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Des gens meurent littéralement de faim
Ils appellent au secours la communauté internationale
D’autres s’enrichissent considérablement
Le Fonds Monétaire International (FMI) a fait son rapport sur les
performances économiques du Soudan de 2001 à 2004. L’accroissement
moyen s’est élevé à 4,6%. La croissance du secteur non
pétrolier s’est élevée à 5,3%, l’inflation a
été très fortement réduite tandis que l’investissement
s’est élevé à 22% du Produit National Brut. Les revenus
des exportations ont servi à constituer une réserve de devises
et à augmenter les dépenses gouvernementales. Bref, le Soudan
est le bon élève de la classe à cause des réformes
appliquées depuis 1997 (SUNA 03 05).
Selon le ministre des Finances soudanais le taux de croissance a été
de 7,2% la monnaie nationale a augmenté de 12%, les taxes et revenus
du pétrole de 100% et les salaires ont accru de 67%. Le ministre ou
tout au moins la dépêche d’agence ne dit ni quand, ni sur quelle
durée (Sudan Tribune 8 05) Il a déclaré d’autre part
que le Soudan serait bientôt hors la liste des pays les moins développés
car son revenu per capita allait atteindre deux dollars (SUNA 24 05) Il s’agit
d’une moyenne entre apparatchiks extrêmement fortunés et ceux,
bien plus nombreux, qui ont moins d’un dollar de revenu.
Selon le ministre des Affaires Étrangères, la Chine est le
premier partenaire économique du Soudan, le commerce dans les deux
sens a atteint 2521 milliards de dollars, une augmentation de 31,3% sur l’année
précédente. La Chine est bienvenue pour investir non seulement
dans l’exploitation pétrolière, mais aussi dans les textiles,
et le transport public (Xinhua 21 05).
Le Soudan s’est vu accorder le statut d’observateur à l’Organisation
Mondiale du Commerce. Avant d’être membre, il devra notamment réformer
en profondeur les sociétés étatiques, les droits d’excise,
les taxes à l’importation et l’exportation et organiser un corps indépendant
pour recevoir les plaintes des usagers de la douane. Il devra aussi réviser
une série d’accords concernant les services, non clairement explicités
dans la dépêche (PANA 22 05).
Un emprunt de 71 millions de dollars a été approuvé
par le Conseil des Ministres auprès du Fonds Arabe de Développement
Social et Économique, pour une production de 340 000 tonnes de sucre
et 40 000 tonnes d’autres récoltes, près du Nil Blanc. Les
fonds seront utilisés pour des pompes et des travaux d’irrigation.
Le coût total du projet sera de 409 millions de dollars (Sudan Tribune,
8 05).
Le Soudan va construire un nouvel aéroport à quelques 45 kilomètres
au sud-ouest d’Omdurman, la ville jumelle de Khartoum, pour un coût
de 530 millions de dollars et destiné à 8 millions de voyageurs/an.
Les travaux de la première phase, basés sur des dessins d’une
société allemande, commenceront début 2006 et seront
achevés en trois ans, après quoi l’ancien aéroport sera
fermé.
On indique toutefois que le ministre des Affaires Étrangères
dirigera un comité destiné à étudier les offres
internationales pour le financement du nouvel aéroport. La société
aérienne nationale Sudan Airways a commandé 6 avions Antonov
d’Ukraine pour un coût de 82 millions de dollars. C’est aussi l’Ukraine
qui sera chargée de l’entretien des avions à l’aéroport
de Khartoum pour un coût de 8,2 millions de dollars (SUNA 15
95).
L’Ukraine a ouvert le 15 mai un consulat à Khartoum (SUNA 15 05).
La banque de Émirats et du Soudan, la plus grande des nouvelles banques
islamistes au Soudan, va lancer pendant un mois la souscription de 28, 5
millions de part à un dollar chaque (WAM 14 06).
Les Blocks 3, dans le Sud, et 7, en très grande partie dans le Sud,
produisent un pétrole appelé le Dar Blend crude, qui
a un chiffre de haut acide de 2, 4, ce qui rendra sa vente plus difficile.
En effet si ce chiffre dépasse un, le pétrole est corrosif
et ne peut être traité que dans des raffineries spécialement
équipées. Les Soudan a commencé des discussions avec
le malais Pétronas pour la construction d’une raffinerie de 100 000
barils/jour. Dans l’attente il a pris des contacts avec trois société
européennes pour qu’elles le vendent, Vitol, Trafigura et Arcadia
.L’arrivée de ce nouveau brut doublera pratiquement la production
soudanaise. (Reuter 9 mai).
Selon l’accord de paix, tout contrat pétrolier impliquant le pétrole
du Sud, doit être signé par une commission paritaire. Elle n’a
pas été faite et ces propositions de contrats émanent
comme autrefois du Ministère de l’Énergie.
METITO a annoncé avoir obtenu un contrat de 8 millions de dinars émiratis
pour fournir des services de désalinisation et de traitement des eaux
à « l’un » des champs pétrolifères du Sud-Soudan.
Ce projet fournira 620 mètres cubes d’eau fraîche à l’heure.
La société planifie aussi de traité les eaux mêlées
de pétrole.
La Chine doit construire un pipeline d’Atbara à Port-Soudan pour transporter
de l’eau du Nil (Sudan tribune 03 06).
La société indienne de services financiers, qui fabrique aussi
des téléviseurs, Videocon, a signé un mémorandum
d’entente pour l’exploration pétrolière dans la province de
Khartoum. Elle a décidé d’investir 100 millions de dollars
pour une participation de 70% (Reuter 15 04).
