Numéro 137 - juillet- août 2006

 
 

SUD-SOUDAN

Mise en œuvre de la paix

Selon Tom Vraaslen, Président de la commission d'Évaluation de l'accord de Paix, «  Il y a un sentiment croissant de frustration et de désappointement parmi les gens sur ce qu'ils perçoivent être une absence de progrès dans la mise en œuvre de la paix. » Il ne mentionne pas le coupable mais ajoute :  « Les parties violent clairement l'accord. Je me réfère à la question d'Abyei et à la commission pétrolière » Là, c'est la faute de Khartoum.

La démarcation Nord Sud doit permettre de savoir quels champs pétroliers doivent avoir leur revenus partagés entre le Nord et le Sud, où votera-t-on les élections parlementaires de 2009 et qui, le référendum d'autodétermination. Khartoum refuse de financer la Commission comme prévu par l'accord de paix

Après une première rencontre acrimonieuse, le Congrès national a refusé tous pourparlers avec la commission pétrolière dont le mandat inclut la production pétrolière, que Khartoum ne veut pas divulguer et les contrats pétroliers, ce qui est plus étonnant compte-tour de la bagarre Total /White Nile.

L'armée soudanaise soutient toujours dans le Sud ses milices qui jettent le désordre etc.

 

La situation

A dministration- Vingt cinq juges des différentes juridictions ont été nommés. Salva Kiir leur a demandé de poursuivre tout officiel gouvernemental soupçonné de corruption, sans crainte ni traitement de faveur (Lire Riek Machar).

La police s'en voit beaucoup. La foule massacre tout chauffeur qui a tué accidentellement. La police se fait tuer quand elle essaie de séparer des sections de tribu en bagarre pour des vaches. Beaucoup de femmes sont en prison : elles ont commis l'adultère, leur partenaire peut payer la compensation, mais les femmes n'ayant pas d'argent, la prison est leur lot ; autre raison d'emprisonnement, elles veulent divorcer, ce qui obligerait leur famille à rendre leur dot, souvent déjà dépensée pour le mariage de leur père ou de leurs frères, et la famille les fait mettre en prison sans jugement pour les forcer à changer d'avis. Un mari qui les bat, n'est jamais poursuivi.

Khartoum aurait eu 149 000 fonctionnaires dans les villes de garnison du Sud qu'il contrôlait. Le MLPS en avait 55 000 dans les régions « libérées ». Il faut harmoniser ces plus de 200 000 personnes après qu'on ait enlevé les « fantômes » et les gens travaillant peu de temps.

Une université sera ouverte à Aweil cette année.

 

S écurité, M ilices- Salva Kiir a inspecté la situation sécuritaire à Rumbek où six personnes furent tuées et trois autres blessées à la suite d'une dispute, entraînant des agences des NU à arrêter leurs activités. Selon Sudan tribune, il n'y eut pas de discours de bienvenue et chacun était debout, attendant les ordres. Au Bahr el Ghazal Nord, il a annoncé la venue de la Commission pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration. Il a rappelé que les milices sudistes [pro gouvernementales] devaient rejoindre soit l'armée gouvernementale, soit le MLPS et que ceci était leur dernière chance après quoi il utiliserait la force pour les désarmer.. Ces milices menacent le développement du Sud-Soudan.

 

Éducation- Après 20 ans de guerre le système est détruit ; l'arrivée des réfugiés et déplacés aggravera encore le problème ; seule 25% de la population serait capable de lire et d'écrire. Seuls 20% des enfants iraient en classe, dont 35% de filles. Sur une population estimée à 7,5 millions d'habitants, seules 500 filles auraient achevé leur éducation primaire. L'UNICEF avait un ambitieux programme pour la rentrée mais n'a reçu que 2,1 millions de dollars sur les 19,6 millions dont il a besoin. Le PAM se propose un programme de constructions de 25 écoles. Il en construit quatre grâce à des donations reçues en 2005.

Les enseignants sont un autre problème. Actuellement la moitié d'entre eux n'aurait aucune formation professionnelle. Les autorités ont déclaré leur volonté d'engager des professeurs déplacés au Nord, et 400 d'entre eux se sont portés volontaires ; [toutefois la plupart connaissent mieux l'arabe que l'anglais, langue d'enseignement au Sud-Soudan VS].

Le Kenya a déjà 130 enseignants au Sud-Soudan, il doit envoyer bientôt 200 enseignants primaires et il semble que des ONG kenyanes se préparent à envoyer des enseignants du secondaire (Xinhua 06 07).

 

Retour de réfugiés Début juillet 10 000 réfugiés furent rapatriés par l'UNHCR. Ils sont 350 000.

 

Décision politique- Salva Kiir s'est rendu dans l'État des Lacs, à Rumbek. Il a donné l'ordre de ne pas accepter la démission d'un ministre du Congrès National qui voulait s'en aller car on ne tenait aucun compte de ses plans de réhabilitation des projets agricoles dans la région.

 

Santé- Selon les NU, des maladies tropicales négligées ont refait surface, la lèpre, l'éléphantiasis, le kala-azar, la cécité des rivières, la maladie du sommeil, le ver de Guinée, l'ulcère de Buruli. Avec la paix beaucoup de cas sont découverts dans des communautés naguère isolées. Pour contrôler ces maladies, il faut un système de santé qui fonctionne, ce qui est problématique au Sud-Soudan (IRIN 12 07).

 

Vie Sauvage Elle revient dans les forêts du Sud-Soudan après être partie pendant la guerre dans les pays voisins. Des troupeaux de 60 éléphants ont été vus. Leur retour est peut-être dû à la sécheresse au Kenya (Sudan Tribune 12 07).

 

Christianisme, Ordres et congrégations religieux - Une délégation de l'Union des Supérieurs généraux et de l'Union Internationale des Supérieurs générales s'est rendue au Sud-Soudan pendant trois semaines. Ils ont préparé un rapport. C'est la première fois qu'ils unissent leurs efforts pour venir en aide à un pays ( La Croix , 26 06).

 

Radio - La mission des NU au Soudan a inauguré une station de radio, radio Miraya, destinée à mieux faire connaître l'accord de paix. Mais contrairement à son engagement; Khartoum a refusé qu'une telle station soit ouverte dans le Nord.

 

Tensions tribales- Arrestation du gouverneur de l'Equatoria de l'Ouest Patrick Zamol. La raison officielle est une enquête sur les conflits intertribaux dans son gouvernorat. Certains pensent qu'il s'agit d'un règlement de compte entre Dinka et Équatoriens à cause de faits ayant eu lieu pendant la guerre. Patrick Zamol avait lui-même demandé en mars au Conseil des Églises d'être médiateur dans le conflit inter tribal. Ce qui eut lieu. D'autres sources disent qu'il est accusé de corruption. Cette arrestation peut relancer les tensions tribales. Après une pétition en sa faveur de la communauté Zande mondiale, Patrick lui-même a appelé les gens à rester calmes et à attendre les résultats de l'enquête.

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