|
Numéro 137 - juillet- août
2006
|
LE FRONT EST
Pourparlers de paix :
La délégation gouvernementale sous la direction de Mustafa Osman Ismaïl, ancien ministre des Affaires Étrangères comprenait deux MLPS, le ministre des investissements, Malek Hagar et Yasir Arman. A Asmara, la déclaration de Principes s'inspire largement de ce qui a été fait au Darfour : comme là il n'y a pas de milices cela ne rencontre pas les mêmes oppositions. Sont mis en avant, le respect de la diversité, la lutte contre la marginalisation, un partage équitable du pouvoir et des richesses Immédiatement sont décidés la levée de l'État d'urgence, la libération des prisonniers de guerre et prisonniers politiques et un cessez-le feu. Le libre accès de l'aide humanitaire n'est pas mentionné. Le cessez-le-feu semble devoir être surveillé par un comité tripartite, gouvernement soudanais, Front Est et gouvernement érythréen ; ce n'est pas assez clair. Contrairement aux pourparlers de paix du Sud et du Darfour, la société civile sera impliquée dans les pourparlers et la mise en œuvre de la paix.
La Déclaration de Principes fut signée après seulement 6 jours de pourparlers. Les NU étaient là en observateurs, une demande clé des rebelles qui redoutent leur manque d'expérience en négociations, mais, malgré leur désir, personne d'autre de la communauté internationale, ni la presse ne furent invités. Khartoum veut minimiser l'attention internationale. Les rebelles se sont inquiétés aussi du départ du MLPS de leur région, prévu par l'accord de paix du Sud. On peut voir dans la coïncidence temporelle et dans la présence de MLPS aux négociations, la preuve que ce mouvement approuve l'approche de Khartoum. La médiation érythréenne, sur laquelle insistaient les rebelles, fut difficile à cause des mauvaises relations Érythrée Soudan. Elles se sont améliorées depuis que le MLPS est dans le gouvernement d'unité nationale. Le Mouvement pour la Justice et l'Égalité (MJE)), rebelle darfouri islamiste, a insisté pour être invité avec un siège à la présidence de la médiation, et menacé de saborder les débats s'il ne l'était pas-, l'Érythrée le refusa. Il a attaqué un convoi gouvernemental le 2 mai. Il fit preuve de qualités militaires inattendues, utilisant le terrain et les tempêtes de sable qui empêchent les hélicoptères gouvernementaux d'intervenir. Tout cela montre les ambitions nationales et les capacités de nuisance du MJE. Les pourparlers reprendront le 17 juillet. |