| Darfur, a short history of a long war
Julie Flint & Alex de Waal –Zed Books
(Extraits traduits et résumés par VS)
[On parle de janjawid arabes contre paysans africains. La
vérité est
plus complexe VS]
Des arabes sont commandants dans l’ALS, parmi eux Ahmed Kubbur,
un commerçant Rizigat du Sud Darfour qui avait été formé par
l’ALPS, et Ismaïl Idriss Nawaï, un avocat, dans l’est
du Darfour..
Musa Hillal le principal chef janjawid est célèbre par
les horreurs qu’il commande En juillet 2004, quand le Conseil de
Sécurité intima l’ordre au gouvernement soudanais
de désarmer les janjawid, ce dernier savait bien qu’il ne
l’aurait pas pu, même s’il l’avait voulu. Musa
trouva plus prudent d’écrire aux dirigeants de l’État
: « La décision lâche et sans valeur » de désarmer
les janjawid serait impossible à appliquer. Ses hommes ne rendraient
pas leurs armes. « Dieu est grand. Nous continuons sur le chemin
du djihad ». Copie de cette lettre fut envoyée « aux
combattants loyaux et honorables de notre nation ». Musa appartient
de longue date au Rassemblement Arabe, selon lequel, les Four, ayant
eu le sultanat près de trois siècles, ont assez commandé ;
il est temps que le Darfour, la résidence des Four, prenne un
autre nom. Ce Rassemblement n’est pas très bien connu. Naquit-il à la
suite de la légion arabe de Kadhafi quand en 1984 il voulait créer
un empire sahélien arabe ?
Sayed Mahmoud Ibrahim Moussa Madibou, chef traditionnel des Bagara Rizeigat,
la plus importante tribu du Darfour, une tribu de vachers sise au Sud
Darfour, est peut-être la meilleure chance de paix de la région.
Son frère aîné Hassan, autorisa des milliers de Bagara à se
battre pour Khartoum contre l’ALPS. Mais lorsque Sayed Mahmoud
succéda à son frère en 1990, il avait réalisé que
la guerre du Sud n’était pas gagnable et il organisa une
trêve avec l’ALPS. Quand des membres de sa tribu tinrent
des discours enflammés sur la supériorité des arabes,
il les réprimanda. Surtout il refusa de s’engager dans la
guerre janjawid, pensant que entretenir de bonnes relations avec ses
voisins africains valait mieux que de se battre pour un gouvernement
lointain et capricieux.
Le gouvernement essaya d’acheter le soutien de sa tribu et le gouverneur
du Sud Darfour essaya de saper son autorité en engageant des miliciens
Rizeigat pour les janjawid. Quand en 2004, la SLA attaqua le Sud Darfour,
il dit aux milices de défendre seulement leurs terres sans la
poursuivre. Sans le soutien d’Anciens comme Sayed Mahmoud, la guerre
du Darfour n’a aucune légitimité pour les Darfouris
arabes .Sayed Mahmoud a aussi mobilisé discrètement l’administration
traditionnelle, des aristocrates qui croient en la paix et la stabilité.
Il a protégé des déplacés non arabes venus
dans son territoire et fait admettre aux tribus voisines que toute difficulté avec
ces déplacés ne devait pas donner lieu à rétorsion
mais être portée devant lui. Il a opéré une
réconciliation avec la tribu Ma’aliya. Il se rendit à Abuja
avec 28 Anciens des tribus, où il dit aux rebelles que l’on
n’obtenait rien par la force. Ce qui fâcha le gouvernement
est qu’il se rendit après en Libye pour participer à une
initiative de paix de Kadhafi, où, inopinément ce dernier
encouragea les initiatives tribales. Les délégations pro
Khartoum et pro rebelles eurent beaucoup d’opinions communes, par
exemple qu’elles devaient s’en tenir à l’ancien
système de propriété terrienne et que Khartoum ne
devait pas interférer dans l’administration tribale .Les
Anciens décidèrent à Tripoli de reconstruire un
ordre social basé sur la paix et la stabilité .Ils y convoquèrent
même Musa Hilal qui, poussé par sa tribu, s’y rendit
et tendit la main aux Anciens Four et Masalit. Il s’excusa presque
pour ses exactions, disant qu’il n’agissait ainsi que sur
les ordres du gouvernement.
Encouragés, les Anciens du Darfour cherchèrent leurs propres
solutions. Il y eut des commencements de réconciliations Arabes/Masalit
et Meidob/Zayadiya .Mais le gouvernement y mit le holà. Il soudoya,
menaça, et discrédita les initiatives des chefs ; puis
quand Kadhafi les invita à nouveau pour le suivi de leurs travaux,
Khartoum leur refusa les visas et nomma de nouveaux représentants
qui n’eurent le droit de parler, ni de crimes contre l’humanité,
ni d’amnistie des rebelles, ni, ni, ni.
Sayed Mahmoud approche des quatre-vingt ans et commence à se fatiguer.
L’ETAT N’APPLIQUE PAS LES DECISIONS DES CONFERENCES
TRIBALES DE RECONCILIATION
Jérôme Tubiana
Afrique Contemporaine n° 214 Extraits
En 1987-1989, les villages Four furent attaqués par les arabes dont
le bras armé est déjà des milices janjawid. Une conférence
de paix intertribale prévoyait que le prix du sang soit payé pour
chaque homme tué, que les nomades ne pénètrent plus dans
les champs cultivés de juillet à février et que le gouvernement
réquisitionne toutes les armes. Rien ne fut payé, les nomades
continuèrent à paître leurs troupeaux dans les champs et
le gouvernement réquisitionna les armes des Four mais pas celles des
arabes.
Autre conférence de paix après un conflit ouvert entre Masalit
et arabes Mahamid à partir des années 94-95 ; les décisions
ne sont pas appliquées.
A nouveau, conférence de réconciliation entre des Zaghawa et
des Arabes Awlad Zeid. Le gouvernement devait payer le prix du sang devenu
trop cher pour les protagonistes, il ne l’a pas fait ; il n’a rien
fait non plus pour que les Arabes respectent le résultat des négociations.
Les conférences de réconciliation intertribales sont totalement
inefficaces si le gouvernement refuse d’en appliquer les décisions
(VS).
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