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Numéro 146 janvier - février 2008
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Julie Flint 01 01 08 traduit et résumé par VS Un intellectuel arabe déclara à la veille du traité d'Abuja : « Les arabes du Darfour sont à 90% neutres. Nous ne pouvons continuer ainsi s'il n'y a pas d'accord.» Pourtant 18 mois après, ils le font. Le gouvernement commence à répondre, bombardements aériens, attaques terrestres, arrestation des membres de la famille. Comment les arabes qui se dressent contre lui seront-ils protégés ? Le défi arabe est dangereux pour lui. Sans leur soutien, il ne peut poursuivre sa guerre. L'armée est peu motivée, mal entraînée et démoralisée par une série de défaites. Beaucoup d'officiers déplorent les abus du partenariat avec les janjawid. Au centre de la dernière tempête, un arabe de 31 ans, Anwar Ahmed Khater, informaticien, membre de la tribu Mahamid dont est issue la plupart des janjawid de Musa Hilal, et fondateur du Front révolutionnaire soudanais (SRF). Au moins 26 de ses hommes furent tués la semaine dernière quand l'armée attaqua un de ses camps au nord-est de Zalingei.
Leurs véhicules ayant été détruits, certains s'échappèrent à dos d'âne et se réfugièrent chez des fermiers africains. Des membres de la famille d'Anwar furent arrêtés. Un officier de Sécurité dit à l'un d'entre eux: « Nous aurions dû le tuer. Il est plus néfaste qu'Abd el Wahid, il travaille dans notre zone ». Il empêche les arabes d'être janjawid. Beaucoup de Darfouri, dont Abd el Wahid, pensent qu'Anwar est le mieux à même d'unir les arabes du Darfour. Son charisme personnel et son influence tribale sont énormes, son père était le conseiller du père de Musa Hilal, un homme aussi respecté que son fils est controversé. En 2004 il commença à rallier les arabes contre le gouvernement et fut emprisonné en 2004, 2005, 2006. Gosh, chef de la Sécurité, lui dit : « Les NU vous combattront en tant qu'arabe. Si vous ne vous joignez pas à nous vous ne survivrez jamais . » Depuis il a travaillé à unir les arabes et a de bonnes relations des factions MLS dont celle d'Abd el Wahid. Un autre exemple de mutinerie arabe est celui d'Hemeti, l'un des pires chefs janjawid qui s'est rebellé en octobre à cause de la « trahison » du gouvernement, qui n'a pas tenu ses promesses de donner aux communautés arabes des services de santé et vétérinaires, de l'eau et des écoles, des compensations pour leurs tués, de payer les salaires des janjawid. Il dit que sa mutinerie a commencé après que les Zaghawa de Minni Minawi aient volé à sa tribu des milliers de chameaux et enlevé nombre de ses parents. Le sens de sa révolte est fort différent de celle d'Anwar pour la communauté internationale et les mouvements rebelles. Son passé fait de lui une figure problématique. Anwar a les mains propres, Hemeti a des armes, des véhicules neufs, des portables et dit-on des millions de dollars pour participer à une offensive contre les rebelles au Kordofan. Héméti annonça au contraire son opposition à Khartoum qui lâcha ses forces aériennes et terrestres contre lui. L'ALS d'AWN et le MJE ont signé des pactes de non agression avec sa milice. AWN m'a dit à Paris il y a un mois : « Il n'y a pas de force NU pour arrêter la tuerie de mon peuple par les janjawid et je n'ai pas de force pour les arrêter. Aussi dois-je les amener de mon côté ou les neutraliser. » La neutralisation est peut-être le maximum qu'il peut faire avec Hénéti mais il veut Anwar de son côté. Celui-ci attend que que ses programmes politiques soient clarifiés. Avec seulement quelques centaines d'hommes sa stratégie est de viser les responsables du recrutement janjawid. Pour Khartoum, il serait le pont entre les arabes et la communauté internationale.
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