Numéro 136 - mai - juin 2006

 

Situation humanitaire : de mal en pis

Cinq handicaps à la veille de la saison des pluies et de la soudure

D'après Le Figaro 18 05, interview Egeland

Argent

Les donateurs se lassaient, ce qui avait réduit les rations de moitié. Les cinq premiers mois de 2006, le PAM n'a reçu que 42,6% de ses besoins. Grâce à une aide récente, ils devraient être satisfaits à 84% de juin à septembre.

Insécurité

Quatorze mille travailleurs humanitaires essaient d'aider plus de trois millions de personnes.

L'insécurité est leur problème essentiel. Tous les jours ils ont des incidents, embuscades, enlèvements, harcèlement, vol de matériel. Ils tiennent encore. Plus de 700 000 personnes n'ont pas accès à l'aide humanitaire, faute de sécurité, selon des agences onusiennes. Une femme se bat dans un hôpital parisien pour sauver son bras blessé lors d'une attaque. L'armée soudanaise peint ses véhicules en blanc comme l'UA, ce qui pousse les rebelles à les attaquer.

Action gouvernementale

Les officiels locaux bloquent les livraisons de fuel et le mouvement des travailleurs humanitaires est restreint. De manière générale il y a un vrai cauchemar administratif avec des problèmes sans fin pour obtenir permis de séjour et visas.

Le pays

Cinq semaines sont nécessaires pour rejoindre en camion el Geneina depuis Port-Soudan. Il est très difficile de trouver de l'eau. On est parfois bloqué un jour par une tempête de sable. Il faut supporter 40° à l'ombre, les insectes sont innombrables.

La guerre s'étend

Une crise s'est développée en connexion avec le conflit du Darfour qui inclut maintenant le Tchad de l'Est et la République Centrafricaine.  

 

(Jan Egeland, secrétaire adjoint des NU pour les affaires humanitaires, s'était vu interdire l'accès au Soudan par Khartoum après que les NU aient émis l'intention de remplacer l'UA au Darfour. Vivement admonesté par la communauté internationale, le gouvernement soudanais déclara qu'il s'agissait de le protéger de la fureur des foules contre l'intrusion onusienne et l'a finalement autorisé à venir. Dans un camp du Darfour il fut pris à partie et on dut l'exfiltrer. La cause était différente, le mécontentement des déplacés pour l'accord de paix. A qui le crime profite-t-il ? VS)

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