Numéro 147 mars - avril 2008

 

 

TCHAD

 

L'attaque de Njamena par les rebelles tchadiens venus du Soudan s'interrompit à la veille de leur victoire. Ils avaient en effet décidé auparavant d'instaurer un gouvernement transitoire formé d'un conseil dirigé par les opposants civils et les chef militaires. En pleine bataille, Mahamat Nouri, qui manquait de munitions, dit qu'il serait le chef du gouvernement provisoire. Outrés, les autres refusèrent de lui en donner et ils durent se replier. Ils devaient tenir une conférence politique. Déby en profita pour arrêter et vraisemblablement faire tuer les principaux opposants politiques. Béchir accueillit à nouveau au Darfour la plupart des rebelles tchadiens pour les avoir bien en main. Lors du sommet, début mars, de la conférence islamique qui groupe 50 Etats dont la Turquie, le Soudan et le Tchad signèrent un accord de non agression qui interdit l'utilisation de leurs territoires respectifs pour déstabiliser l'autre. Le résultat est douteux.

La mort de Gilles Polin Un véhicule de l'Eufor ayant traversé « accidentellement » une frontière Tchad-Soudan non matérialisée sur trois kilomètres, les Soudanais ouvrirent le feu. Khartoum prétend que des nomades auraient trouvé et abandonné à la mort le sergent Gilles Polin, ce qui paraît peu plausible. A la demande européenne, le Soudan fit rechercher le corps qui aurait porté une grenade – 4 nomades auraient été tués par son explosion et Khartoum réclame une indemnité de 10000 $ pour chacun. Disons-lui de régler cette somme pour chaque Darfouri mort depuis le début de la guerre.

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