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Numéro 136 - mai - juin 2006
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Enquête sur la mort de Garang
Un sac de nœuds
N ous n'avons pas pu obtenir le rapport. Les heureux élus qui l'ont eu sont tous d'accord, il attribue la faute au pilote qui a volé la nuit trop bas et non au problème d'instruments que soulevait dans notre numéro précédent, le projet de rapport publié par l' East African. D'après Sana Abbas du journal d'opposition khartoumois el Ray al Aam, il y eut désaccords entre l'enquêteur américain et l'Ouganda auquel il demanda de remettre au comité technique toutes les coupures de presse en rapport avec l'accident. Refus. Il déposa une plainte officielle auprès du Président Museveni. Sans plus de succès. Il demanda au gouvernement ougandais des réponses à 47 questions concernant, le nombre d'instruments sur l'hélicoptère, le réexamen d'une partie de l'épave, le nombre et les noms de tous les Ougandais et Russes qui s'étaient occupés de l'entretien de l'hélicoptère. Sans résultat. On peut penser qu'il n'y avait ni transparence ni coopération dans le contrat d'entretien et qu'il n'est pas certain que l'équipe de surveillance ait vérifié le travail des Russes, ni que les ingénieurs ougandais censés le faire, en aient été capables selon Watts Roba, un journaliste de Sudan tribune. Autre désaccord entre le chef de l'équipe d'enquête soudanais et les Ougandais. Il parla de la disparition d'instruments vitaux de l'épave, (cela suggère des manœuvres douteuses). Il dit que l'Ouganda avait choisi de retarder le travail de l'équipe « pour des raisons inconnues ». L'Ouganda nia catégoriquement mais continua à refuser de donner les informations. Après un jour et une nuit passés à débattre de leurs différends, les équipes se sont mises d'accord pour inclure des amendements ougandais. Watts Roba voit plusieurs points mal éclaircis. L'accident a eu lieu le 30 juillet, l'hélicoptère avait été livré le 21 après sa révision et n'avait volé que 20 heures depuis. C'était son premier vol de nuit, de plus le ciel était nuageux et l'avion survolait les Monts Imatong. Museveni a dit avoir utilisé plusieurs fois cet hélicoptère qui était bien équipé. Ce n'était pas, que l'on sache, après la révision. Selon le rapport, le pilote aurait risqué sa vie en ne se basant pas sur les indications des instruments, et ce dans des conditions difficiles. La seule explication semble être que les instruments ne fonctionnaient pas. Des experts pensent que l'hélicoptère aurait volé la nuit à l'aveugle sans même un altimètre. La publication de ces commentaires n'a donné lieu à aucune agitation. |