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Numéro 134 - janvier - février
2006
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SAUVER LA PAIX A L’EST
| International Crisis Group Le conflit entre le gouvernement et le Front Est risque de devenir une
nouvelle guerre majeure si le Mouvement de Libération du Soudan
(MLPS) se retire comme prévu de l’Est. La compétition
pour remplir ce vide pourrait amener des troubles urbains, des représailles
et pire. Cependant il existe aussi une chance de paix. En tant que partenaire
du gouvernement d’Unité nationale, avec des troupes dans
l’Est, le MLPS est en position de s’interposer dans un accord.
Comme le Sud et le Darfour, l’Est souffre de marginalisation et
de sous-développement. De plus il a subi des expropriations de
terre. Usama bin Laden acheta à l’État les deux tiers
des terres fertiles du delta du Gash, au grand dam de leurs propriétaires
coutumiers. Le MLPS doit pousser à un cessez-le-feu provisoire
et utiliser son influence sur Khartoum [ ?] pour obtenir des négociations
sérieuses. Les NU, devraient faciliter le processus. L’économie est basée sur d’énormes fermes, irrigués ou pluviales, le port, les oléoducs, les routes et les voies ferrées. Les activités économiques profitent aux possesseurs des fermes et aux sociétés portuaires qui ne sont pas originaires de la région. Le seul État de la Mer Rouge est un des plus riches du Soudan, mais il a un des plus hauts niveaux de pauvreté. D’après une étude du PAM, le revenu par tête en 2004 était de 93 $ par an. Pendant la sécheresse de 83-84, les Béja ont perdu 80% de leur bétail. Les niveaux de malnutrition et les taux de mortalité à l’Est sont plus élevés qu’au Darfour. La tuberculose y est très répandue. Après le coup d’État de 1989, le régime emprisonna
ou tua les opposants politiques, et lança un programme d’islamisation
intensive, style régime islamiste. Il agressa la culture Béja,
les Béja ne parlent pas arabe mais Tu-Bedawyet, engagea de force
les jeunes gens dans les forces de défense populaire où ils
se firent laver le cerveau. L’interdiction des partis politiques,
donc du Congrès Béja, empêcha les mécontentements
de voir le jour par un canal constitutionnel. Une déclaration
du Président Béchir « Si les Béja veulent
des concessions, ils devront se battre pour les avoir », poussa
la population vers des stratégies radicales. Les activités
militaires commencèrent en 1996. Mirghani, président de l’Alliance Nationale Démocratique
qui regroupait tous les partis opposés au régime, représentait
aussi le Congrès Béja. Mais quand il voulut se réconcilier
avec le gouvernement, les Béja, trouvant qu’il ne prenait
pas à cœur leurs intérêts, s’en séparèrent. Le 11 janvier, le second jour de la fête du mouton, 1200 soldats
soudanais, appartenant peut-être à une milice, appuyés
par quatre chars, ont menacé à Hamashkoreib de chasser
l’ALPS de force. Les forces de maintien de la paix des NU sont
intervenues. Les forces MLPS, les forces du Front Est et l’armée
soudanaise formaient un triangle autour de la ville. A la requête
des NU, l’armée soudanaise s’est retirée. Hamashkoreib
est une petite ville sensible. C’est le principal centre religieux
musulman béja. Son islam n’a pas l’heur de plaire
aux maîtres de Khartoum. |