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Numéro 146 janvier - février 2008
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International Crisis Group Résumé et traduit par VS La montée du conflit arabe-arabe De nombreuses tribus arabes chamelières ont le sentiment d'avoir été utilisées par le CN qui les abandonnera ou les vendra à la Force hybride. Elles voient deux possibilités, continuer leur guerre ou s'allier à la Force. Avant son arrivée, elles doivent consolider leurs gains, la terre expropriée, les armes, munitions, véhicules, l'influence politique et, de plus, être payées. Elles veulent avoir une administration locale propre en terre jadis africaine, attribuée aussi à des arabes venus de l'étranger. Elles craignent que l'argent de la reconstruction n'aille qu'aux africains. Les combats entre arabes dépendent surtout d'une lutte pour la terre « acquise ». Ainsi les combats entre Rizeigat chameliers armés par le gouvernement et Targam, auxquels les Four avaient donné des droits depuis 60 ans : beaucoup s'enfuirent dans des camps de déplacés et d'autres veulent joindre l'insurrection. Ainsi entre Salamat, ethnie à cheval sur le Tchad qui combat Habaniya, éventuellement pour obtenir une partie de leurs terres ; ces derniers ont détruit leurs villages et leurs puits afin qu'ils ne reviennent pas. Les Baggara Beni Halba avaient refusé d'être janjawid. Quand il fut question de l'arrivée des forces NU, le CN essaya de les embaucher contre elles. Ils refusèrent. Il utilisa la carotte, du pétrole allait soi-disant être exploité chez eux. Puis vint le bâton : les forces onusiennes puniraient tous les arabes, même les non coupables. Rien ne réussit. Les arabes, dont beaucoup souffrent, doivent être partie prenante aux négociations. Le CN ne les représente pas. Il faut une paix où tous les Darfouri soient d'accord pour la propriété de la terre. Le problème est de savoir qui l'aura. Toutefois les arabes responsables d'atrocités doivent répondre de leurs actes et être désarmés. Les janjawid doivent tous signer un cessez-le-feu.
Relations arabes et non-arabes Après la Résolution 1706, de nombreuses tribus arabes réalisèrent que leur rôle de janjawid est en danger alors qu'ils ont mis à mal leurs relations avec les tribus africaines qui elles, ne partiront pas. Mais les celles-ci ne sont arrivées à une alliance militaire qu'avec les modestes forces du Front Révolutionnaire Démocratique et les Forces Révolutionnaires du Front Uni. Sur le plan civil, certains arabes ont passé des accords avec les Four. Les relations entre Zaghawa et autres Darfouri ne sont pas bonnes. Sis très au nord, ils furent très atteints par la sécheresse et, lourdement armés, envahirent des régions plus au sud où ils exproprièrent des terres. La signature par certains du traité d'Abuja fut une trahison pour les Four.
Montée de la violence dans les camps de déplacés Le nombre des déplacés s'accroît, la malnutrition s'aggrave, la militarisation et la politisation des camps augmentent. Selon Eliasson, les armes se déversent dans les camps. Autour de El Fasher, les autorités locales formeraient et armeraient des groupes pour Minni Minawi, dont ils seraient sympathisants. Autour de Zalingei, en 6 mois, il y eut 20 assassinats ou tentatives d'assassinats de gens censés sympathiser avec le gouvernement. A Kalma, le gouvernement chargea des gardes-frontières de chercher les armes. 20 prisonniers furent traités en criminels et non en rebelles. Le CN, conscient de l'impact des camps sur l'opinion mondiale, presse les déplacés de les quitter et menace les ONG qui ne les y encouragent pas. Béchir a parlé de « villages modèles » où les envoyer. Certes, ils n'existent pas et leurs emplacements se trouvent très loin de leurs villages précédents. Ils ne bougent donc pas. L'armée a chassé les déplacés d'un camp proche de Nyala. (Le gouvernement a préparé une attaque massive contre les déplacés (en général) qui vise à provoquer leur élimination, selon les propres termes du Procureur général de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo VS).
Politique gouvernementale Le principal mobile du gouvernement, et donc du CN, est de gagner les élections de 2009 contre les MLPS et l'opposition (dont les rebelles VS). Pour lui, plus le Darfour sera instable, plus les élections et le référendum du Sud seront retardés.
Le gouvernement s'oppose toujours à l'union des Darfouri L ors d'une négociation entre arabes et Four /Masalit, , il considéra les arabes comme des rebelles éventuels. Les rapports entre arabes et autres africains d'un côté, et Zaghawa de l'autre; sont beaucoup plus difficiles. C'est le résultat d'une technique anti-insurectionnelle du gouvernement datant d'avant Abuja. Il parla alors du plan Zaghawa d'un « très grand Etat Zaghawa », alors que les Zaghawa étaient soutenus par le Président tchadien Déby, Zaghawa lui aussi. Maintenant que Minni Minawi fait partie du gouvernement, l'Etat a créé des localités pour lui comme pour les arabes, enlevant ces terres à d'autres. Les hommes de Minni en ont supprimé de force l'administration indigène. Khartoum, de force ou par la corruption, s'efforce d'attiser ces mauvaises relations sans réfléchir au long terme. Les dirigeants de la sécurité au Darfour ne sont pas Darfouri, ils légalisent de nouvelles frontières administratives. Le gouvernement peut se brouiller avec tout le monde sauf avec les arabes Abbala (chameliers) dont il tire ses janjawid. Ayant promis plusieurs fois de les désarmer, il en a intégré beaucoup dans divers organismes.
Trafic d'armes Sa stratégie militaire a conduit le CN a devenir le principal trafiquant d'armes du Darfour. La rupture de la confiance entre tribus pousse les leaders tribaux à chercher des armes pour protéger leurs peuples et les encourage, sous prétexte de défense populaire, à créer des milices. Ceux qui ne sont pas affiliés ou semblent soutenir les rebelles peuvent être attaqués. Selon un leader tribal, un arabe Mahamid qui a reçu des armes, « ils veulent s'assurer que nos gens restent les supporters de leur parti et ne se dispersent pas dans d'autres directions. » Le gouvernement ne contrôle pas les armes après les avoir données. Avec le déplacement et la pauvreté, le banditisme est un bon moyen pour avoir de l'argent et un statut social. « Une Kalachnikov est mieux que mille emplois payés », dit un nouveau proverbe.
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