Numéro 141 - Mars - avril 2007

 
 

DAR FOUR

Lueur : Arabes, janjawid et faux accord de paix

Le faux accord de paix du Darfour a suscité beaucoup de rancoeurs parmi les milices arabes « janjawid. ». Minni Minawi qui était l'ennemi à abattre, un homme méprisé, se retrouve officiellement, sinon dans la réalité du pouvoir, le quatrième personnage de l'Etat. Aucun arabe darfouri n'a reçu de titre semblable alors qu'elles pensaient mieux le mériter.

Cela entraîne des conséquences. Le gouvernement leur fait moins confiance et les armerait moins régulièrement. Des arabes, comme nous le disions dans notre dernier numéro, parmi lesquels des Ma!alia, ont formé un mouvement rebelle, les Troupes des forces populaires, qui adhère aux demandes des rebelles africains. Ils harcèlent les postes de police, mais n'attaquent quand même pas les milices arabes gouvernementales. Des réconciliations ont eu lieu entre groupes arabes et groupes africains. Nous ignorons le nombre de personnes concernées.

Ce mouvement arabe devrait être encouragé tant par l'Europe que par les media. Certes, les arabes gardent toujours leurs armes. Ils craignent la vengeance des africains. S'ils redoutent la venue de forces étrangères, ce serait par crainte qu'elles les traînent devant la Cour Pénale. Ils sont offensés d'être appelés janjawid.

Pour une paix véritable, les tribus arabes devraient faire partie de l'accord. « Personne ne sera capable de les désarmer à moins que leurs chefs ne soient convaincus qu'ils puissent gagner plus de la paix que de la guerre et refusent d'être utilisés comme auxiliaires par l'Etat. »

 

D'autre part, dans le Sud Darfour, des arabes ont refusé d'appartenir aux milices janjawid. Peut-être, ayant appartenu aux milices pro-gouvernementales dans la guerre du Sud, ont-ils mieux compris dès les débuts à quoi correspondrait le travail qu'on leur demanderait. De plus, ayant un habitat moins dispersé, peut-être pouvaient-ils mieux résister aux pressions gouvernementales.

Le gouvernement prétend ne rien pouvoir faire à ce qui arrive entre janjawid et « africains », qu'il réduit à des problèmes entre nomades et cultivateurs. Pourtant, les autorités sont intervenues lors des batailles rangées qui ont opposé les nomades Habania et agriculteurs Fellata après une affaire de vols de vaches. Elles agirent immédiatement en organisant des commissions d'enquête, des réconciliations intertribales, etc.

Par contre, elles ne semblent avoir rien fait après plusieurs combats entre arabes chameliers Turjum et Rizeigat avec villages brûlés, enfants endormis tués. Les assauts continuent. Les NU s'interrogeaient sur les relations éventuelles de l'ampleur de ces combats avec la guerre du Darfour quand le leader des Turjum vint rendre visite au gouverneur du Sud-Darfour. Son peuple est attaqué par une milice arabe Rizeigat qui a des land-cruisers et des armes lourdes. Le 31 mars, elle a fait 60 morts. Ces Rizeigat sont armés par le gouvernement, les services de sécurité pensant que les Turjum ont des liens avec les rebelles du Front de Rédemption Nationale. Le leader a pris le taureau par les cornes, demandé au gouverneur une enquête sur la provenance de ces armes et la protection du gouvernement.

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