Numéro 130 - mai - juin 2005

 
 

OPPOSITION

Le parti de Tourabi se reconnaît coupable du coup d’État de 1989 et s’allie avec l’Umma de el Mahdi

Mubarak el Fadl el Mahdi, un cousin de Sadek, le leader du parti Umma,  s’était séparé de lui pour obtenir un poste gouvernemental dont il fut renvoyé. La dernière manœuvre du gouvernement fut d’expédier Mubarak el Fadl   à Asmara pour essayer de persuader les rebelles du Darfour MLS et MJE et ceux du Front Est, de quitter l’Alliance Nationale Démocratique (AND) pour former un autre mouvement d’opposition (dont il se serait vu le chef ?). Or l’AND groupe une grande partie de l’opposition au régime actuel, y compris le MLPS, non compris l’Umma. Il s’agissait donc d’une mesure destinée à affaiblir l’AND. Tous les mouvements ont refusé avec indignation les propositions de Mubarak qui est parti au Caire juste après la séance. Le gouvernement pendant ce temps retardait les pourparlers sérieux avec l’Alliance Nationale Démocratique.
Il allait être pris de vitesse par une autre opposition, le parti du Congrès National Populaire (CNP) de Tourabi. Dans un premier temps le CNP approcha le petit parti communiste qui ne voulut rien entendre parce que Tourabi est responsable du coup d’État qui amena le régime actuel au pouvoir. Le PNC reconnut sa responsabilité et se déclara prêt à être jugé pour toutes ses actions depuis l’indépendance jusqu’à son éviction du pouvoir.

Ceci étant déblayé, le PNC  forma avec l’Umma une Alliance Nationale pour promouvoir la démocratie et appeler à une conférence nationale qui approuve la paix de janvier avec le Sud. On se souvient que Tourabi avait renversé Sadek el Mahdi, alors premier ministre, et l’avait mis en prison. Toutefois la femme de Tourabi, Widad, est la sœur de Sadek, et on ne peut qu’évoquer le règne de la classe politique du centre nord du Soudan sur le reste du pays.
L’Umma qui a refusé de faire partie de la Commission de Révision de la Constitution parce que son parti n’avait pas assez de sièges, dit qu’il refusera de faire partie du gouvernement intérimaire. Il prédit que le Soudan va vers l’éclatement avec le référendum du Sud, les problèmes au Darfour, dans l’Est et ailleurs. Il est boycotté par le régime pour avoir approuvé l’envoi de Soudanais devant la Cour Pénale Internationale.
Une coordination existe désormais entre cette Alliance Nationale et l’Alliance Nationale Démocratique.



Article suivant
Retour au sommaire
Retour à la page d'accueil française
Retour à la page d'accueil