incident peut dégénérer en conflit armé - , l'absence de tracé définitif de la frontière nord-sud va considérablement gêner la bonne marche du recensement national qui doit commencer le 15 avril. Cette opération rencontre de nombreux obstacles non encore levés peu de jours avant son lancement. Depuis le début de l'année, le nombre de réfugiés et déplacés regagnant le Sud s'est considérablement accru dans la perspective du recensement. Leur retour, difficile en raison de l'absence totale de structures d'accueil, aura des conséquences considérables sur l'avenir du pays: partage du pouvoir et des richesses, participation aux élections de 2009 et référendum de 2011. L'insécurité aux abords des régions pétrolifères ne peut être jugulée par les Unités Jointes Intégrées qui ont du mal à remplir leur rôle de forces unies fiables par manque de moyens financiers et de volonté politique. Le GOSS tente de maîtriser la « culture des armes » et la corruption par une série de mesures apparemment énergiques.

Enfin, un accord de paix mettant un terme au conflit inter-ougandais pourrait définitivement contribuer à rétablir la paix et la confiance dans les régions cruellement affectées par les exactions de l'ARS et de l'armée ougandaise.

Elias

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