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Numéro 144 septembre - octobre
2007
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D A R F O U R
A/MLS Armée Mouvement de Libération du Soudan, MJE Mouvement pour la Justice et l'Egalité
Les arabes cherchent à jouer un rôle avec les rebelles
Stephanie McGrummen Washington Post Traduit et résumé par VS Le tout nouveau mouvement arabe Front des Forces Unies Révolutionnaires (URFF) dit représenter les tribus arabes nomades, injustement assimilées aux janjawid qui veulent participer aux négociations de paix, dit al Hadi Abdel Gadir, le porte parole du mouvement dont les leaders tribaux ont refusé de rejoindre des milices janjawid. Les nomades sont devenus des victimes, parce que les routes de migration ont été coupées (en grande partie par la guerre), les relations économiques, rompues (notamment le commerce des chameaux se faisait avec le Tchad, la Libye et l'Egypte; les chameaux ont perdu la moitié de leur valeur) et les conflits tribaux accrus à cause de la prolifération des armes. L'URFF exprime la désillusion croissante des communautés arabes du Darfour à l'égard du gouvernement soudanais, ce qui est potentiellement dangereux pour Khartoum qui s'est appuyé sur le soutien arabe ou au moins sur sa neutralité dans le conflit. « Car, dit Eric Reeves , qu'a donné Khartoum aux arabes dans l'ensemble ? Il a donné aux janjawid des armes et de l'argent. Mais cela ne profite pas à la société arabe dans l'ensemble. » Abd el Gadir refusa de commenter la puissance des forces de son groupe sur le terrain mais énuméra plusieurs campagnes militaires contre le gouvernement au cours des mois précédents. Il dit que son groupe, fondé en 1999 par des étudiants de l'université de Khartoum, avait essayé de se joindre à l'un des mouvements rebelles qui l'avait rejeté, craignant que ce ne soit des espions : « Nous avons décidé que si nous ne prenions pas les armes, le gouvernement ne nous écouterait pas...Nous sommes une nouvelle génération, nous connaissons nos droits. Le gouvernement a fabriqué ce conflit qui ne devrait pas être pro ou anti arabe. » Le groupe, dont le logo est une épée traversée d'un stylo à bille, a écrit aux NU, à l'Union Européenne et au gouvernement américain. Lui s'est installé à N'djamena parce que l'on peut parler plus facilement du groupe ici qu'au maquis.
L'Armée du Front Démocratique Populaire dit que l'URFF est sa branche armée. Elle est constituée d'arabes Rizeigat, Habbaniya, Terjam, Beni Halba, et de non arabes Fellata. « Ce groupe est vital, dit notre amie Julie Flint, parce qu'il représente une jeune génération d'arabes darfouriens qui refusent de mourir pour un gouvernement sis à 1600 kilomètres, qui a toujours négligé tous les Darfouriens, arabes et non arabes. ... Que ce groupe n'ait pas été invité à Arusha montre combien les gens qui organisent le processus de paix savent peu où se trouve le pouvoir réel dans les mouvements rebelles. ». Le 11 août, ils capturèrent véhicules militaires et armes, le 13, douze soldats soudanais. « Nous avons dit au gouvernement d'arrêter les Forces de Défense Populaires (janjawid), et de laisser les gens vivre en paix ». * Tous les arabes ne sont pas du même avis : trente mille arabes sont venus du Tchad et du Niger pour s'établir dans les villages d'où ont fui les déplacés. Le gouvernement leur a donné la citoyenneté et des cartes d'identité, rendant impossible le retour des déplacés. Depuis novembre 2006, deux tribus arabes sont entrées en conflit pour une question de territoire : les Rizeigat, des nomades vachers très bien armés (janjawid ?), combattent des Turjam, originaires du Tchad, agriculteurs sédentaires et éleveurs de vaches. Après une trêve signée en février, les combats reprirent, faisant plus de 140 morts du 30 juillet au 8 août. Des interdictions de passage pour les nomades furent établies dans une nouvelle trêve. |