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Numéro 136 - mai - juin 2006
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DARFOUR
Pourparlers de Paix
ACCORD DE PAIX DU DARFOUR (Résumé)
(Avec ce texte, confus et incomplet, si seul Minni Minawi signe, a-t-il tous les postes réservés aux rebelles ? Les forces de l'UA ont des responsabilités qui dépassent leurs possibilités. En-dehors des camps, rien n'est prévu pour la protection des civils. Les janjawid continueront à sévir et les rebelles se battront entre eux).
Partage du pouvoir Les rebelles obtiennent un poste de Senior assistant du Président de la République , choisi par lui dans une liste de quatre noms, soumise par l'ALS et le MJE ( Combien chacun ?) . Quatrième personnage de l'État, il conseillera le Président sur tous les points relatifs au Darfour. ( Ce dernier sera tenu de l'écouter, non de lui obéir) . Le Senior assistant présidera la fort importante Autorité Régionale de Transition (TDRA) au Darfour (mais les pouvoirs de son Président ne sont pas spécifiés). Le TDRA « au sein duquel les rebelles seront effectivement représentés » ( le plus souvent sans plus de détails), coordonnera la mise en œuvre de la paix, la restauration de la sécurité, le retour des réfugiés et déplacés et couvrira les commissions et fonds spécialisés, les Commissions de Réhabilitation et Retour qui travailleront avec les NU, de la Terre , de la mise en œuvre de la Sécurité , de la Paix et Réconciliation et des Compensations . Le Senior assistant soumettra, après consultation, au Président de la République des candidats pour diriger les Commissions. (Il n'est pas dit que Béchir doive les accepter ). Une mission d'évaluation jointe déterminera les besoins de reconstruction et de développement du Darfour. Une série de postes dans diverses institutions sera attribuée au Senior assistant et à des délégués rebelles. (De quelle rébellion ?). Leur nombre ne menacera en rien la suprématie du Congrès National, le parti du Président. Comme prévu par la constitution, dans trois ans auront lieu des élections sous supervision internationale. Qui les gagnera gouvernera le Darfour. Un référendum aura lieu un an après pour décider si le Darfour doit continuer à être divisé en trois États fédérés, ou n'en former qu'un. En attendant un gouverneur d'État sera un ex-rebelle ainsi que les deux autres vices gouverneurs d'État (appartenant à quel Mouvement ?) .
Partage des richesses Les responsabilités fiscales resteront dans les mains des gouvernorats. .Khartoum devra verser 300 millions de dollars au Darfour la première année puis 200 millions les deux années suivantes pour la Reconstruction et le Développement auquel un Fond spécial sera attribué et dont le chef fera partie du TDRA. Khartoum devra verser aussi 30 millions de dollars de compensations aux personnes ayant subi des dommages. ( Le seul total des déplacés/ réfugiés s'élève à 2 800 000, en ajoutant les autres personnes lésées, cela fait moins de 10 dollars par tête pour reconstruire les maisons, acheter le bétail, purifier les puits etc.) . Une commission de Compensation se composera de personnes nommées par les parties et de membres des communautés affectées, chefs tribaux, etc. (Qui choisira ces derniers ?). Cette Commission mettra au point les principes (Qui se chargera de leur application ?). Les droits tribaux à la terre seront respectés. Deux commissions, l'une fédérale, l'autre fédérée, de la Terre seront établies. ( La planification de l'utilisation de la terre sera décidée par les gouvernements du Darfour). Des Comités de Réclamation de Propriété s'occuperont de toutes les disputes de propriété. (La loi décidera qui en est membre) etc. L'accord engage la communauté internationale à tenir une conférence de donateurs qui promette des fonds additionnels. Un processus (pas décrit) surveillera le flot d'argent de Khartoum au Darfour.
