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Numéro 146 janvier - février 2008
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« Béchir pratique l'art de réduire à rien les tentatives occidentales d'en terminer avec sa répression génocidaire au Darfour : il attend que l'attention soit prise ailleurs et retarde les décisions. » ( Washington Post)
L e 1er janvier 2008 la force de l'Union Africaine, Amis, devenait la Force hybride Minuad, sous autorité des NU. L'impression grandissante et exacte des Darfouri qu'Amis était favorable au gouvernement soudanais, la vigueur des campagnes en faveur d'une Force hybride les a persuadés que la Minuad aurait les moyens de protéger les camps de déplacés et de désarmer les milices. Or elle ne compte que 9000 hommes sur les 24000 prévus , pour l'essentiel anciens membres de l'Amis. Khartoum ne veut que des Africains, des Pakistanais et des Chinois, et les insurgés suspectent les Chinois de l'informer sur eux. Le manque de personnel compétent et de matériel sophistiqué dessert la Minuad, les hélicoptères sont rares. Les Etats craignent-ils que le Soudan ne continue à peindre les siens aux couleurs des NU, ce qui ferait peser un risque d'attaques par les insurgés sur les leurs? Les négociations sur le statut de la Force, ce qu'elle peut faire ou non, repris. Khartoum, entre autres, interdit les vols de nuit, exige de contrôler les mouvements de troupes d'accorder et s'arroge cavalièrement le droit d'autoriser ou de brouiller les télécommunications, prétentions que les NU rejettent. A l'heure où nous mettons sous presse, il est question qu'un accord intervienne. La pression chinoise n'y est sans doute pas étrangère (cf Affaires étrangères). Dès le 7 janvier, à 10 h du matin, l'armée soudanaise attaqua un convoi de fournitures de la Minuad clairement marqué, blessant gravement une personne et détruisant du matériel. Le ministre de la Défense argua que la Minuad: « n'avait pas informé de son itinéraire». Le Conseil de Sécurité n'incrimina que « des éléments de l'armée soudanaise » et menaça de riposte quiconque empêcherait le processus de paix, l'aide humanitaire et le déploiement de la Minuad ». Cette attitude prudente peut passer pour une velléité de résistance.
Au Darfour, d'assez nombreux arabes abandonnent le camp gouvernemental (cf. ICG et Julie Flint in Dar four). Craignent-ils d'être considérés comme janjawid et combattus par la Force hybride ? Elle n'en a pas les moyens et quand ils connaîtront sa faiblesse, cette attitude prévaudra-t-elle ? Pour Julie Flint , les NU doivent au contraire nouer des liens avec toutes les communautés, dont les arabes, « exploitées par le gouvernement et ignorées par la communauté internationale » et s'efforcer d'instaurer des cessez-le feu. Pour stopper ces défections, Béchir, avouant implicitement son autorité sur leurs milices, nomma conseiller à Khartoum, Musa Hilal, célèbre chef janjawid (cf. Dar four).
Les commandants ALS/AWN (dont le chef vit en exil à Paris) ont reçu le général Agwai, représentant la Minuad, auquel s'étaient joints les médiateurs Eliasson et Salem Ahmed. Selon certains, cet entretien aurait eu pour seul objet le déploiement de la Minuad dans les zones insurgées. Les médiateurs demandèrent aux commandants de rejoindre la négociation, en leur expliquant qu'ils ne pourraient poser aucune condition pour y participer. Ils furent renvoyés à Abd el Wahid el Nour, seul habilité à prendre des décisions. Salem Ahmed se serait même entendu dire qu'il était une partie du problème, non de sa solution. En prétendant que l'ALS est « prête à se joindre au processus politique », le service d'information des NU fait donc preuve d'incohérence.
Si l'attaque des rebelles tchadiens venus du Soudan réussissait; elle pourrait entraîner comme incidence, la chute des rebelles darfouri du Mouvement pour la Justice et l'Egalité que Déby soutient fermement. Bételgeuse
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