Numéro 141 - Mars - avril 2007

 
 

DAR FOUR

Vers une renégociation d'Abuja?

Khartoum s'était engagé du bout des lèvres à une « réénergisation du processus » lors du sommet de l'Union Africaine à Addis-Abeba en novembre. Béchir lui-même a promis d'en renégocier certaines parties lors d'un de ses derniers refus des casques bleus.

Deux tentatives de médiation ont eu lieu. Celle de Kaddaafi et de l'Erythrée qui a mené à une réunion en Libye à laquelle, ni Abdel Wahid el Nour, le Président du Mouvement de Libération du Soudan (MLS), ni des commandants rebelles importants, n'ont été invités. Béchir vint avec un aréopage. Khalil Ibrahim, le Président du Mouvement pour la Justice et l'Egalité et du Front de Rédemption National (MJE/ FRN), déclara qu'il était prêt à un cessez-le-feu si le gouvernement arrêtait d'attaquer les civils. Le seul résultat fut une nouvelle et éphémère normalisation des relations Soudan/Tchad.

L'autre tentative vint de l'Union Africaine, comme à Abuja, mais chapeautée par les Nations-Unies. Leurs médiateurs, Eliasson et l'éternel Salim Ahmed Salim, se rendirent à Khartoum ^pour y rencontrer des représentants des tribus arabes du Darfour, une excellente initiative dont on ignore tout des résultats.

 

On s'était peu occupé en Libye d'unifier les positions rebelles. Kaddafi y avait songé, mais n'avait pas invité tout le monde. Le MLS avait auparavant cherché à fusionner ses positions, mais le gouvernement avait bombardé tous ses lieux de réunion, les empêchant de se tenir. C'est Salva Kiir qui prend le relais « à la demande des rebelles ». Il veut réunir tous les représentants des Darfouris à Juba en avril. Le MLS voudrait unifier ses rangs auparavant. Il regrette toujours l'absence de Soliman Jamous, un Zaghawa qui était coordinateur des affaires humanitaires du MLS et avait tenté une réunification des factions. De son temps, les Zaghawa ne commettaient pas d'exactions. Jamous a été arrêté par Khartoum et, fort malade, il se trouve à l'hôpital des NU à Kadugki au Sud-Kordofan, qui ne peut le soigner par manque d'équipement. Le gouvernement lui refuse tout sauf-conduit pour en sortir.

 

Commentaire désabusé du seul signataire des accords d'Abuja ,Minni Minawi : » Le parti au pouvoir (Congrès National) ne désire pas la fin de la crise au Darfour; il est largement à blâmer pour le chaos. »

 

Unir les demandes rebelles est un premier pas, mais il n'y aura pas de paix tant que toutes les parties concernées et en premier lieu, les chefs tribaux, la société civile et les milices arabes n'auront pas part aux négociations. Les difficultés de la paix du Sud nous auront au moins appris cela.

 

Article suivant
Retour au sommaire
Retour à la page d'accueil française
Retour à la page d'accueil