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Numéro 144 septembre - octobre
2007
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SUD-SOUDAN
ALPS, Armée de Libération du Peuple Soudanais,
d'abord armée insurgée, puis armée du Sud,
MLPS,
d'abord mouvement insurgé, puis parti politique,
CPA, accord de paix
Grandeur et décadence de l'accord de paix
Ban Ki Moon, secrétaire général des NU, Andrew Natsios , envoyé spécial de Bush au Soudan, ont insisté pour la mise en oeuvre du CPA. Mansour Khaled, ancien conseiller de Garang, MLPS, conseiller de Béchir, affirme : « L'échec de la mise en oeuvre du CPA affectera tout le continent africain. » A une conférence des chapitres MLPS qui comprenaient des membres de la diaspora, Salva Kiir déclara, sans autres précisions, que le gouvernement userait de nombreuses supercheries lors du référendum. Il ajouta que le Sud avec ses gouvernement, constitution, pouvoirs législatif, exécutif, judiciaire, gouvernements d'Etats et banque, peut s'administrer sans Khartoum, et que si le CPA était mis en oeuvre il accorderait une longue coexistence pacifique à tous les Soudanais. Lors d'un discours devant le Secrétaire général des NU, il affirma que la guerre risquait de recommencer. Béchir répondit en substance qu'il n'avait pas l'intention de reprendre la guerre, comme si lui devait la déclarer, et que à part Abyei, cher au coeur des Sudistes, il appliquerait le CPA.
Déploiement des troupes L'accord de paix (CPA) prévoyait que l'armée soudanaise se retire du Sud, l'ALPS du Nord, et que des unités jointes s'établiraient à des endroits précis. Le 9 juillet, date butoir, l'armée soudanaise laissait encore 13 100 hommes dans le Haut-Nil. Ce chiffre est contesté, puisque Khartoum n'inclut pas ceux qui sont «partis », ses miliciens qu'il aurait démobilisés. Le chef des NU au Sud-Soudan a déclaré à Reuter que les milices « continuent à recevoir des paiements de l'armée soudanaise. Le problème est de savoir jusqu'à quel point elles en font partie ou pas. » La remarque de Salva Kiir selon laquelle le gouvernement soudanais recrute encore des milices à Elobeya, Kordofan, laisse à penser que ce n'est pas pour le Darfour puisqu'il ajoute que c'est contraire à l'esprit du CPA (Isaac Vuni 11 07). Autre contestation, selon Khartoum dans les champs pétrolifères l'ALPS est là mais les Unités jointes n'y sont pas. Selon l'ALPS, elles y sont mais l'armée ne leur a pas remis la responsabilité de la sécurité des installations pétrolières. Autre contestation de l'armée, l'ALPS serait toujours dans le Nord, Haut-Nil Bleu et Sud Kordofan. Mais le gouverneur du Haut-Nil Bleu, un MLPS, a déclaré que la plupart des troupes de l'ALPS s'étaient retirées avant le 9 juillet. L'armée aurait ajouté qu'elle ne se retirerait pas des régions pétrolières tant que l'ALPS ne se serait pas retirée des zones contestées. Qui doit donner le bon exemple ? La Commission politique du cessez-le-feu devait examiner la situation mais a repoussé ses réunions. Peut-être ne peut-elle pas envoyer d'inspecteurs pendant la saison des pluies ? D'autre part, toujours d'après le CPA, armée soudanaise et ALPS doivent diminuer le nombre de leurs troupes. L'ALPS voudrait démobiliser 25 000 soldats. Elle attend plus ou moins pour le faire que les NU donnent aux démobilisés des outils agricoles, semences et autres pour qu'ils puissent réintégrer la vie civile. Elle dit être pressée car cela lui permettrait de se moderniser. L'ALPS aurait récemment acheté des avions (AC 23 07 07). . La frontière Nord/Sud Le sympathique expert britanniqu Douglas Johnson, l'un des membres de la commission d'Abyei, dont le dernier ouvrage The Root Causes of Sudan civil wars date de 2003, a indiqué que la frontière Nord/Sud qui existait lors de l'Indépendance, et dont le CPA, prévoit de reprendre le tracé, courait beaucoup plus au Nord qu'on ne l'imagine aujourd'hui. Le gouvernement du Sud-Soudan lui avait demandé « quelques » recherches sur le sujet. Il a retrouvé une centaine de cartes et des descriptions de frontières sous la domination britannique. Une équipe interviewe des Anciens et des chefs sur la ligne frontière.
Une nouvelle commission destinée à donner aux sudistes 20 à 30% des postes gouvernementaux, prévue par le CPA, s'est formée fin juillet. Savoir quelles positions iront aux sudistes n'est pas clair.
Pétrole Salva Kiir a rencontré le ministre du pétrole pour obtenir plus d'informations sur ses activités et ses décisions. Ce dernier créa des comités pour visiter le Sud-Soudan et promet d'y installer des magasins pour les dérivés du pétrole. Dans le même esprit pétrolier, Salva rencontra le ministre de l'intérieur, selon lequel ils auraient parlé de l'importance de déployer la police fédérale. On est un peu surpris. On imaginait que Salva aurait parlé de l'abus de pouvoir en région pétrolière qui permet d'empiéter sur les droits des autorités locales.
Relations extérieures du Sud-Soudan Pagan Amun, le secrétaire général du MLPS, qui a nommé l'affaire du Darfour génocide, a rencontré au Caire le président Moubarak et des membres de la Ligue arabe, au mécontentement de Khartoum (AC 21 07 07). Salva Kiir s'est rendu en Chine où l'on peut penser qu'il a expliqué aux Chinois que l'indépendance du Sud-Soudan n'affecterait en rien les contrats pétroliers. L'ancien président kenyan, Daniel Arap Moi, devint envoyé spécial au Soudan pour aider à faciliter la mise en oeuvre de la paix au Sud et s'occuper aussi de la diplomatie régionale. Le chef du bureau de liaison du Sud-Soudan au Caire s'est entretenu de manière approfondie avec le premier secrétaire de l'ambassade britannique, puis avec le troisième secrétaire de l'ambassade d'Australie. Riek Machar a rencontré Abd el Wahid el Nour à Paris, y compris au Quai d'Orsay ; il échoua à le faire participer aux négociations sans conditions. Il rencontra une délégation MJE à Londres.
Les peuples du Nord inclus dans la guerre du Sud Selon le CPA, les peuples du Nil Bleu et des Monts Nouba ont un droit de consultation populaire. Ils ont élu gouverneur du Nil Bleu, une région totalement abandonnée, Malik Agar, un MLPS qui était ministre des investissements au gouvernement central, accueilli par les applaudissements de milliers de gens. Il apportera démocratie, transparence, développement, ont-ils dit. Salva Kiir reproche à ceux qui ont répandu la rumeur de sa mort dans un accident d'hélicoptère puis celle de son assassinat par l'armée soudanaise, de prétendre que Khartoum veut reprendre la guerre. |