Sécurité Une commission et des sous-commissions de cessez-le-feu seront créées. Des représentants de l'Union Européenne, des Etats-Unis et des Nations Unies serviront d'observateurs soutenant les forces AMIS de l'Union Africaine. Les violations seront publiées et « les auteurs recommandés pour punitions ». Est créée aussi une Unité de Surveillance et Facilitation qui surveillera l'humanitaire et le respect des droits de l'homme. Les Forces armées soudanaises et les Forces rebelles auront leurs zones séparées par des zones tampons ; les Forces de Défense Populaire seront réduites (de combien ? mais non désarmées). Le gouvernement soudanais sera responsable des janjawid ( qui n'existaient pas pour lui!) ; il les cantonnera, leur retirera leurs armes lourdes et leurs véhicules ; leur désarmement sera achevé mi-octobre. ( Garderont-ils leurs armes légères ?) . AMIS vérifiera. (Comment vérifiera-t-elle que les armes ne sont pas enterrées dans le désert en attendant la fin du contrôle ?). Des Zones démilitarisées seront établies autour des camps de déplacés et sur les routes de fournitures humanitaires. La sécurité des camps sera assurée par AMIS (mais les jugements si besoin est, par le gouvernement. Tout autre problème de sécurité des civils relève du gouvernement soudanais, le grand criminel). Il n'est pas prévu que le rôle de l'UA en matière de sécurité puisse être repris par les NU. Parmi les forces rebelles, 4000 hommes seront intégrés dans l'armée, (dont un nombre important parmi les officiers), 1000, dans la police et 3000 suivront une formation (offerte par le gouvernemen t) pour aider à la reconstruction et au développement.
Dialogue et conférence Darfour-Darfour (DDDC) Cette institution servira de mécanisme consultatif qui donnera son avis sur les matières non contenues dans cet accord, concernant les relations entre Darfouris, en recherchant l'entente générale. ( Elle n'a aucun pouvoir pour faire appliquer ses décisions).
Historique Lors des négociations l'Armée de Libération du Soudan, (ALS) était représentée par deux hommes, Abd el Wahab el Nur et Minni Minawi. Le chef du Mouvement pour la Justice et l'Égalité est Khalil Ibrahim.
Salva Kiir qui avait proposé ses bons offices fut écarté. Un premier texte de projet d'accord mentionnait le désarmement des janjawid, sans citer de date limite, parlait de protection des civils, sans préciser qui en est chargé et ne disait pas combien de rebelles seraient acceptés dans les forces armées soudanaises. Il était rédigé en anglais et en français. Les rebelles, protestèrent, beaucoup d'entre eux ne connaissaient, à part leur langue maternelle, que l'arabe, la langue officielle du Soudan et n'eurent que deux jours pour lire le texte arabe, en peser chaque mot et en percevoir tous les manques. Les rebelles refusant tous de signer, le sous-secrétaire d'État américain Zoellick et la ministre britannique Hilary Benn arrivèrent à Abuja. Ils obtinrent des concessions pour les rebelles qui reçurent une lettre de Bush. Sous une pression diplomatique plus qu'intense, le nouveau texte fut proposé aux rebelles. Seul Minni Minawi signa. Les Four sont beaucoup plus nombreux, mais les Zaghawa, donc Minni, ont beaucoup plus de soldats. C'est pourquoi toutes les dépêches d'agence les appellent, à tort, « la principale faction rebelle ». Selon International Crisis Group , Minni accepta parce qu'il avait appris que, faute de quoi, l'armée et les milices soudanaises lanceraient une très importante offensive contre lui ; d'autre part le nouvel accord de paix prévoit l'inclusion de nombreux rebelles dans l'armée, et comme il a plus de soldats, cela l'intéressa. Le monde presque entier se félicite de ce piètre résultat. Les partis d'opposition de Mahdi et de Tourabi dirent en substance que rien n'est fait tant que tous n'ont pas signé. Sur ce, le porte-parole de Minni déplora qu'il ait signé sous une trop forte pression : on l'aurait empêché de dormir et de contacter ses conseillers. Personne n'y prêta attention. Abd el Wahab résista aux pressions de toutes sortes. Khalil Ibrahim fut moins sollicité : son mouvement est très petit.
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