Numéro 133 - novembre - décembre 2005

 
 


PETROLE ET ECONOMIE

- Succès momentané (?) d’une révolte sur la 4ème cataracte Au barrage de la 4ème cataracte, appelé Merowé ou Hamdab, au nord de Khartoum, dans la grande boucle du Nil, le torchon brûle entre l’autorité du barrage et les habitants Les entrepreneurs chinois construisent des tours pour le réseau électrique et se servent tant pour le ciment que pour leur propre usage des puits de Sani, un centre des nomades Manasir. Ils empêchent les nomades, leurs femmes et leurs enfants d’en approcher, et ont fait appel pour cela aux forces de sécurité de l’autorité du barrage. Le Comité des personnes affectées par le barrage a essayé d’obtenir un arrangement à l’amiable sans aucun résultat. L’autorité ne reconnaît plus le comité bien qu’elle ait assisté à ses élections et déclaré qu’elles étaient justes et transparentes. Le comité a envoyé un ultimatum à l’autorité qui lui a dit de « monter le plus haut de leurs chevaux », un proverbe qui veut dire appeler au combat. Le comité a dit à la population de s’attendre au pire. (Sudan Tribune 28 11). Qui ne tarda pas. Les forces de sécurité, augmentées de renforts, ont, dans l’île Sherri, fouillé les maisons, tenté d’arrêter les auteurs de l’ultimatum et terrorisé les villageois. Ces derniers ont détruit les bureaux de l’autorité et les forces de sécurité se sont enfuies. Joie dans l’île. Des rapports non confirmés affirment que le gouvernement envoie trois bataillons de l’armée. Toutefois l’armée appartient aux mêmes tribus que les gens de l’Etat du Nord, mécontentes des confiscations illégales de terrains agricoles faites il y a deux mois chez elles par l’autorité du barrage, et l’on ne peut prévoir les conséquences d’un tel envoi (30 11 05, comité de soutien des résidents du barrage). HRW 30 11

- Des déchets d’égouts grecs au Soudan. La Grèce projette d’envoyer au Soudan 170 000 tonnes d’immondices, semble-t-il d’origine humaine, où une usine américaine, après en avoir extrait les métaux lourds, les sécherait et les compacterait pour qu’ils soient utilisés comme fertilisants. Selon le chef de Greenpeace, Grèce, l’utilisation de ces fertilisants au Soudan quand il est interdit en Grèce, ressort de racisme environnemental. Le Soudan a accepté l’envoi. (Kathimerini 29 11). Vigilance Soudan n’a jamais entendu parler d’une telle usine américaine.

- Béchir espère qu’avec de nouvelles découverte pétrolières dans le Nord, le Centre et l’Est la production atteindra 1 million b/j fin 2006 (AP 28 11).

- Yasir Arman, porte-parole du MLPS et membre du parlement national a demandé au gouvernement d’appeler « aéroport John Garang » l’aéroport prévu à Hag Youssif dans la banlieue de Khartoum Nord, ville que Garang aimait.
- L’investissement étranger direct dans le secteur non pétrolier s’élèvera à 2,8 milliards de dollars en 2005, il n’était que de 1,4 milliards de dollars en 2004. Le Soudan projette de construire de nouveaux ports et vend des participations dans les sociétés d’État dont Sudan Airways (Reuter 14 09) Le fonds monétaire arabe a prêté au Soudan 45 millions $ pour réformer les secteurs banquiers et financiers (KUNA 28 11). La Banque Africaine de Développement ne lui a prêté que 8 millions $ pour combattre la pauvreté (Sudan Tribune a 0610). En 2004, le Soudan a reçu 11,1% du total des investissements arabes dans les pays arabes, résultat dû à une simplification des procédures (SUNA 10 09). La Saoudi Develpment Fund a approuvé des facilités de crédit d’un montant de 1 866 300 dollars pour l’achat de camions et de remorques fabriquées en Arabie Saoudite (SPA 24 10).

