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Numéro 137 - juillet- août
2006
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Raccommodement inattendu Tchad Soudan ?
Selon de récents rapports d'UNHCR et d'Amnesty International, les attaques de janjawid soudano tchadiens contre des Tchadiens sont devenues plus systématiques et mortelles depuis 4 mois. Aux anciennes formes d'attaques, vols de troupeaux avec meurtres des bergers, se sont ajoutées des attaques de village au cri de « Mort aux Noirs ». Les janjawid sont armés par le gouvernement soudanais et lui obéissent, bien que les dernières attaques n'aient pas été soutenues par l'armée soudanaise, contrairement à celles de janvier/février. L'accord de Tripoli en février avait théoriquement arrêté les agressions. Le Tchad redoute que les janjawid préfèrent leur installation chez lui à un désarmement.
Coup de théâtre : Lam Akol, ministre MLPS du gouvernement soudanais est venu à Paris demander à la France au milieu, selon son habitude, de discours favorables au parti du Congrès National (Béchir), d'intervenir pour réconcilier le Soudan et le Tchad. Lui a-t-on demandé à Paris si Khartoum avait recherché l'avis de la France avant d'envoyer des troupes attaquer N'djaména en avril ? Il semble que, ajoutée aux pressions de Gadhafi, l'intervention fut efficace. D'autant que Minni Minawi, risquant d'être nommé au 4 ème poste de la République par Béchir, selon l'accord de paix du Darfour, et combattant aux côtés du gouvernement, ne soutiendra plus Déby. Ce dernier devrait craindre une nouvelle tentative du Soudan de se débarrasser de lui. Les motivations soudanaises sont plus obscures. Malgré les attaques janjawid contre le Tchad, le ministre des Affaires étrangères tchadien est venu à Khartoum qui abandonnerait le rebelle tchadien Mahamat Nour. C'est lui qui avait été envoyé par le Soudan attaquer N'djaména. Un accord est intervenu pour la formation d'un comité joint qui dissiperait les disputes. On parle de reprise des relations diplomatiques. |