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Numéro 142 - mai - juin
2007
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DARFOUR
Cour Pénale Internationale
Les juges de la CPI, réunis en chambre, ont émis des mandat d'arrêt contre les deux officiels mis en cause par le procureur Général. Ces hommes portent la responsabilité de l'attaque de quatre villages (plus de 200 furent attaqués) dans l'ouest Darfour en 2003 et 2004. Haroun, alors secrétaire d'Etat à l'Intérieur, aujourd'hui ministre des Affaires humanitaires, a recruté, payé, armé les janjawid ; ses quarante-deux chefs d'inculpation incluent la persécution, le meurtre et la torture. Kosheib, chef janjawid, a conduit les attaques au cours desquels des civils ont été persécutés, violées, attaqués et tués. Il est en garde à vue à Khartoum pour d'autres accusations et suspendu de son poste ; ses 50 chefs d'inculpation incluent le meurtre et les attaques intentionnelles de civils. L'affaire éclaire la connexion entre un ministre et un puissant chef janjawid et montre le système opérationnel sous-jacent qui a permis des crimes massifs contre des civils qui n'étaient même pas connus pour être mêlés au conflit. Haroun, en tant que ministre des affaires humanitaires, s'occupe toujours du Darfour à sa manière, puisqu'il gère les ONG. Le Soudan a le devoir de remettre les deux inculpés, mais se refuse à laefaire. Pour contrer la CPI, Khartoum avait instauré une Cour Criminelle spéciale pour le Darfour (SCCED). Selon l'agence officielle soudanaise SUNA, cette Cour a condamné deux soldats à être pendus pour avoir, l'un kidnappé et pris en otages des citoyens, l'autre brûlé des villages et tué un groupe de citoyens. Le vague des accusations laisse mal à l'aise. Aucun nom de personne, ni de lieu n'est cité, et l'on est surpris que deux simples soldats aient pu commettre seuls autant de crimes. Ils auraient déjà subi leur peine. Selon Amnesty International, le seul jugement rendu par cette Cour à propos d'attaques contre des civils, concerne trois hommes dont deux garde-frontières, condamnés à trois ans de prison en mai pour des vols de biens commis dans le village de Tama en octobre 2005. Personne n'a été poursuivi pour le meurtre des 28 civils pendant l'attaque. |