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déplacés
Juba : Traversée du pont par 1,5 million de vaches
L’armée soudanaise n’est pas encore partie ; elle
vit côte à côte avec l’ALPS.
L’eau vient directement du Nil aux robinets, il n’y a pas de toilettes
publiques et les toilettes dans les maisons sont de moins en moins nombreuses.
Un entrepôt comprenant 500 m3 de stocks de nourriture appartenant à l’ALPS
a pris feu et a été entièrement détruit. C’est
le troisième incendie important après un marché de plein
air et un dépôt de munition. (Sudan Radio Service 22 11).
Des milliers de pasteurs Dinka s’apprêtent à traverser la
ville et le pont de Juba, avec quelque 1,5 têtes de bétail, d’ouest
en est. C’est le seul pont jusqu’au barrage de Jebel Awlia, près
de Khartoum. Ils se mettent en route juste après la récolte et
traverseront le Bahr el Jebel (Nil Blanc) par groupes de 10 000. Ils avaient
fui la région de Bor à cause de la guerre pour se rendre en Equatoria
de l’Ouest. Le PAM transportera par barge les enfants et leurs mères,
les malades et les personnes âgées ; il fournira des provisions
(AFP 29 11).
Mise en œuvre de la paix
Le premier travail de Salva Kiir fut de maintenir l’unité du
MLPS à la mort de Garang pour pouvoir mettre en œuvre l’accord
de paix. En même temps qu’il doit s’investir dans les
problèmes d’administration et de développement, il
lui faut assurer la sécurité du Sud. Les régions
pétrolières du Haut Nil sont toujours interdites au MLPS.
Outre l’horrible armée de Résistance du Seigneur,
de nombreuses milices un peu partout pratiquent l’extorsion de
fonds et la conscription forcée des déplacés de
retour (ST 19 10). Il y eut des échauffourées tribales
entre Zandé et Dinka. Une enquête est menée et l’on
essaie de calmer les esprits (Sudan Radio Service 22 11). Bien sûr,
l’argent manque, par exemple les 4 milliards de dollars promis
pour le retour des déplacés/réfugiés à Oslo.
Vingt millions viennent d’arriver (IRIN 29 11).
Gouvernement du Sud-Soudan
Salva Kiir a formé le gouvernement du Sud-Soudan. Pour ce faire,
il devait tenir compte non seulement des capacités des ministrables
et de leur appartenance politique, mais aussi de leur appartenance ethnique
et de leur possibilité de résistance à la corruption.
Finalement, ce gouvernement comporte 23 ministres appartenant au MLPS,
3 au Congrès National (comme prévu par l’accord de
paix) et un au Southern Sudan Democratic Forum. Deux ministres n’ont
pas été nommés, les affaires de l’armée,
la coopération rurale et le développement. Salva Kiir aurait
promis un poste ministériel aux milices SSDF. Il attend probablement
une réconciliation avec elles pour s’exécuter, à moins
que les membres Congrès National ne soient des SSDF. Quinze MLPS
sont des fidèles de Kiir, contre neuf des fidèles de Garang,
dont sa veuve, devenue ministre du transport et des routes. Les Dinka
ont 45% des sièges, ils représenteraient 25% de la population,
et à part eux et les Zande, toutes les tribus se plaignent, y
compris les plus petites. Les parlementaires Nouer ont protesté contre
leur sous représentation tant au gouvernement fédéral,
un seul Nouer, qu’au gouvernement du Sud-Soudan, deux. Certes l’un
des deux, Riek Machar est le numéro deux du gouvernement après
Salva. Certes aussi après toutes les alliances que les Nouer ont
faites avec Khartoum, il serait peu surprenant que Salva s’en méfie.
Pas non plus de ministre de la petite minorité musulmane du Sud.
Il n’y a pas de ministre du pétrole, ce poste est tenu à Khartoum
! Pour que ce gouvernement réussisse, il faut que les Sudistes
se resserrent derrière lui, oublient un peu leur tribalisme, arrivent à passer
par pertes et profits le fait de n’avoir pas eu le ministère
fédéral de l’énergie, et aient des opinions
constructives. C’est loin d’être fait. Il faut surtout
que ce gouvernement réussisse.
Le ministre fédéral de la justice ayant dit que la constitution
du Sud Soudan était conforme, Salva Kiir doit la signer incessamment.
