|
Numéro 136 - mai - juin 2006
|
TCHAD
Point de vue d'International Crisis Group
L a crise tchadienne s'inscrit dans un triple contexte, une crise fiscale, due au détournement systématique des revenus de l'État, une radicalisation des oppositions liée à la succession du Président Déby, la guerre du Darfour devenue transnationale à cause de l'implication des Zaghawa, l'ethnie du Président. Dès le printemps 2004, les rebelles tchadiens ont trouvé un soutien soudanais pour les cantonnements, l'armement et le financement quand ils acceptaient de faire le coup de feu contre les rebelles darfouri. Déby s'est associé en grande pompe en janvier 2006, aux chefs Zaghawa du soulèvement darfouri, Minni Minawi et Khalil Ibrahim, qui n'avaient pas de projet darfouri et ont tenté d'empêcher la signature d'un accord au Soudan quand le gouvernement soudanais et la faction ALS d'Abd el Wahab étaient disposés à aller de l'avant. A N'djamena, sauver les Zaghawa est loin des préoccupations de la population dont ils ne forment que 2%. Malgré, au Tchad, des conjonctions d'intérêts, des liens personnels, des affaires plus privées, la France ne veut pas se voir impliquée dans un conflit entre Tchad et Soudan. Elle était mécontente des accords de janvier 2006 car elle faisait tout pour protéger le Tchad de la contagion du Darfour. C'est dans cet esprit que lors de l'attaque de N'djamena venue du Darfour via la frontière centrafricaine, son armée a joué un rôle essentiel par ses renseignements et son appui logistique, sauvant la mise à Déby (01 06). |