TOTAL et le White Nile
Un roman policier
Total avait depuis 1980 une concession dans le Sud où son exploration
fut arrêtée en 1985 à cause de la guerre ; il avait poursuivi
la location de la concession pendant toutes ces années et signé
un amendement au contrat en décembre 2004 avec Khartoum. L’accord
de paix du 9 janvier 2005 prévoit que les anciens contrats sont honorés
et que les nouveaux contrats au Sud seront signés par une commission
paritaire. Une société anglaise, White Nile, fut créée
par un joueur de polo qui a déclaré avoir signé l’été
2004 un accord de concession sur la concession Total avec le gouvernement
du Sud-Soudan. Mais la cotation de White Nile sur le London Stock Exchange
fut suspendue par les autorités avant d’être rétablie
puis suspendue à nouveau. Les administrateurs de White Nile cherchent
des fonds désespérément. Ils vont demander à
leurs actionnaires lors de l’Assemblée Générale Extraordinaire
du 15 juin de donner à la société pétrolière
sudiste 50 ou 60% de leurs actions selon les sources. Les journaux soudanais
Khartoum Monitor et al Ayam ont interviewé un vice-président
de Total, Jean-François Lassalle. Nous reproduisons des extraits de
cette interview du 31 mai, qui fut publiée sur Sudan Tribune.
« …Dans une circulaire datée du 4 février 2005 White
Nile a dit que ses administrateurs « ont identifié plusieurs
occasions, mais on n’est entré dans aucun engagement ferme ».
Donc, après la signature de l’accord de paix, White Nile n’avait pas
de contrat. Pendant longtemps, White Nile n’a pu produire aucun document
montrant la réalité de leurs droits et la correspondance qu’ils
ont envoyée au London Stock Exchange pour rétablir la vente
de leurs actions sur AIM [le second marché londonien], à notre
avis, induit en erreur et pourrait constituer une prévarication……
Il est absolument évident qu’une exploration et exploitation pétrolière
de cette taille demande de hautes capacités techniques et financières.
…
Donner des droits exclusifs d’exploitation dans la même région
à différents propriétaires est tout à fait exceptionnel
dans le monde pétrolier …. Total participera à apporter investissement
et infrastructure au Soudan, Notre projet est basé sur le développement
durable…Nous voulons travailler en pleine transparence avec le plein respect
des populations…..selon les principes des droits de l’homme…. »
Une des difficultés de Total serait que Garang n’aurait pas signé
l’accord avec le White Nile, mais il ne voudrait ou ne pourrait pas se fâcher
avec ceux qui l’ont signé. La mauvaise volonté du MLPS à
l’égard de Total serait due au fait qu’après être parti
du Soudan en 1985, Total continua de lui fournir des subsides, mais que ceux-ci
furent arrêtés en 1992, quand le MLPS subit une scission et
que l’Éthiopie cessa de le soutenir, c'est-à-dire au pire moment
pour lui. Toutefois Total refusa d’exploiter dans les horribles conditions
de massacres qui prévalaient à l’époque. La décision
devrait être prise après la formation du gouvernement du Sud-Soudan.
Le barrage de Merowe/Hamadab
Peter Bosshard, Nicolas Hildyard, International
Rivers Network, The Corner House
Ce projet sur la 4ème cataracte [au Nord de Khartoum] est le plus
grand projet de barrage aujourd’hui construit en Afrique. Son réservoir
aura 174 km de long, déplacera 50 000 personnes [et coûtera
1,5 milliards de dollars].
Il est financé par la Export Import Bank chinoise et plusieurs institutions
financières arabes. Il est construit par des sociétés
chinoises et soudanaises avec le français Alsthom et l’allemand Lahmeyer
International qui jouent un rôle majeur. Le barrage est en construction.
Environ 10 000 personnes sont déjà réinstallées.
Elles ont été emmenées de la vallée du Nil fertile
[c’étaient pour la plupart des petits fermiers] au désert
de Nubie. Les sols dans le désert sont si pauvres que les fermiers
ne peuvent pas vendre leurs produits. On leur avait promis l’eau, l’électricité,
des fertilisants, etc. gratuits pendant une période de transition
de deux ans, mais on les escroque le plus souvent. Les autorités du
projet essaient de refuser les compensations à beaucoup de personnes
et refusent de négocier avec les communautés affectées.
La police a répondu par la force aux protestations, elle a arrêté
et détenu cinq représentant des communautés.
L’impact environnemental du barrage n’a jamais été évalué
et, contrairement à la loi, les autorités environnementales
n’ont jamais contresigné ce projet.
Tant que les problèmes sociaux et environnementaux du projet n’auront
pas été réglés, - les organisations présentent
une série de recommandations pour ce faire-, elles recommandent qu’il
soit suspendu. [C’est ce que demande l’association de défense des
intéressés, le Leadership office of the Hamadab Dam Affected
People ( LOAHP)].
(Le barrage soulève aussi le problème des énormes richesses
archéologiques peu fouillées que ses eaux vont engloutir. Les
plus connues sont les villes et cimetières de l’époque pharaonique
et napato-meroïtique de 800 av. JC à350 de notre ère,
dont la capitale de Napata, non encore identifiée les tumulus post-méroïtique
et le monastère chrétien de Ghazali. Les équipes archéologiques
affluent, encouragées par la promesse gouvernementale de partager
avec elles les artefacts trouvés).
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