Les gouverneurs du Sud-Soudan : piège
Autre problème de nomination : l’accord de paix prévoit
qu’un gouverneur du Sud sera choisi par le Congrès National
et l’un du Nord par le MLPS. Le Congrès National a choisi
bien entendu le gouvernorat de l’État d’Unité (Haut
Nil Ouest), grand État pétrolier, et nommé un Sudiste
qui était gouverneur lors du déplacement forcé de
50 000 à 100 000 Shillouk. Ces derniers sont furieux de cette
nomination. Comme Clément Wani qui a été nommé gouverneur
du Bahr al Jebel vient de déclarer qu’il faisait partie
du Congrès National, cela fait deux gouverneurs du Sud appartenant à ce
parti.
Les Commissions, un marché de dupes ? La commission bipartite
du pétrole gouvernement central/gouvernement du Sud, prévue
par l’accord de paix, a finalement été établie
le dimanche 30 octobre. Elle sera présidée par Béchir
et Salva Kiir. La commission partagera les revenus du Pétrole
(50% pour le Sud-Soudan, 48% pour l’État fédéral,
2% pour les zones productrices). Elle sera responsable des contrats.
Mais les chiffres concernant la production de pétrole sont tenus
secrets, comme les contrats, les ventes, la structure du ministère
du pétrole
Pendant la visite que leur a faite Salva Kiir, les États-unis
sont intervenus avec un succès certain auprès du 2nd vice
Président Ali Osman Mohamed Taha pour une formation rapide des
autres Commissions bipartites prévues par l’accord de paix,
qui comportent dans deux cas des étrangers.
Vint le 2 novembre, et la commission de mise en œuvre du cessez-le
feu permanent : elle comprend un représentant du parti du Congrès
National et un du MLPS, un officier supérieur de l’armée
et un de l’armée de Libération du Peuple Soudanais,
l’envoyé spécial des NU au Soudan, et un représentant
de l’IGAD qui fut médiateur à la paix.
Début novembre fut nommée la Commission d’Évaluation
de l’accord de paix qui doit examiner s’il est propre à encourager
les Sudistes à voter pour leur unité dans le Soudan lors
du référendum dans moins de six ans. Cette Commission sera
dirigée par la Norvège en la personne de l’ambassadeur
Tom Vraalsen, assisté d’un représentant italien.
Enfin le 19 novembre, fut formée la Commission pour la démarcation
des frontières Nord/Sud comme au 1er janvier 1956, date de l’indépendance.
Cette Commission est particulièrement importante pour le partage
des revenus pétroliers ; jusqu’à présent Khartoum
n’a pas partagé les revenus de champs pétrolifères
importants, disant qu’ils étaient sis au Nord. Selon nous,
ils sont sis au Sud. Le même jour, établissement de la Commission
pour l’allocation des ressources financières fédérales,
et loi nommant un Conseil d’administration de la Banque du Soudan.
Tous nos vœux accompagnent ces commissions. Celle des Droits de
l’homme manque encore.
Réponse internationale
Une série d’inconvénients sont à redouter
en ce qui concerne la Réponse internationale à l’aide
au Sud-Soudan,:parmi eux, la domination de certaines ONG (USAID), la
façon dont l’argent est distribué en échange
ou non d’une comptabilité sûre et précise,
le risque étant d’accroître la corruption, la concurrence
entre les postes des Soudanais mieux payés par les ONG que par
le gouvernement, ce qui pourrait affaiblir l’administration, enfin
une conduite arrogante des ONG et des efforts non coordonnés (ECOS).
L’Armée de Résistance du Seigneur
Selon Africa Confidential (24 10), deux Antonov ont survolé l’Equatoria
de l’Ouest en octobre. Selon le MLPS et les NU cela signifie que
Khartoum continue de soutenir l’ARS malgré l’accord
de 2002 ; l’ALPS a quadruplé ses forces à Yei avec
quatre bataillons pour attaquer l’ARS ; le mois dernier lors d’accrochages,
avaient été tués, un ARS, et cinq ALPS – par
une adolescente- ; l’armée ougandaise s’est déployée à proximité ;
le leader de l’ARS aurait établi un camp sur la route Juba
Torit ; il résiderait à Khartoum où il pourrait être
remis à la Cour Pénale Internationale qui le réclame.
Est-il plus utile pour le Congrès National de le conserver à la
tête d’une force que l’on peut manipuler ou de le livrer
pour détourner l’attention du Darfour ? (AC)
La présence de l’ARS empêche le travail humanitaire
et le retour des déplacés/réfugiés. Elle
aurait tué deux démineurs appartenant à la Swiss
Foundation for Mine Action, qui suspend ses travaux en attendant le résultat
de l’enquête. Selon des gens sur place elle recrute beaucoup
au Sud-Soudan.
Les Forces de maintien de la paix des NU seront dirigées
par un Australien.
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