- Le Secrétaire d’État adjoint américain Zoellick a dit à la Chine que faire des affaires avec le Soudan pouvait la priver de beaucoup mieux (PTI 8 09). Des experts américains redoutent que les ambitions de Pékin concernant les énergies puissent menacer la position dominante des États-unis. Au début de l’année la société pétrolière CNOPC, qui a des intérêts au Soudan, fut obligée d’abandonner l’achat de Unocal, parce que c’était contraire aux intérêts américains (AFX 08 09).

- Les 10 États riverains du Nil ont lancé un projet de 15 millions de dollars pour fournir un cadre coopératif pour le développement des ressources du fleuve, semble-t-il destinées à la consommation humaine. Ainsi beaucoup de sociétés privées gagnent beaucoup d’argent de ses ressources en eau mais ne font rien pour les protéger. Des produits chimiques mortels furent trouvés dans le lac Victoria. Deux cent millions de gens vivent dans le bassin du Nil ; l’accroissement de cette population implique un accroissement du bétail qui met une forte pression sur la demande en eau. Déjà le manque d’eau empêche la production de nourriture. Il convient d’utiliser l’eau plus efficacement (Daily Monitor Kampala 06 09). Le gouvernement éthiopien planifie son plus grand barrage à buts multiples pour un coût de 800 millions de dollars dont le Soudan et l’Égypte supporteront une partie du coût (ENA 27 09).

- Un Eastern African Submarine System, consistant en un câble en fibres optiques de deux pouces de diamètres, de 9 900 km de long et à Une profondeur de 2500 mètres, reliera Durban à Port Soudan et servira 17 pays. Il coûtera 230 millions de dollars. Sa construction commencera en 2006 (Dar el Salam 03 09).

- La République slovaque a annulé les dettes du Soudan d’un montant de 38 millions de dollars (ST 26 10).

- En août dernier, le gouvernement indien a autorisé sa société nationale ONGC Videsh à investir 100 millions de dollars de plus pour l’exploration dans le Block 5A (ST 29 10). Les Chemins de fer indiens ont envoyé 3 locomotives au Soudan (PTI 20 10).

- Une nouvelle compagnie aérienne enregistrée au Kenya et propriété de Sud Soudanais vivant en Norvège, en Suède et aux Pays Bas, Imatong Airlines, reliera Nairobi à Rumbek deux fois par semaine et reliera également Rumbek à d’autres ville du Sud Soudan. Elle transportera passager et fret (LOI 10 09).
- La Banque Mondiale va ouvrir un bureau au Sud Soudan pour suivre la mise en œuvre de ses projets qui touchent la santé, l’éducation, les ressources en eau et l’agriculture. Elle souhaite activer le rôle du secteur privé (ST 12 09).

- Les NU ayant déminé la route de Juba à Yei, les marchés sont à nouveau pleins. Des bars ont ouvert (Reuter 23 11).

Quelle politique se cache derrière la course chinoise au développement du Soudan ?
Rob Crilly Irish Times (Extraits)

