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Numéro 133 - novembre - décembre
2005
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Juge et Partie
| L’Union Africaine (UA) envisage d’accorder au Soudan l’honneur
d’accueillir son sommet en janvier 2006. Ceux qui parrainent des
crimes contre l’humanité ne devraient pas recevoir ce privilège.
Lorsqu’en juillet 2005, le sommet devait avoir lieu au Soudan, et
qu’il fut réuni en Libye, telle était l’opinion
de l’UA. A-t-elle changé d’avis ? L’UA a un rôle primordial au Darfour. Sa force AMIS a déployé 7000
hommes afin de vérifier un accord de cessez-le-feu entre troupes
gouvernementales et rebelles. Elle s’est constamment heurtée à l’obstruction
systématique du gouvernement soudanais. En octobre, cinq soldats
nigérians d’AMIS ont été tués lors
d’échange de tirs qui ont duré plusieurs heures
avec les milices janjawid soutenues par le gouvernement. Ils n’étaient
pas protégés dans des véhicules blindés,
le gouvernement soudanais avait pris soin de les leur interdire. Ce
n’est qu’en novembre, après des mois de refus, que
le gouvernement soudanais a autorisé AMIS à importer 105
véhicules blindés de transport de troupes. Khartoum songe-t-il à inviter
au sommet les familles des militaires tués ? L’UA et notamment sa présidence, est médiatrice
du conflit entre le gouvernement soudanais et les rebelles. Il conviendrait également
parfaitement au gouvernement soudanais de se charger de ce rôle.
On comprendrait moins que les États africains l’acceptent.
Tous les chefs d’État de l’Est africain ont des problèmes,
mais ils ne sont pas en opposition d’intérêt avec
le mandat de l’UA. Le Secrétaire Général de l’ONU, Kofi Annan, a prévenu : « L’intensification redoutable de la violence depuis deux mois compromet l’acheminement de l’aide humanitaire, fait des morts parmi la population civile et le personnel AMIS. Des villageois ont dû s’enfuir, certains pour la deuxième ou troisième fois. La violence a durement touché les enfants, les parties continuent à recruter des enfants soldats. La violence sexuelle est particulièrement grave. Le problème ne peut être résolu que par une solution politique». La scission du Mouvement rebelle de Libération du Soudan (lire la journaliste britannique Julie Flint in Darfour), provoque une anarchie totale des Seigneurs de la guerre qui s’ajoute à celle amenée par les janjawid et les bandits. Ce schisme rendait plus difficile encore un dénouement pacifique aux pourparlers de paix d’Abuja. Mais les amers reproches faits au sécessionniste Minni Mirkawi par les NU, tous les Occidentaux et surtout l’UA, qui a assorti les siens de menaces de sanctions, ont obtenu que les deux parties participent et aient un programme commun. Beaucoup d’espoir est mis dans la présence de membres du Mouvement de Libération du Peuple Soudanais (MLPS) dans les rangs gouvernementaux, ce qui donne à entendre leur accord sur les propositions qui seront faites. Bételgeuse |