Numéro 136 - mai - juin 2006

 

OPPOSITION   : Foucades de Tourabi

Hassan el Tourabi, ancien idéologue du régime, fut limogé par Béchir en 2000 et fut libéré de nombreux séjours en prison et en résidence surveillée par la fin de l'État d'urgence dû à la paix du Sud. Fondateur, lors de sa disgrâce, du Congrès populaire (CP), à ne pas confondre avec le Congrès National, Tourabi a accordé à la télévision al-Arabya une interview qui suscite une tempête dans un verre d'eau. Il fit des confidences sur la tentative d'assassinat du Président Moubarak en 1995 en Éthiopie, où le Soudan est accusé d'avoir mis la main en formant les Égyptiens responsables et que Béchir voudrait oublier. S'il eut la prudence de blanchir Béchir, Tourabi déclara que des officiels soudanais toujours au pouvoir étaient impliqués, mais refusa de donner les noms. Tourabi a semblé dire qu'il avait été consulté. (ST 25 03). Après leur brouille, Béchir avait confié à Moubarak que c'était Tourabi le responsable.

Tourabi a ailleurs déclaré que les musulmanes pouvaient diriger des prières mixtes, cela s'était fait du temps du prophète, épouser un chrétien ou un juif, l'interdiction était venue pendant des guerres saintes, et que leur parole devant les tribunaux valait celle d'un homme. La soi-disant supériorité des hommes sur les femmes vient de leur spécialisation, ce qui n'est pas une supériorité. Il engagea les femmes à jouer un plus grand rôle dans la société (ST 11 04). Il est poursuivi en justice pour apostasie (JA N° 2362). Depuis, il a affirmé qu'une femme ou un chrétien pouvait devenir Président de la République.

Maintenant il appelle au renversement du régime par un soulèvement populaire : l'accord de paix du Darfour, signé sur pressions américaines, manque de bases légitimes (ST 18 05).

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