Un drapeau chinois solitaire flotte sur le nouveau pont de Khartoum.
Khartoum est à l’épicentre de la dernière lutte pour l’Afrique alors que des sociétés extrême-orientales s’y déversent cherchant le pétrole, le fer et d’autres minéraux qui nourriront les besoins de l’économie chinoise en pleine croissance. En même temps ces sociétés construisent des barrages, des ponts, des routes. Des douzaines d’entrepreneurs chinois s’entassent aux portes du service d’immigration, des minibus sont couverts d’écriture cantonaise et les restaurants chinois abondent. La croissance est surtout basée sur le pétrole. Le Soudan a maintenant la troisième industrie pétrolière de l’Afrique sub-saharienne et la Chine y joue un grand rôle. S’agira-t-il d’une nouvelle lutte pour l’Afrique comme on en a connu une de la part des puissances européennes à la fin du 19ème siècle ?
Le commerce entre la Chine et l’Afrique a triplé de 2000 à 2004. Elle déverse 100 millions $ sur la Zambie, essentiellement pour le cuivre et le tourisme, elle a signé avec l’Angola un accord de 2 milliards $, achetant du pétrole et des droits d’exploitation. Tandis que d’autres gouvernements posent des questions embarrassantes sur la corruption ou la protection de l’environnement, les Chinois préfèrent ne pas s’en mêler. Certains membres de l’administration américaine craignent que la Chine ne mette la main sur l’Afrique tandis que d’autres pensent qu’elle ne cherche qu’à satisfaire son insatiable marché intérieur. [Cela pourrait être les deux VS]. La Chine peut travailler dans des pays aux droits de l’homme douteux parce que ses sociétés ne subissent pas à cet égard les mêmes pressions que les sociétés occidentales. Certes la Chine n’a pas utilisé son droit de veto au Conseil de Sécurité contre les propositions de déférer les criminels du Darfour devant la Cour Pénale Internationale.

Un officier supérieur chinois, Xu, en visite au Soudan a déclaré apprécier la position continuelle du Soudan concernant l’unité de la Chine et le ferme soutien qu’il lui apporte pour ce qui regarde les droits de l’homme (Xinhua 28 11). Les investissements chinois encouragent la disparité entre la région de Khartoum et le reste du pays.

Nouvelle banque islamique
L.O.I., 29 octobre 2005
Le libanais Fransabank et le koweïtien Aref Investment vont mettre en place Capital Bank à Khartoum.

Les établissements financiers du Golfe multiplient les investissements dans le secteur bancaire soudanais. Après la Dubaï Islamic Bank, qui a acquis en juillet dernier 60 % de la Bank of Khartoum , c’est au tour du koweïtien Aref Investment de s’établir à Khartoum,. Aref qui applique les règles de la charia dans tous ses investissements, vient de s’associer au libanais Fransabank pour créer une banque islamique au Soudan, la Capital Bank. L’établissement doté d’un capital de 26,3 millions $, ouvrira en janvier prochain.
Aref est contrôlé par la holding d’Etat Kuwait Finance House et la sécurité sociale koweïtienne, ainsi que par la banque islamique Kuwait Securities House. Le groupe est actif en priorité dans la construction et l’immobilier. En juin dernier, le groupe a signé un accord avec le Soudan pour construire à Khartoum un centre d’affaires , la Sudan Technological City.
Quant à Fransabank, ce n’est pas le premier financier libanais à s’établir au Soudan. La Byblos Bank dispose depuis 2003 d’une antenne à Khartoum, la Byblos Bank Africa, et la Lebanese Canadian Bank a investi au début de l’année dans l’Al Salam Bank, mise en place par Amlak Finance PJSC et la DubaÏ Islamic Bank.


Electricité : Projets thaïlandais au Soudan
L.O.I., 29 octobre 2005

Le groupe privé thaï Electricity General PCL (EGCO), a soumis à Khartoum, en association avec les sociétés nationales thaï EGAT (électricité) et PTT (pétrole), un projet de centrale de 300 MW. EGCO, via sa filiale Engineering and Services Company, assure depuis 2002 pour le compte de la National Electric Corporation (NEC) soudanaise la maintenance de la centrale d’El Gali qui fonctionne avec des équipements achetés à la compagnie thaï Alfa Power. Le secteur de l’électricité au Soudan est aujourd’hui dominé par les compagnies chinoises : Harbin Power construit la centrale au gaz d’Al Jaily (212 MW), Sinohydro et HPE-Jilin, le barrage de Merowe, et Shandong Electric Power Construction Corporation a signé en juillet dernier avec la NEC soudanaise pour trois nouvelles centrales à Port Soudan, El Bagair (banlieue de Khartoum) et Al Fula (Kordofan).


 

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