Numéro 145 novembre - décembre 2007

 
 

DAR FOUR

M/ALS Mouvement/Armée de Libération du Soudan, MJE Mouvement pour la Justice et l'Egalité

 

 

Force Hybride UN/UA

 

Khartoum veut une force aussi frêle et aussi tardive que possible

Le Soudan, appuyé par l'Union Africaine et l'Egypte exigea que la force ne soit composée que d'africains. Les offres de contributions africaines affluèrent. Le contributeur intéressant est l'Egypte dont les 2500 hommes apportent une logistique certaine quoique insuffisante: deux bataillons d'infanterie mécanisée, une compagnie d'engineering, une de transports, une de transmissions et un hôpital de campagne. Mais elle veut participer au commandement, qui est entre les mains d'un général Nigerian.

Le Soudan s'était engagé à accepter les forces spécialisées qui ne trouvaient pas d'équivalent en Afrique, écartant les seuls Etats-Unis qui, débordés, ne se proposaient pas. Mais pour les unes, il refusa individuellement, pour les autres, ne répondit pas aux NU. Il dit officieusement n'accepter que les Pakistanais et les Chinois comme non-africains mais se contredit parfois en acceptant des arabes musulmans. L'unité d'engineering chinoise arrive au Darfour. Les camps de déplacés de Al Salam, Al Shaak et Kalma, en attendant d'autres, manifestent contre la venue des Chinois, amis du gouvernement qui financent, grâce au pétrole, le meurtre de leurs frères. Le MJE, sensiblement pour les mêmes raisons, ne les acceptera pas dans les zones qu'il contrôle. « La Chine ne tolère pas l es critiques » , leur répondit-elle.

Chaque jour le Soudan montre une nouvelle exigence (cf. éditorial). L'envoyé soudanais aux NU se plaint : certains item du budget proposé pour la Force violent l'esprit de la Résolution, deux parties du rapport donnent l'impression de ne pas tenir compte des autorités nationales et locales, i n'y a que quatre soldats soudanais dans la Force, les NU ont donné à l'américain Lockheed Martin l'infrastructure sans enchères, les positions de leadership (tous des Africains!) ne sont pas équitablement partagées entre NU et UA. Le gouvernement vient de s'engager à donner la terre aux Nations Unies et à leur rendre les paraboles.

L'UA a nommé un Sud-Africain patron de la police, Michel F. Frye. Des progrès ont été faits dans les contrats concernant l'aviation civile, le fuel et les rations.

 

Usama bin Laden appelle à la guerre sainte contre « les envahisseurs croisés » et à monter une rébellion armée contre ceux qui les ont laissé entrer. Les ONG d'aide sont partagées sur le résultat qu'elles doivent attendre : pour certaines, elles seront mieux protégées, pour d'autres, elles seront attaquées en représailles de l'action de la Force, par les rebelles ou les milices. Les Darfouri placent un espoir trop immense dans la venue de cette force. Ban Ki-Moon est mou.

 

L'affaire de l'Arche de Zoé

L'Arche de Zoé, dans sa naïveté insondable, aurait donné des pourboires à des Tchadiens qui auraient choisi pour elle les enfants à expatrier. Par contre elle n'aurait pas donné les pots-de-vin promis à des autorités tchadiennes pour qu'elles les laissent partir. Khartoum fait un maximum de battage autour de cette affaire, prétexte des réductions en esclavage, ventes d'organes, formation de missionnaires à renvoyer au Soudan etc. Il en fait porter le poids aux autres ONG. « L'écran de l'arche masque l'échec des négociations ». Pourquoi le Quai d'Orsay n'a-t-il pas suggéré au Tchad de refuser les visas aux volontaires de l'Arche ?

 

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