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Le parti de Tourabi se reconnaît coupable du coup d’État
de 1989 et s’allie avec l’Umma de el Mahdi
Mubarak el Fadl el Mahdi, un cousin de Sadek, le leader du parti
Umma, s’était séparé de lui pour obtenir un poste
gouvernemental dont il fut renvoyé. La dernière manœuvre du
gouvernement fut d’expédier Mubarak el Fadl à Asmara
pour essayer de persuader les rebelles du Darfour MLS et MJE et ceux du Front
Est, de quitter l’Alliance Nationale Démocratique (AND) pour former
un autre mouvement d’opposition (dont il se serait vu le chef ?). Or l’AND
groupe une grande partie de l’opposition au régime actuel, y compris
le MLPS, non compris l’Umma. Il s’agissait donc d’une mesure destinée
à affaiblir l’AND. Tous les mouvements ont refusé avec indignation
les propositions de Mubarak qui est parti au Caire juste après la
séance. Le gouvernement pendant ce temps retardait les pourparlers
sérieux avec l’Alliance Nationale Démocratique.
Il allait être pris de vitesse par une autre opposition, le parti du
Congrès National Populaire (CNP) de Tourabi. Dans un premier temps
le CNP approcha le petit parti communiste qui ne voulut rien entendre parce
que Tourabi est responsable du coup d’État qui amena le régime
actuel au pouvoir. Le PNC reconnut sa responsabilité et se déclara
prêt à être jugé pour toutes ses actions depuis
l’indépendance jusqu’à son éviction du pouvoir.
Ceci étant déblayé, le PNC forma avec l’Umma une
Alliance Nationale pour promouvoir la démocratie et appeler à
une conférence nationale qui approuve la paix de janvier avec le Sud.
On se souvient que Tourabi avait renversé Sadek el Mahdi, alors premier
ministre, et l’avait mis en prison. Toutefois la femme de Tourabi, Widad,
est la sœur de Sadek, et on ne peut qu’évoquer le règne de
la classe politique du centre nord du Soudan sur le reste du pays.
L’Umma qui a refusé de faire partie de la Commission de Révision
de la Constitution parce que son parti n’avait pas assez de sièges,
dit qu’il refusera de faire partie du gouvernement intérimaire. Il
prédit que le Soudan va vers l’éclatement avec le référendum
du Sud, les problèmes au Darfour, dans l’Est et ailleurs. Il est boycotté
par le régime pour avoir approuvé l’envoi de Soudanais devant
la Cour Pénale Internationale.
Une coordination existe désormais entre cette Alliance Nationale et
l’Alliance Nationale Démocratique.
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