Numéro 136 - mai - juin 2006

 

Le développement pétrolier dans le Haut Nil Est

ECOS (traduit et résumé par VS)

Impact dans le Bassin de Melut

Les sources de cette investigation préliminaire sont les récits des habitants corroborés par des photos satellites et, parfois, différents rapports officiels. Depuis le début de la guerre en 1983, il n'y eut aucune présence internationale constante. Le comté de Melut, à l'Est du Nil Blanc et au Nord de la Sobat , abrite pendant la saison des pluies les marécages Machar couverts par la concession pétrolière de Petrodar. Au début de la saison sèche des rivières temporaires y coulent d'Est en Ouest vers le Nil. La région est riche en pétrole, mais ses habitants sont extrêmement pauvres. ECOS avait publié un rapport en mai 2002 montrant que le développement pétrolier dans le Haut Nil Ouest s'était accompagné de meurtres, déplacements forcés, pillages, villages brûlés. Il en est de même ici.

 

HISTORIQUE

Pendant la guerre

Après Chevron et Gulf Petroleum, en 2000 les blocks 3 et 7 du bassin de Melut furent attribués finalement à Petrodar, (le chinois CNPC 41%, le malaisien Petronas 40%, le soudanais Sudapet 8%, le chinois Sinopec 6%, et al Thani Corporation des Émirats Arabes Unis 5%). En 2003 Petrodar découvrit des réserves prouvées de plus de 3 milliards de barils, et en 2004, de 1,06 milliards de barils Une infrastructure impressionnante fut construite avec un important terrain d'atterrissage, des centaines de kilomètres de routes surélevées et un oléoduc.

Les exactions commencèrent dès après le départ de Chevron en 1991. Bien qu'il n'y ait pas eu de menace directe de l'ALPS, destructions de villages, sans avertissement, par l'armée soudanaise, et des milices Dinka ou Nouer soutenues parfois par des hélicoptères et des bombardiers de l'armée. Près de la moitié de la population mourut de maladie, de faim et de coups de feu. Des jeunes filles furent prises comme concubines pour l'armée, des vaches volées. L'armée menaça finalement de mort toute personne trouvée dans la région où travaillaient les Chinois. Quatre mille villageois allèrent donc près de Paloic. Après le cessez-le feu de juillet 2003, pour chasser les gens on utilisa les menaces, l'emprisonnement et la torture. Ceux qui restèrent virent leurs villages attaqués et brûlés. Le total des villages détruits s'élève à 168. En juin 2004, le gouvernement viola l'accord de cessez-le-feu en augmentant ses troupes de 700 hommes.

 

Depuis l'accord de paix le 09 01 05

Contrairement à cet accord, dès fin janvier la milice Deng Guer engagea 400 hommes supplémentaires ; elle attaqua et brûla des habitations. Le gouvernement voulut vider Paloic de ses quelque 4 à 5000 déplacés et exigea qu'ils soient emmenés à Bény, rebaptisé Nouveau Paloic, un lieu marécageux. Les chefs demandèrent des matériaux de construction ou une compensation. Ils furent arrêtés et battus. En février 2005, des milices gouvernementales attaquèrent deux positions ALPS et brûlèrent des villages. L'armée établit au moins 9 garnisons le long de la Sobat etc.

Au cours de l'année 2005, l'implantation graduelle d'autorités politiques venues du MLPS, poussa des miliciens à disparaître. La situation de la population Dinka s'améliora beaucoup mais le rapport entre forces gouvernementales et ALPS dans les champs pétrolifères est toujours très largement en faveur du gouvernement. Les nombreux points de l'accord de paix sur les champs pétrolifères sont restés lettre morte.

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