Numéro 142 - mai - juin 2007

 
 

DARFOUR

Le Soudan peint ses avions militaires aux couleurs des NU

Panel des experts des NU Résumés

Ce rapport, censé être confidentiel, s'est ébruité et a été publié par le Guardian, puis le New-York Time . Les Soudanais ont dit que les bombardiers présents avaient le droit d'être au Darfour et qu'ils ne peignaient pas leurs avions et hélicoptères en blanc. Ils se sont plaints de la fuite. pour laquelle LES NU SE SONT EXCUSEES !

Le panel d'experts des NU a trois objectifs : surveiller l'application de l'embargo sur les armes à destination du Darfour (résolution 1591 de 2005) ; surveiller la mise en oeuvre de l'application de sanctions ciblées à l'égard de quatre individus (résolution 1672 de 2006) ; identifier des individus qui portent préjudice au processus de paix, commettent des violations du droit international et sont responsables de vols militaires offensifs (contraires eux aussi à une résolution du Conseil de Sécurité des NU).

Actes qui entravent le processus de paix et constituent une menace à la stabilité su Darfour.

1.Violations des accords de paix et de cessez-le-feu ; poursuite des hostilités par les milices.

2. Actes destinés à prévenir les initiatives de paix des NU et de l'UA.

3. Non désarmement des milices par le gouvernement.

4. Actions destinées à exacerber les tensions.

5. Soutien aux milices et autres groupes parties au conflit.

6. Actes hostiles contre le personnel des NU, de l'UA et la police civile.

7. Absence de responsabilité des personnes qu'elles contrôlent pour les violations du droit humanitaire international et des droits de l'homme.

8. Non mise en oeuvre des résolutions du Conseil de Sécurité par des gouvernements.

9. Incursions de forces armées ou de groupes armés soutenus par un Etat dans un autre Etat ;

10. Forcer les non signataires à signer ou à ne pas signer l'accord de paix ou des protocoles avec les NU et l'UA.

Les non-signataires du DPA n'ont pas encore pu rejoindre la Commission du cessez-le-feu dont ils avaient été exclus à tort.

 

Tchad/Soudan

Lors d'un sommet en Libye, il fut décidé de réactiver l'accord de Tripoli, mais les combats des rebelles respectifs reprirent, avec un soutien ouvert de l'autre pays. Le nombre de Tchadiens déplacés passa de 92 000 en décembre à 120 000 début février. Le gouvernement du Soudan continue à fournir armes, munitions et véhicules aux rebelles tchadiens, dont des membres ont été vus à Geneina.

 

Violation de l'embargo sur les armes au Darfour

Le gouvernement soudanais continue en janvier/février 2007 à envoyer des militaires, des armes lourdes et légères, des munitions et autres équipements militaires, par la voie des airs dans les trois aéroports darfouri sans en demander l'autorisation. Des hélicoptères d'attaque survolent régulièrement le Darfour. Nombreuses précisions données. Le gouvernement soudanais a déclaré qu'il ne se sentait pas obligé de demander des permissions. Devant ces violations répétées de l'embargo sur les armes, le panel recommande d'étendre l'embargo à tout le Soudan, la vérification des armes et munitions, des certificats d'utilisation finale et des restrictions sur les items à utilisation multiple.

 

Les rebelles

La diaspora soudanaise fournit un soutien financier aux rebelles. Les frontières ouest du Darfour ne sont pas totalement surveillées par les douanes. Ces dernières ont quand même saisi en 2006, 4249 pistolets, 533 Kalashnikov, 161 851 cartouches.

Le vol de véhicules croît. Il sert à financer les activités des bandits et de groupes rebelles. Ils sont repeints avant d'être exportés. Le crime organisé est devenu un revenu pour beaucoup au Darfour et dans les Etats voisins. Certains lèvent des taxes sur les commerçants opérant entre Soudan et Libye. C'est du racket.

La Résolution 1672 du Conseil de Sécurité a désigné quatre individus pour des sanctions ciblée s. Elles ne sont appliquées ni au Soudan, ni dans les pays voisins, malgré les efforts du panel.

 

Désarmement des milices

Le DPA (accord de paix de mai 2006) prévoit que le gouvernement soudanais devait soumettre un plan d'application dans les 37 jours de sa signature. Ce plan est toujours discuté par des parties et des agences. Ces milices continuent leurs attaques, souvent en coopération avec les forces gouvernementales soudanaises.

 

Obstacles au travail des NU et de l'UA. Une histoire extravagante

Le harcèlement et les attaques contre le personnel AMIS continuent. Ils proviennent du gouvernement soudanais, du NRF, de certaines factions ALS et des milices. Ainsi, le 19 août 2006, un convoi de tankers appartenant à une société privée se rendait à El Fasher accompagné d'une escorte de transporteurs de troupes blindés. Ils furent attaqués par des hommes armés transportés par quarante-six pick-up montés de mitrailleuses et de mortiers. Deux soldats de l'escorte furent tués ainsi que quelques attaquants. Dix-huit tankers furent volés. Les attaquants étaient mieux entraînés et équipés que les soldats de l'UA auxquels manque un soutien aérien. Les attaquants parlaient français et arabe avec l'accent tchadien et leurs véhicules portaient les marques MJE et NRF. Les chauffeurs continuèrent à conduire les tankers enlevés, car cela demande une technologie assez avancée. Un des conducteurs fut tué par les assaillants. Plus tard, un colonel de l'armée tchadienne prit le commandement du convoi. Les trente-cinq chauffeurs et aide-chauffeurs furent conduits au Tchad et réunis avec des prisonniers de guerre de l'armée soudanaise. Deux s'échappèrent, d'où ces détails. Les voleurs téléphonèrent à la société propriétaire de tankers pour en demander une rançon de 175 000 $ par véhicule. Ils cherchaient des acheteurs au Tchad. La société a porté plainte contre AMIS pour protection inefficace, demandant une indemnité de 3,6 millions de dollars. (On se demande à qui était destiné le pétrole, si par conséquent la protection du convoi par AMIS était légale et si, en cas de succès de la plainte de la société, il appartiendra à l'Union Européenne de régler les dégâts VS).

 

L'utilisation d'avions peints en blanc par le gouvernement soudanais

Le gouvernement du Soudan, contrairement à ses déclarations, continue à peindre en blanc ses avions et hélicoptères militaires, pour les confondre avec ceux des NU et de l'UA. Certains portent le sigle UN peint, semblent transporter des bombes, d'autres ont un numéro de l'aviation civile et un numéro des forces armées soudanaises.

 

Violation de la loi humanitaire au Darfour

Le gouvernement soudanais procède à des bombardements aériens de lieux civils, à des attaques, viols et violences sexuelles dirigées intentionnellement contre des civils, à du harcèlement et des dénis de passage de matériel humanitaire.

Ainsi l'attaque par des janjawid de 47 villages dans la région de Buram, au Sud Darfour, de 24 villages dans la région d'Abu Sikin au Nord Darfour et dans celle du Jebel Moon, de plusieurs villages et d'un camp de déplacés. Les janjawid et l'armée soudanaise ont attaqué ensemble le village de Sirba. Les bombardements aériens de villages continuent dans tout le Darfour en violation de la Résolution 15 91.

 

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