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Numéro 141 - Mars - avril
2007
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DAR FOUR
Reproches au Rapport du Conseil des Droits de l'homme des NU
Ce rapport résume bien ce que nous disons depuis quatre ans. C'est Khartoum qui est responsable des crimes contre l'humanité. Il y a un « mais » à nos félicitations: le rapport parle d'exactions des rebelles, mais quels rebelles sont coupables de quoi ? Certes, les hommes de Minni Minawi ont été appelés les nouveaux janjawid ; certes, Minni a torturé et parfois assassiné ses ennemis politiques. Devons-nous rappeler que Minni n'est plus un rebelle ? Le rapport précise rarement quels genres de faits sont reprochés, excepté le recrutement d'adolescents. Bien loin de nous l'idée de défendre une telle pratique. Mais quand un adolescent voit toute sa famille se faire massacrer, où va-t-il ? Il pense retrouver une nouvelle famille chez les rebelles et avec eux, pouvoir venger les siens. Il y a aussi, semble-t-il, des recrutements forcés. Bien sûr, de nombreuses petites factions sont difficilement identifiazbles. Les offensives du Front de Rédemption Nationale ont causé bien des déplacements et des souffrances. Mais autant que nous puissions en juger d'après les dépêches d'agence, les exactions gratuites semblent plus être le fait des hommes de Minni Minawi. Plusieurs personnes se sont rendues successivement depuis le début de l'année chez les MLS d'Abdel Wahid el Nour. Toutes témoignent que ses soldats paient ce qu'ils achètent sans que le commerçant en ait l'air surpris, ce qui n'est pas habituel chez les porteurs de kalachnikov ; de plus, les villageois les accueillent avec de grands cris de joie.
D'autres firent des reproches différents au Rapport du Conseil. L'Algérie, au nom du groupe arabe, le Pakistan au nom de l'Organisation de la Conférence islamique (censée protéger les musulmans partout dans le monde), et le Sri-Lanka pour le groupe asiatique, ont soutenu la demande du Soudan de rejeter le rapport. Ils furent suivis par la Chine, la Russie et Cuba. Le prétexte : la mission manque de crédibilité, elle ne s'est pas rendue au Darfour (faute de visa!). Le Soudan a tenté l'envoi d'une autre mission, « plus objective ». La Zambie, le Sénégal et le Ghana ont par contre demandé au Conseil d'agir pour protéger la population du Darfour. Selon Jody Williams, le chef de la mission, « la crédibilité n'est pas celle du rapport, mais celle du Conseil s'il décide de ne pas en tenir compte ».
A la suite du rapport, le Conseil des Droits de l'homme des Nations-Unies a décidé après moult marchandages de marquer sa préoccupation et son regret que l'équipe n'ait pu se rendre au Darfour, mais a supprimé la mention selon laquelle « Khartoum est responsable des attaques armées contre la population civile et les travailleurs humanitaires, de l'immense destruction de villages et de la violence continuelle et largement répandue ». Le Conseil a soutenu l'établissement d'un nouveau groupe présidé par Sima Simmar, Représentante spéciale du Conseil des Droits de l'homme au Soudan, pour veiller à l'application des recommandations des institutions de Droit de l'homme des NU |