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Les exactions se multiplient. Quinze mille personnes sont nouvellement
arrivées dans les camps alors que l’UNHCR ne peut plus
subvenir à leurs besoins, faute d’argent. Une cinquantaine
de Darfouris sont parvenus en France où ils demandent l’asile
politique.
Pour la première fois des janjawid ont pris en embuscade leurs alliés,
la police nationale. La police contre attaqua, tuant quatre janjawid et
en capturant deux autres qu’ils mirent dans la prison de Geneina.
Quelques jours plus tard, le 21 septembre, les janjawid vinrent à Geneina,
fermèrent le marché, libérèrent leurs deux
combattants janjawid, et poursuivirent les deux policiers qu’ils
jugeaient responsables de la mort des quatre janjawid. Les janjawid occupèrent
Geneina quatre jours, jusqu’à ce que, lors d’une confrontation
tendue avec les forces gouvernementales, ils acceptèrent de quitter
la ville. (Refugees International)
POURPARLERS DE PAIX
Sixième session achevée le 20 octobre
Elle se termina sur l’engagement des parties que la session suivante
serait décisive. La délégation gouvernementale était
envoyée par le Congrès National et non par le gouvernement
d’unité nationale, parce que le Congrès National et
le MLPS n’étaient pas tombés d’accord sur une
position commune.
CATASTROPHE
Scission au sein du rebelle MLS avec l’ambitieux Minni Mirkawi,
Julie Flint, extraits
[Le MLS fut fondé en 2001/2002 ; Abd el Wahib Mohamed Nour, un Four,
l’ethnie la plus nombreuse, fut nommé président, un Masalit,
vice-président et Abdallah Abakir, un Zaghawa, chef militaire. Ce Zaghawa
avait un secrétaire, Minni Arcaui Minawi, qui avait été nommé à ce
poste car contrairement à ses pairs en campagne, il savait lire et écrire.
A la mort d’Abdallah en janvier 2004, Minni s’intitula secrétaire
général du mouvement sans que le président du MLS ne soit
là, ni qu’il le sache. Abd el Wahab s’occupe en effet surtout
de diplomatie, il a un bureau à Nairobi et un quartier général à Asmara.
Les problèmes commencèrent. Minni, qui n’avait jamais été élu
jusqu’à cet automne, veut le pouvoir, il est opposé aux
pourparlers de paix VS.].
Il y a 18 mois, Minni voulut « réunifier le MLS » qui
n’en avait nul besoin, en attaquant la place forte montagnarde
d’Abd el Wahib. Il ne réussit pas. En septembre 2005, Minni
voulut empêcher trois commandants de se rendre à Abuja pour
participer aux pourparlers d’octobre sur une liste MLS. C’était
le Meidop Suleiman Marajan, un commandant populaire, qui jouit d’un
soutien étendu des factions du MLS, le Docteur Saleh Adam, un
Berti, et Jar el Nebi, un Zaghawa. Avertis que Minni voulait les kidnapper,
les deux premiers appelèrent sur leur portable l’Union Africaine
qui leur envoya un hélicoptère pour Abuja. Le troisième
s’enfuit de nuit à dos d’âne et arriva aussi à Abuja.
Les forces de Minawi kidnappèrent d’abord cinq membres de
leur escorte qu’ils tuèrent, puis trois proches de Marajan
qu’ils torturèrent avant de les relâcher. Marajan
joua un rôle crucial à Abuja entre Abd el Wahib et la délégation
que Minni y envoya sur extrême pression américaine. Ce fut
sans résultat à cause de l’inflexibilité de
Abd el Wahab.
Sur ce, Minni organisa un rassemblement de ses supporters dans le Jebel
Marra à Hashkanita pour élire un président du MLS,
ce que rien ne prévoyait. Il y invita Abdel Wahab qui refusa de
s’y rendre, n’étant pour rien dans l’organisation
du rassemblement. La conférence élit, sans surprise, Minni
président du MLS avec seulement 411 voix pour et 222 abstentions,
bien que ce fût un vote de ses fidèles, et un genre de coup
d’État. Marajan, le Dr Saleh et Jar el Nebi étaient
opposés à cette réunion, y voyant une conférence
de division plus que d’unification. Ils voulaient aussi que Minni
se retire des zones qu’il contrôle à cause de ses
exactions contre les populations civiles.
Le 8 novembre, des partisans de Minni se saisirent de Marajan dans une
embuscade. Minni veut le faire juger pour corruption. On craint pour
sa vie. En effet ayant très bien connu Minni, Marajan est très
au fait de ses violations de Droits de l’homme, y compris du meurtre
du roi Four de Um Bero, et une série d’exécutions à chaque
coucher de soleil de gens qui, étant instruits, pouvaient lui
porter ombrage. Avec ce kidnapping, Minni voulut sans doute aussi lancer
un avertissement à ceux qui souhaitent poursuivre les pourparlers
d’Abuja. Des forces loyales à Marajan se mobilisent contre
Minni.
Le 9 novembre les partisans de Minni attaquèrent un camp du Dr
Saleh à Maw dans le Dar Berti, un jour de marché où le
gros village était plein de civils. L’attaque dura quatre
heures. Il y eut des tués même parmi les civils et deux
kidnappings. Le sort des kidnappés est inconnu.
L’une des principales cartes de Minni était qu’il
avait le soutien d’éléments clés de l’administration
américaine et des Nations Unies. Mais Zoellick, le Secrétaire
d’État américain adjoint pour l’Afrique, a
voulu réconcilier Abd el Wahab et Minni à Nairobi. Il aurait été prêt à reconnaître
la suprématie de Minni ; Minni n’y vint pas, il envoya une
délégation intransigeante, pas du tout prête à la
conciliation, et Zoellick pensa à nouveau à Abd el Wahab.
Les Nations Unies suivirent.
Minni s’appuie sur sa propre section des Zaghawa, les Beni Digen.
Il s’est aliéné la plupart des tribus du Darfour,
y compris beaucoup de Zaghawa, les intellectuels, les anciens.
«
Les Zaghawa ont un code d’honneur très strict, dit un conseiller
de Minni. Notre orgueil et notre honneur ont souffert. Nous n’avons
jamais vu ce genre de tuerie. Il n’y a ni règle, ni ordre,
ni vision. Minni est une catastrophe ». Une catastrophe à laquelle
la communauté internationale doit retirer son soutien.
Finalement Minni s’est rendu à la 7ème session d’Abuja
comme Abdel Wahab, avec lequel il doit présenter un projet commun
(VS).
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