Numéro 142 - mai - juin 2007

 
 

DARFOUR

Exactions, Humanitaires, Recherche de la paix

Exactions

Selon les NU, il y a eu 110000 déplacés de plus pendant le premier trimestre 2007. Le total atteint 2 100 000.

Une femme : Les janjawid attaquent les environs du camp, tuent les hommes, violent les femmes et volent les biens. Ils utilisent des chameaux et portent des uniformes kaki. Peu avant mon départ des camps de Habila, on m'a dit à moi et à d'autres; « Femmes, si vous quittez le camp nous allons vous tuer. » Les janjawid sont à l'entrée du camp et l'armée à l'intérieur....Il faut s'enfuir la nuit. Si on part le jour les janjawid peuvent nous retrouver.

Une autre femme: Nous allons ramasser de l'herbe pour la vendre. Les janjawid montent la garde, ils en envoient deux qui s'approchent de nous. Nous partons en courant, certaines sont rattrapées et violées. Une vingtaine d'hommes violent la même femme. La dernière fois des femmes ont été capturées. Je ne sais pas ce qui leur est arrivé. Les hommes, ils leur mettent une selle sur le dos, comme des ânes. Ils l'attachent solidement sous le ventre. C'est arrivé à mon frère. Ils lui ont mis quelque chose dans le derrière pour que cela ressemble à une queue. Ils lui ont tiré sur les testicules pour que tout le monde les voie. Nous l'avons retrouvé et emmené à l'hôpital.

Une troisième femme se plaint à la police après avoir été passée à tabac par des janjawid. Elle leur désigne les responsables. La police les arrête, mais elle les revoit dans la rue. Les policiers:  « Ils sont plus puissants que nous, nous ne pouvons rien faire. » ( Témoignages recueillis par Amnesty International ).

 

Humanitaire

Les ONG internationales auraient payé en 2006 quelque 1 million de dollars pour leurs seuls visas. Plus de 400 travailleurs humanitaires ont été évacués du Soudan en décembre 2006, à cause de l'insécurité (ICG 30 04). De juin 2006 à janvier 2007, douze travailleurs humanitaires ont été tués, plus qu'au cours des deux années précédentes (Amnesty International).

Recherche de la paix

Seules les positions des deux chefs rebelles historiques sont connues. Abd el Wahid el Nour n'est pas enthousiaste pour renégocier. Pour lui, le gouvernement soudanais ne respectera pas plus un nouvel accord que les quatre précédents. Abd el Wahid se déciderait-il à traiter, il demanderait avant toute renégociation un cessez-le-feu, l'arrêt des bombardements et la présence des casques bleus comme garantie. Ses exigences principales, auxquelles le premier accord (DPA mai 2006) ne pourvoit pas suffisamment, sont le désarmement des janjawid (par les rebelles et les NU ?), le retour des déplacés dans leurs villages et dans leurs droits à la terre, une indemnisation sérieuse. Il serait favorable à l'inclusion, dans ces négociations, des tribus, y compris arabes, des représentants des déplacés et autres. Khalil Ibrahim (Mouvement pour la Justice  et l'Egalité : MJE) a une position voisine. Il demande la création d'une infrastructure socio-économique dans les villages, un mandat clair et un soutien logistique pour les forces de l'Union Africaine.

Tant que les médiateurs seront Eliasson, l'homme des NU, et Salem Ahmed Salem, l'homme de l'Union Africaine (UA), on n'arrivera à rien. Salem est très intelligent, connaît très bien le dossier. Il est aussi très corrompu par Khartoum, dont il suit aveuglément, que dis-je ?, précède les désirs. Eliasson, qui connaît moins bien le dossier, suit à son tour Salem aveuglément. Ce qu'il faut ,c'est un médiateur nommé à la fois par les NU et l'UA.

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