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Numéro 134 - janvier - février
2006
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SUD-SOUDAN
Armée de Résistance du Seigneur
| International Crisis Group La rébellion brutale de l’Armée de Résistance
du Seigneur (ARS) ougandaise entre dans sa vingtième année
sans que sa fin soit en vue. Le processus de paix au Soudan est interrompu
quand l’ARS s’y est installée sans que le Conseil
de Sécurité des NU n’intervienne ; les efforts de
médiation se sont embourbés ; les mandats d’arrêt
de la Cour Pénale Internationale contre Joseph Kony, le dirigeant
de l’ARS et quatre de ses lieutenants, n’ont pas été exécutés.
La Cour elle-même n’a aucun pouvoir pour le faire. Khartoum admet maintenant avoir donné un soutien logistique et un sanctuaire au Sud-Soudan à l’ARS du temps de la guerre, dans une campagne de déstabilisation contre les civils sudistes, mais affirme que la poursuite de cette assistance ne fait pas partie de la politique officielle. Des gâcheurs de paix au parti National du Congrès qui exercent un plein contrôle sur les structures de Sécurité du nouveau gouvernement, sont hostiles à l’accord de paix et l’ARS est pour eux un outil tentant pour le faire échouer. Kony est installé à 100 kilomètres au nord de Juba ce qui indique que des éléments du gouvernement lui accordent toujours un sanctuaire. Des commandants ougandais ont affirmé à Crisis Group que les exigences de Khartoum veulent que l’armée ougandaise prévienne les Soudanais avant toute opération au nord d’une ligne rouge. Les militaires ougandais soupçonnent fortement que la notification permet aux supporters de l’ARS dans l’armée soudanaise de faire évacuer l’ARS avant l’attaque. Des interviews de Crisis Group avec des diplomates et des experts régionaux ajoutent beaucoup de crédit à cette accusation. Selon un rapport de fin décembre du Secrétaire Général des NU au Conseil de Sécurité, l’ARS est beaucoup plus virulente, y compris contre les NU et les ONG. Les forces UN MIS manquent des capacités aériennes pour répondre aux activités de l’ARS. Le 5 février, pressé par l’armée ougandaise, Kony et quinze de ses hommes se seraient enfuis au Congo (AP 6 2). |