Numéro 137 - juillet- août 2006

 
 

SUD-SOUDAN

Une volée de bois vert

Riek Machar, quel dirigeant !

Le vice-président du Sud a un record de corruption, de manipulation et de scandales

John Arcuil rareok@gmail.com

Sudan Tribune

Traduit et résumé par VS

Après avoir rejoint Garang au début des années 80, Riek Machar, ingénieur de l'université de Khartoum et détenteur d'un PhD de l'université de Londres, devint son second au sein du M/ALPS. Son appétit de pouvoir le poussa à mettre en œuvre un conflit tribal entre sa propre ethnie, Nuer et celle de Garang, Dinka. Il chercha à évincer Garang en 1991, mais après avoir échoué, il déserta sans honte le M/ALPS, pour rejoindre le régime du Front Islamique à Khartoum et refusa toute tentative de réconciliation. Son armée tribale attaqua les Dinka Bor. Le gouvernement arma sa milice. Il prit Bor à l'ALPS et massacra des centaines de milliers de Dinka Bor.

Le gouvernement conseilla alors à Riek de promouvoir la partition du Soudan, pour détacher les Sudistes de Garang. Riek changea immédiatement le nom de sa faction MLPS-Uni en Mouvement d'Indépendance du Sud-Soudan, alors qu'en fait il poussait les Sud-soudanais à commettre des atrocités les uns contre les autres. Il signa un document honteux, « l'accord de paix de Khartoum », une simple propagande gouvernementale à laquelle le M/ALPS ne prit pas part. Il forma après à Khartoum un Conseil de Coordination du Sud dont 90% des membres étaient des Nouer. Il pensait que son alliance avec Béchir lui donnerait le pouvoir, mais quand il vit que le MLPS occupait plus de 50% du Sud-Soudan et faisait la paix avec Khartoum, il changea son fusil d'épaule, se réconcilia avec Garang, laissant ses milices à la merci du gouvernement ; beaucoup d'hommes furent tués.

 

Riek est très égoïste. Après avoir déserté le M/ALPS plus d'une décade, il ne se contenta pas du quatrième poste à son retour. Il exigea le troisième. Il était marié à une Anglaise aimante. Il avait des concubines et envisageait de se remarier quand son épouse anglaise mourut lors d'un accident de voiture dans des circonstances mystérieuses.

 

De retour au sein du MLPS, il sema la discorde entre Garang et Salva Kiir. A la mort de Garang, seule une marche le séparait du pouvoir au Sud-Soudan. Pour franchir cette marche :

 

1. Il devint membre de l'Assemblée Nationale à Khartoum alors qu'il a un poste constitutionnel au Sud-Soudan, ce qui est contraire à l'accord de paix.

 

2. Il manipula les nominations, essayant sans succès de nommer sa femme gouverneur du Haut Nil Ouest et l'un de ses alliés gouverneur de l'Equatoria Ouest. Il réussit à faire nommer son allié Taban Deng gouverneur du Haut Nil Ouest et sa propre femme à la commission du pétrole. Alors que les Nuer se plaignent d'être sous-représentés, sa famille a six postes constitutionnels.

 

3. Il essaie de saper l'autorité de Salva Kiir en publiant des décrets annulant ceux de ce dernier ; il quitte le Sud-Soudan quand Salva est à l'étranger malgré les ordres ; il signe des contrats illégaux ; il approuve illégalement des locations de terre aux étrangers.

 

4. Sous ses ordres, le gouvernement du Sud-Soudan ne s'occupe que de sa société privée, White Nile Corporation. Riek s'efforce qu'il approuve ses concessions, au lieu de penser à l'insécurité, au développement et aux conflits ethniques.

 

5. Il signe des contrats pour la réhabilitation de l'infrastructure de Juba pour 200 millions$ avec une société kenyane corrompue, GIBB Africa, pour celle de maisons gouvernementales pour au moins 60 000$ par maison, alors que la construction d'une nouvelle maison reviendrait à 40 000$. Il a acheté par l'intermédiaire de GIBB Africa 5 générateurs à haute vitesse pour Juba pour 13,5 millions$. Un prix qui fleure la corruption.

 

6. En violation de la notion de décentralisation de l'accord de paix, il a signé avec des sociétés kenyane et sud-africaine des contrats pour la réhabilitation de l'infrastructure des capitales régionales, sans consulter les gouvernements d'État. En violation du Manifeste MLPS pour le développement qui donne la priorité à la campagne, Riek dépense 200 millions$ en ne donnant qu'un million$ à chaque État. Que sont devenus les 190 millions ?

D'autres scandales feront l'objet d'autres articles.

 

Salva Kiir, le cabinet, et le Parlement du Sud-Soudan devraient prendre les choses en main. La vie est très difficile pour la population du Sud-Soudan et après avoir combattu courageusement pendant 21 ans pour la liberté actuelle, certains membres de l'ALPS n'ont pas été payés depuis la paix.

 

La plupart des analystes indépendants pensent que laisser au pouvoir Riek Machar, mine l'autorité de Salva Kiir, néglige les besoins militaires de l'ALPS et met en danger l'accord de paix.

 

(Riek assure une certaine fidélité Nuer, il joue les méchants avec Khartoum alors que Salva joue les gentils, il est ami avec Kony le patron de l'ARS, ce qui peut aider à une solution du problème, et rend d'autres services. Cela en vaut-il le prix ? La question reste ouverte. VS.)

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